Peut-on résister à la « dictature de l’urgence » et redonner du sens au temps ? Proposé par Elisabeth.

Options d'événement

Invités confirmés

Peut-on résister à la « dictature de l’urgence » et redonner du sens au temps ? Proposé par Elisabeth.

 

 

Peut-on résister à la « dictature de l’urgence » et redonner du sens au temps ?

 

Merci Elisabeth pour la proposition d'introduction de ton sujet ci-dessous :

 

Aujourd’hui, fast food, fast fashion, fast news et autres speed dating envahissent notre paysage et l’obsolescence rapide de notre environnement tant matériel qu’humain nous plonge dans une urgence qui s’insinue dans l’ensemble de nos vies : vie personnelle, professionnelle, publique. Malgré son incontournable fixité, indépendante de notre agitation, le temps -tout comme l’espace - semble se contracter, s’accélérer comme une machine qui s’emballe. Le « tout plus vite et tout tout de suite » règle les comportements et malgré nos efforts obstinés pour « gagner du temps » nous avons le sentiment d’en avoir toujours de moins en moins. Le sacre de l’instant, le culte de la vitesse imprègne nos vies, souvent malgré nous, et fait s’emballer notre horloge personnelle. A défaut d’endiguer ce processus, peut-on retrouver la maîtrise de son temps et concilier le temps du faire et le temps de l’être ?

 

Extraits de l’ouvrage « la dictature de l’urgence » de Gilles Filkenstein

 

« Trois grandes grilles de lecture peuvent être schématiquement proposées pour analyser ce phénomène. Il y a d’abord une lecture technique. L’urgence, c’est internet. La puissance du réseau a accéléré la vitesse du récit. Les nouvelles technologies sont de plus en plus rapides et diffusent à un rythme qu’aucune précédente innovation n’a jamais connu. Le média imprime son rythme à la société. Il y a ensuite une lecture politique. L’urgence, c’est le libéralisme ; l’extension du marché a conduit à une rétraction du temps et il est exact que le marché s’est étendu, qu’il a gagné des pays qui se disaient communistes et qu’il a renforcé la concurrence. Le marché est le lieu où l’impératif de célérité est porté à l’incandescence (…) Il y a enfin une lecture morale. L’urgence, c’est l’argent, le dérèglement de la boussole de nos valeurs a provoqué le dérèglement de nos horloges. Et dans une société individualiste, l’argent occupe une place plus importante que la hiérarchie des valeurs(…) L’internet, le marché et l’argent font système et entrent en résonance pour amplifier encore l’accélération que nous vivons.(…) »

 

« Nous nous sommes dépris des grandes religions ou des grandes idéologies qui pouvaient conduire à toujours sacrifier le présent au profit d’une espérance à venir. Nous avons quitté cet état dans lequel, pour reprendre la formule de Pascal « nous ne vivons jamais, nous espérons de vivre ». Mais ce nouveau système induit de plus en plus d’effets négatifs. L’urgence est le concentré de nos maux contemporains et nous gouvernons contre le futur. (…) »

 

« On peut décélérer ou trouver des espaces de décélération : il faut gouverner autrement, retrouver le temps de la réflexion, redonner une place à la négociation et à la concertation, réguler en privilégiant le long terme. Il faut redonner de la profondeur au temps, retrouver un passé et un avenir, retrouver l’ambition du futur(…) Davantage encore que donner du temps au temps, la priorité est de donner du sens au temps. »

 

Quelques questions de réflexion :

 

- Vivre pleinement sa vie ici et maintenant est-il une facette positive de l’urgence ?

 

- Faut-il réhabiliter la lenteur ?

 

- Dans l’accélération ambiante, est-il possible de retrouver la maîtrise de son temps et de trouver son propre rythme ?

 

 

 

Ressources

 

La dictature de l'urgence, Gilles Finchelstein. La présention par l'auteur de son ouvrage sur Xerfi Canal.

 

- Y a-t-il un malheur français ? Gilles Finchelstein et Marcel Gauchet invités de Répliques (Finkielkraut).

 

Où allons-nous si vite ? Rapport du café philo Sophia.

 

Interview de Gilles Finchelstein. Article des Inrock.

 

 

 

Forum

 

Soutenez-nous

Soutenez-nousContribuer à une citoyenneté éclairée. Soutenir les activités philosophiques.
Faire un don

En savoir plus

Nos partenaires

Nos partenairesIls nous soutiennent.
Ils s’engagent et engagent une réflexion éthique sur la citoyenneté.

En savoir plus

Qui sommes-nous ?

Qui sommes-nous ?Des personnes, des philosophes, des militants pour une pensée critique et sereine, libre mais engagée.

En savoir plus