Rendre le monde indisponible ? Décroitre en vue de quoi ? (Harmut Rosa)

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Rendre le monde indisponible ? Décroitre en vue de quoi ? (Harmut Rosa)

Rendre le monde indisponible ? Décroitre en vue de quoi ? (Harmut Rosa)

 

Suggéré et introduit par Britt, co-auteur avec Christian du site : Rencontres et Débats Autrement, (cliquer ici pour y accéder)

 

Lien de participation à la réunion Zoom :

 

us02web.zoom.us/j/82991873181?pwd=NHAzQUJoZGF5RnJSb2dyTjNUM1pIQT09

 

ID de réunion : 829 9187 3181

 

Code secret : 264413

 

Connexion dès 18h45 pour socialiser. Débat à 19h00

 

 

Merci Britt pour ton introduction ci-dessous :

Hartmut rosa : que signifie : « rendre le monde indisponible » ? (la découverte, 2020)

 

Dans son dernier livre « rendre le monde indisponible » - le philosophe et sociologue allemand Hartmut Rosa, s’inspirant autant de la phénoménologie de Merleau-Ponty que du jeune Marx, des penseurs de l’école de francfort Adorno et Horkheimer, que de Hannah Arendt, avance une critique socio-économique et écologique de notre monde en croissance perpétuelle mais qui ne nous rend pas heureux.

 

Depuis au moins 250 ans, l’homme recherche la maximalisation des ressources – il a rendu le monde disponible par la techno-science - ce qui au cours des deux derniers siècles s’est soldé par un « progrès » incontestable.. Mais aujourd’hui nous devons accélérer notre exploitation des ressources terrestres (la mise à disposition de la planète) rien que pour rester au même niveau d’avant. En résulte la compétition entre nations et individus, ce qui engendre colère, frustration et dépression chez les individus en proie à un sentiment d’impuissance face à la promesse de toute-puissance de la part de leurs dirigeants.

 

Néanmoins on ne peut résoudre un problème social de manière individuelle, même si chacun peut s’adapter, apprendre à gérer son stress, à travailler sa pleine conscience…

 

Au lieu des objets disponibles à l’infini qu’on nous propose, nous sommes en réalité à la recherche d’une interrelation ou interaction avec le monde qui nous entoure. Nous voulons atteindre quelque chose qui n’est pas « à notre disposition ». Le véritable objet de notre désir est ce qui nous échappe, dit H. Rosa : « le tour de passe-passe littéralement magique du capitalisme consiste à faire en sorte que nous soyons continuellement déçus par les objets acquis », mais d’en convoiter toujours d’autres, ce qui explique le « must » de l’innovation.

 

Le jeu de l’accroissement sur le mode de l’appropriation et du contrôle visant la mise à disposition du monde perd son sens.

 

A terme nous serons contraints à la décroissance. La question est de savoir si nous souhaitons la subir en raison d’un désastre (catastrophe écologique ou nucléaire) ou si nous voulons en être les acteurs.

 

 

Questions pour notre débat :

Supposons que nous partagions le diagnostic de décroissance d’H. Rosa (qu’il n’est pas le seul à formuler) :

- Qu'est-ce que rendre le monde "indisponible" ? (sa disponibilité apparente, technique, économique le rend indisponible, non "résonant", or il s'agit malgré tout de rendre le monde indisponible)

- A quelle condition le monde devient-il "désirable" ? (l'indisponibilité des choses, des êtres les rend-elle désirable ?)

- Qu’est-ce que suppose décroitre sur le plan individuel, sociétal et politique ?

- Désirer moins est-ce "amoindrir" sa vie ?

 

L'indisponibilité, une définition extraite du livre de l'auteur :

Vous rappelez-vous encore cette fin d’automne ou cet hiver de votre enfance où vous avez vu pour la première fois la neige tomber ? C’était comme l’irruption d’une autre réalité. Quelque chose de farouche, de rare, qui vient nous visiter, qui ploie et transforme le monde autour de nous, sans que nous y soyons pour quoi que ce soit, comme un cadeau inattendu. La neige est littéralement la forme pure de la manifestation de l’indisponible : nous ne pouvons pas entraîner sa chute ou dicter sa venue, pas même la planifier à l’avance avec certitude (...)

 

(...) la vie s’accomplit dans l’interaction entre ce qui est disponible et ce qui, tout en restant indisponible pour nous, nous « regarde » pourtant. Elle se produit en quelque sorte sur cette ligne frontière

 

L'hypothèse de l'auteur :

Voici mon hypothèse de travail : dans la mesure où nous, membres de la modernité tardive, visons, sur tous les plans cités – individuel, culturel, institutionnel et structurel –, la mise à disposition du monde, le monde nous fait toujours face sous forme de « point d’agression », ou de série de points d’agression, c’est-à-dire d’objets qu’il s’agit de connaître, d’atteindre, de conquérir, de dominer ou d’utiliser, et c’est précisément en cela que la « vie », ce qui constitue l’expérience de la vitalité et de la rencontre – ce qui permet la résonance –, que la « vie », donc, semble se dérober à nous, ce qui, à son tour, débouche sur la peur, la frustration, la colère et même le désespoir, qui s’expriment ensuite entre autres dans un comportement politique impuissant fondé sur l’agression. (Vu dans Extrait de lecture sur le site de Decitre)

 

Un extrait de Rendre le monde indisponible :

" l’idée selon laquelle la clé d’une vie bonne, d’une vie meilleure réside dans l’extension de notre accès au monde. Notre vie sera meilleure si nous parvenons à accéder à (plus de) monde, tel est le mantra non exprimé mais inlassablement réitéré et réifié dans l’action. Agis à tout instant de telle sorte que tu agrandisses l’ensemble formé par ce à quoi tu accèdes (...)

 

"La volonté de croissance ne résulte ni individuellement ni collectivement de la promesse d’un plus grand bien-être, mais de la menace de la perte (illimitée) de ce qui a précédemment été acquis. Affirmer que la modernité est engendrée par le désir d’aller plus haut, plus vite, plus loin revient par conséquent à méconnaître sa réalité structurelle : ce n’est pas la soif d’obtenir encore plus, mais la peur d’avoir de moins en moins qui entretient le jeu de l’accroissement."

 

Ressources

- Rendre le monde indisponible. Harmut Rosa. Le cours n°3/3 de 9mn.(Suite et fin)

L'accélération est-elle socialement soutenable. Harmut Rosa. Le cours n°1/3 de 12mn de International Business School.

- Eloge de la résonance. Harmut Rosa. Le Cours n°2/3 de 13mn. (Suite)

Hartmut Rosa interviewé par Xavier de la Porte. La Manufacture d'idées 202

Université d'Ottawa. Contrat contemporain et résonance, un cours du Pr.d'André Bélanger.

- Résonance et Harmut Rosa sur France Culture.

La revue de presse critique de Open Edition de Rendre le monde indisponible. Harmut Rosa.

Notes de lecture sur le blog de Charybde : Rendre le monde indisponible (Harmut Rosa).

 

Forum ici

 

 

Connexion dès 18h45 pour socialiser. Débat à 19h00

 

Comment procéder si vous venez pour la première fois ?

- On peut assister à la rencontre sans intervenir, et juste pour écouter.

- Les non-habitués du café philo d’Annemasse sont les bienvenus.

- Connectez-vous en avance pour socialiser, vous installer confortablement, vous familiariser avec l'usage de Zoom.

 

Quelques indications techniques pour participer

- Si vous ne parlez pas, coupez votre micro (évite les bruits de fond, ce qui est plus confortable pour tout le monde)

- Inscrivez votre nom pour demander la parole. (Elle est donnée à chacun son tour, dans l'ordre des demandes, avec une priorité pour les participants qui s'expriment le moins).

- Réactivez votre micro quand Brigitte ou Laurence (animatrices) vous donnent la parole

- Du papier et un crayon à vos côtés peuvent vous rendre service.

- Installez-vous confortablement avec une boisson et vivez notre moment d'échange comme un moment plein d'attention et de curiosité 

B)

 

Quelques indications pour participer au débat.

Si vous en avez la possibilité, précisez la nature de votre intervention : demander une précision, revenir vers le sujet, apporter une information, demander un éclaircissement, poser une question, soulever une objection...

On peut également intervenir brièvement par le tchat (conversation écrite) pour répondre à un intervenant, préciser son intervention. L'animatrice lit le plus souvent vos interventions.

- Souvenez-vous : vous êtes dans un café philo, vous devez témoigner de votre attention à questionner vos pensées, et non pas d'affirmer ce que vous croyez être vos vérités.

- Attention également à ne pas répéter ici ce que vous entendez sur vos écrans tv, ne reproduisez pas, lors de nos rencontres, les manières de débattre mise en spectacle par les médias qui recherchent le buzz. Ce n'est pas notre but que de les imiter, nous ne sommes pas dans des rapports de force et de pouvoir, mais dans un rapport réflexif : mise en perspective des savoirs, mise en dialogue des argumentations .

 

Pour limiter les effets de dispersion dans le débat :

- Évitez de multiplier les exemples, de citer de longues expériences, de vous lancer dans de longues explications, mais allez au fait de votre argumentation.

- On s'efforce de relier son intervention au sujet, de mettre en lien ce que l'on dit avec ce qui a été dit. On ne s'installe pas comme un donneur de leçon, un conférencier.

- Pour favoriser une circulation de la parole, on reste concis.

- On s'attache non pas à affirmer son opinion, mais à expliquer les raisons de sa pensée. En effet, c'est sur la base des argumentations, que l'on met en lien avec la question/le thème de départ, que l'on peut faire progresser le débat, c'est-à-dire, en clarifier les enjeux.

- Si possible, on tente d'identifier les thèses, les problématiques philosophiques qui sous-tendent notre argumentation.

 

Pour agir sur la structure dynamique du débat, chacun peut situer le registre ou la typologie de son intervention, par exemple :

> en relevant des contradictions,

> en répérant une thèse défendue dans une intervention,

> en formulant une problématique (une contradiction entre deux interventions),

> en soulignant le présupposé d'une intervention, ses implicites.

> en formulant un contre argument,

> en apportant un nouvel argument, notamment si la discussion bute sur une impasse,

> en reformulant la question à laquelle vous apportez une réponse,

> en résumant quelques interventions, de faire une micro synthèse, de recentrer le débat,

 

D'un point de vue technique (Michel Tozzi et François Galichet), la philosophie mobilise quatre grandes compétences cognitives : conceptualiser, problématiser, argumenter et interpréter. On se concentre sur ces aptitudes de sorte à ne pas se contenter ici du simple échange de ses idées, du plaisir à étaler ses savoirs, de l'arrogance à se donner raison.

 

Merci à tous pour vos contributions.

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