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SUJET: De la « post-vérité », ou comment peut-on être radicalement indifférent face à un fait objectif ? Sujet du lundi 24.04.2017

De la « post-vérité », ou comment peut-on être radicalement indifférent face à un fait objectif ? Sujet du lundi 24.04.2017 il y a 5 mois 1 jour #1

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La question de la « post-vérité »
Comment peut-on être radicalement indifférent face à un fait objectif ?

Merci à Marie-Thérèse qui nous propose son sujet :

L’expression « post-vérité » est entrée en 2016 dans le « Dictionnaire britannique d’Oxford » . Elle a été utilisée une première fois en 2004 par un auteur américain (Ralph Keys) puis a fait son chemin …
Les adeptes de ce nouveau vocable, qui s’en servent à des fins personnelles, politiques, etc… refusent de soumettre leurs arguments à des faits avérés. Ils se tiennent au delà du vrai et du faux . Ils ne se soucient en aucune façon de l’examen d’un fait, de la recherche de preuves, de leur vérification. Le vrai et le faux tombent dans une sorte d’indifférenciation.

Pourquoi « post-vérité » ? Il semble qu’après un long cheminement de la démarche rationnelle et de la pensée critique, il y aurait actuellement une terrible régression : on se servirait d’une vérité « post-âge de raison ».
Il y a eu de tout temps de fausses informations, des rumeurs qui circulaient, mais ce qui est nouveau, est que les gens qui se savent bernés n’en sont ni honteux ni gênés. Ainsi les contre-vérités de Trump, faciles à mettre à jour, les mensonges sur le Brexit, les affirmations quant aux millions d’économies qui iraient aux Services de Santé anglais inondent encore impunément les réseaux sociaux… Une vérité ne pourrait être qu’une représentation, une construction sociale.
Selon la rédactrice en chef du « Guardian » Katherine Viner, il n’a jamais été aussi facile de publier des informations mensongères, immédiatement reprises , et qui passent pour des vérités.
Le concept de « post-vérité » est aussi lié à la théorie du complot, car celle-ci ne se prête pas à la réfutation. Selon le politologue et philosophe Pierre-André Taguieff,  « l’imaginaire du complot est insatiable, et la thèse du complot irréfutable ».
Si l’on en croit Gérald Bronner, spécialiste de la théorie du complot, les politiques font souvent appel à l’émotion, et « l’émotion n’est pas la meilleure amie de la vérité ». « Il s’agit de gagner la bataille de l’attention et de la conviction en privilégiant l’outrance … et notre cerveau a tendance à être attiré par le pire, plutôt que par le meilleur ». (La démocratie des crédules, 2013)

Quelques questions :
1. Comment se fait-il que la vérité soit autant discréditée ?
2. La vérité est-elle subordonnée à ce que l’on croit être « le bien » ?
3. Notre rapport aux faits est-il réellement ébranlé ?
4. Qu’en est-il d’une vérité « alternative » ? *1)
5. Pourquoi est-il si difficile de faire confiance aux « instances de vérité » * (chercheurs, scientifiques, universités, journalistes reconnus pour leur intégrité …)

*Ainsi nommées par Pierre-Martin Lamon, professeur de philosophie, dans « Le Temps » du 17 février 2017 .
*1) Ainsi la polémique autour de la taille de la foule et de l’état de la météo lors de l’investiture de
Donald Trump. A cette occasion, son directeur de cabinet a revendiqué le droit d’être en
désaccord avec les faits : « La question n’est pas la taille de la foule, mais les tentatives de
délégitimer le président dès le premier jour. »

Liens :
- La post-vérité, nouvelle grille de lecture du politique. Le Temps.
- Trump, de la post-vérité à la Realpolituk. Le Monde.
- Ere post-vérité – Wikipédia
- La post-vérité. France-Culture
- Gérard Bronner, auteur de la démocratie des crédules. France Culture.
- Pourquoi la vérité nous importe si peu. Une chronique de Xavier de la Porte.
Dernière édition: il y a 4 mois 3 semaines par René G..
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De la « post-vérité », ou comment peut-on être radicalement indifférent face à un fait objectif ? Sujet du lundi 24.04.2017 il y a 4 mois 3 semaines #2

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La vérité, extrait de texte.

L'important, je crois, c'est que la vérité n'est pas hors pouvoir ni sans pouvoir (elle n'est pas, malgré un mythe dont il faudrait reprendre l'histoire et les fonctions, la récompense des esprits libres, l'enfant des longues solitudes, le privilège de ceux qui ont su s'affranchir). La vérité est de ce monde ; elle y est produite grâce à de multiples contraintes. Et elle y détient des effets réglés de pouvoir. Chaque société a son régime de vérité, sa «politique générale» de la vérité : c'est-à-dire les types de discours qu'elle accueille et fait fonctionner comme vrais ; les mécanismes et les instances qui permettent de distinguer les énoncés vrais ou faux, la manière dont on sanctionne les uns et les autres ; les techniques et les procédures qui sont valorisées pour l'obtention de la vérité ; le statut de ceux qui ont la charge de dire ce qui fonctionne comme vrai.
Dans des sociétés comme les nôtres, l' «économie politique» de la vérité est caractérisée par cinq traits historiquement importants : la «vérité» est centrée sur la forme du discours scientifique et sur les institutions qui le produisent ; elle est soumise à une constante incitation économique et politique (besoin de vérité tant pour la production économique que pour le pouvoir politique) ; elle est l'objet, sous des formes diverses, d'une immense diffusion et consommation (elle circule dans des appareils d'éducation ou d'information dont l'étendue est relativement large dans le corps social, malgré certaines limitations strictes) ; elle est produite et transmise sous le contrôle non pas exclusif mais dominant de quelques grands appareils politiques ou économiques (Université, armée, écriture, médias) ; enfin, elle est l'enjeu de tout un débat politique et de tout un affrontement social (luttes «idéologiques»).
Michel Foucault. La fonction politique de l'intellectuel» 1976
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