Pourquoi notre cerveau nous pousserait à détruire la planète ?

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Pourquoi notre cerveau nous pousserait à détruire la planète ?

Pourquoi notre cerveau nous pousserait à détruire la planète ?

 

La question est posée par Sébastien Bohler (chercheur en neuroscience) dans une vidéo Brut (durée 4.23).

Je résume :

Alors que nous sommes en train de détruire la planète, pourquoi ne changeons-nous pas de comportement ?

Sa réponse : 

C’est à cause du striatum, la zone qui libère la dopamine au cœur du cerveau. Cette zone se trouve immédiatement stimulée dès qu’il y a une opportunité à : manger, faire l’amour, s’informer, avoir de la reconnaissance, exercer une influence sur autrui, commander… En bref, tous les comportements liés à notre survie biologique et sociale.

Quel est le problème ?

Selon Sébastien Bohler, si cette configuration physiologique a permis à notre espèce de survivre, aujourd’hui, les sources de confort sont produites au niveau industriel de façon illimitée. Notre striatum peut donc en consommer autant qu’il le veut sauf qu’il n’a pas de fonction stop, ce qui, outre les problèmes liés à l'environnement, entraîne de nouvelles formes d’addictions (alimentaires, sexuels, de consommation d’images, de stimuli divers, de réseaux sociaux,…)

 

Quelle solution propose-t-il ?

Passer d’une civilisation d’intelligence technologique (cortex cérébral supérieur qui permet de construire les fusées, les smartphones et l’intelligence artificielle) à une civilisation de la conscience, laquelle, en revenant sur elle-même, opère une double fonction : elle devient conscience de soi et elle peut imaginer des solutions inédites, créatives.

 

Proposition pour notre débat :

- Quelle question vous suggère l'intervention de Sébastien Bohler ?

> Faisons débat autour des questions qui seront posées.

 

Des ressources liées à deux textes philo, l'un de Hegel, l'autre de Nietzsche : 

Cette conscience de lui-même, l’homme l’acquiert de deux manières : théoriquement, en prenant conscience de ce qu’il est intérieurement, de tous les mouvements de son âme, de toutes les nuances de ses sentiments, en cherchant à se représenter à lui-même, tel qu’il se découvre par la pensée, et à se reconnaître dans cette représentation qu’il offre à ses propres yeux. Mais l’homme est également engagé dans des rapports pratiques avec le monde extérieur, et de ces rapports naît également le besoin de transformer ce monde, comme lui-même, dans la mesure où il en fait partie, en lui imprimant son cachet personnel. Et il le fait pour encore se reconnaître lui-même dans la forme des choses, pour jouir de lui-même comme d’une réalité extérieure. On saisit déjà cette tendance dans les premières impulsions de l’enfant : il veut voir des choses dont il est lui-même l’auteur, et s’il lance des pierres dans l’eau, c’est pour voir ces cercles qui se forment et qui sont son œuvre dans laquelle il retrouve comme un reflet de lui-même. Ceci s’observe dans de multiples occasions et sous les formes les plus diverses, jusqu’à cette sorte de reproduction de soi-même qu’est une œuvre d’art.

HEGEL, Chap. II, Principe théorique de l’art. Esthétique 

 

"Je me trouve en droit de supposer que la conscience ne s'est développée que sous la pression du besoin de communiquer; qu'elle était nécessaire et utile au début que dans les rapports d'homme à homme (notamment pour le commandement), et qu'elle ne s'est développée que dans la mesure de cette utilité. La conscience n'est qu'un réseau de communications entre hommes: c'est en cette seule qualité qu'elle a été forcée de se développer: l'homme qui vivait en solitaire, en bête de proie, aurait pu s'en passer. Si nos actions, pensées, sentiments et mouvements parviennent -du moins en partie- à la surface de notre conscience, c'est le résultat d'une terrible nécessité qui a longtemps dominé l'homme, le plus menacé de tous les animaux: il avait besoin de secours et de protection, il avait besoin de son semblable, il était obligé de savoir dire ce besoin, de savoir se rendre intelligible; et pour tout cela, en premier lieu, il fallait qu'il eût une "conscience",, qu'il "sût" lui-même ce qui lui manquait, qu'il "sût" ce qu'il sentait, qu'il "sût" ce qu'il pensait. Car comme toute créature vivante, l'homme, je le répète, pense constamment, mais il l'ignore; la pensée qui devient consciente ne représente que la partie la plus infime, disons la plus superfcielle, la plus mauvaise, de tout ce qu'il pense: car il n'y a que cette pensée qui s'exprime en paroles, c'est-à-dire en signes d'échanges, ce qui révèle l'origine même de la conscience. Bref le développement du langage et le développement de la conscience... vont de pair. (...)

Je pense comme on le voit, que la conscience n'appartient pas essentiellement à l'existence individuelle de l'homme, mais au contraire à la partie de sa nature qui est commune à tout le troupeau; qu'elle n'est, en conséquence, subtilement développée que dans la mesure de son utilité pour la communauté, le troupeau; et qu'en dépit de la meilleure volonté qu'il peut apporter à se "connaître", percevoir ce qu'il a de plus individuel, nul de nous ne pourra jamais prendre conscience que de son côté non individuel et "moyen".

Nietzsche. 354. Du génie de l’espèce. Le Gai savoir. 

 

Autres ressources

L'éthique de Nietzsche (1)

La série Hegel sur France Culture. Les Chemins de la connaissance.

L'économie comportementale ou le nudge. Le journal de la philosophie (durée 4mn)

Comment éviter les biais cognitifs pour prendre la bonne décision ? Olivier Sibony. Vidéo de 14mn.

 

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