Sujet libre + compte-rendu Dark web et pulsion destructive.

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Sujet libre + compte-rendu Dark web et pulsion destructive.

Le sujet sera choisi parmi les questions proposées par les participants

 

Par un vote ou un échange ouvert, on retient la question qui semble motiver l'attention des participants présents.

- On cherche à dégager les enjeux de la question : en quoi il y a problème (sur un plan existentiel, relationnel, social, politique) et quelle dimension de vérité et d'éthique nos propositions mobilisent.

- De fait, nous faisons philosophie par la capacité à questionner les raisons par lesquelles on pense.

- La formule traditionnelle des cafés philo où un participant souhaite proposer une question à l'avance est toujours ouverte, il suffit de la proposer et de l'introduire en une poignée de minutes le jour venu (on l'inscrit dans l'agenda).

 

Forum du sujet ici


Le sujet de la semaine passée.

 

Une proposition est faite à partir d'une citation de Peter Sloterdijk tirée de son ouvrage "Colère et temps"… Nous l'inscrivons dans l'agenda pour le 11 avril, Marie-Thérèse nous en fera l'introduction.

 

Nous retenons la proposition de Mikael, informaticien, et qui n'ignore rien du "dark web".

 

Présentation du problème :

Aujourd'hui, on voit tout sur internet, la toile nous donne à voir le monde tel qu'il est, du moins, le croit-on. En effet, chacun peut mesurer la distance entre ce qu'il est convenu d'appeler les médias meanstream (radio, tv, journaux) et les médias indépendants. Ces derniers sont très divers et plutôt présents sur la toile (youtube, réseaux sociaux, serveurs) qui sont des supports de contenus où sont publiés ces nouveaux médias (voir ici 10 médias alternatifs sur l'actu - ou ici une carte des médias indépendants).

 

La diversité des regards entre les médias meanstreams et ces médias « indépendants » est conflictuelle sur deux grands plans :

1° Par exemple, la diversité dans la manière de traiter une news (un fait d’actualité), de le mettre en contexte, de l’analyser, d’en souligner les enjeux est si large (si ouverte), qu’elle en est tout aussi enrichissante que déconcertante. Il faut savoir s’y repérer (qui parle ? d’où parle-t-il ? de quoi parle-t-il, comment en parle-t-il ? A partir de quelle source ? quel effet cherche-t-il à provoquer et pour quel but ?)

2° Et, le second plan. Entre les fakes news, les distractions qui hypnotisent, les délires, les réseaux et les communautés qui s’y créent et dans lesquels on s’y perd également… tout cela est tout aussi enrichissant que déconcertant. Il faut donc savoir s’y repérer, en particulier dans le rapport à soi-même : en quoi ce qui me « stimule » me disperse, me perd ou fait écho (résonance) en moi devient-il significatif ? En quoi cela fait-il sens pour moi ? Qu’est-ce que ces "impressions" (cette subjectivité intense) révèlent de moi, d'une nouvelle manière d'être au monde et de me faire advenir au monde dans la réalité ? On observe ici un mouvement entre une "intériorité" (un ressenti) glissant vers une objectivité (un comportement), une sociologie en train de se faire.

 

Sur ces deux plans, on peut avoir le sentiment que la vie nue est comme présente sur la toile. Tout y est. Tout ce qui est dans la vie réelle est présent sur la toile. Les deux regards, celui sur la toile et celui de la vie réelle se renvoient à l'un et à l'autre, ils se transforment l’un par l’autre.

 

Une première question s’est présentée à nous :

Qu’est-ce qui fait « vérité », qu’est-ce qui relève du vrai ? (le vrai est le fait objectif, la vérité est le discours tenu sur le vrai, sur le fait que l'on objective)

En soi, le traitement de ce qui est vrai et de ce qui fait vérité est déjà tout un problème :

> distinction à opérer entre ce qui subjectif (relève du sujet, de l’intériorité) et objectif (relève de l’objet et de l’extériorité)

> puis, entre le subjectif et l’objectif, il y a ce qui relève des zones grises, comme l’anthropologie, la sociologie, la psychologie (les sciences humaines en général), mais aussi l’Histoire, l’économie..etc.. dont, in fine, on peut questionner les frontières de l’objectivité et de la subjectivité.

> Ces thématiques relèvent de différentes disciplines, de la clarté des « concepts » dont il faut avoir certaines notions pour en parler. C'est tout le champ du "paradigme" des savoirs qui ont leur vocabulaire propre et celui de l'épistémologie (théorie et processus par lesquels on construit les savoirs).

 

Mais, et de manière plus "trouble", ce n’est pas cette « problématique » que nous avons retenue.

De manière plus trouble et, en même temps, de façon plus « évidente » (pressentie comme immédiate à la conscience tout en étant trouble), nous avons évoqué la violence et le chaos général qui semblent nous environner de partout, dans le monde réel comme sur la toile (le web). Par exemple, les disputes anti vax, pro vax et, maintenant celles entre pro Russe et pro Ukraine se sont quasiment imposées comme de nouvelles « normes », alors qu'elles sont ouvertement et délibérément discriminantes, donc anti-démocratiques. Ces normes, et c'est en cela qu'elles s'imposent comme telles, résultent de discours de ceux mêmes qui nous gouvernent. Ces discours sont produits également par des sommités qui font autoritées en médecine, en science et en de nombreuses autres disciplines. De plus, les médias mainstream, et nombre d'intellectuels, de philosophes, d'artistes ont pareillement abondé, et abondent encore dans ce discours discriminant, et ce, sans une once de questionnement critique. Du côté de la toile et des réseaux sociaux, le spectacle n’est guère mieux, car ce sont les mêmes acteurs que dans la vie réelle qui y sévissent. Toutefois, sur le web, et la différence est à souligner, on peut avoir accès à des supports pour travailler sa capacité critique (entre plusieurs informations données comme vraies) et on peut développer son discernement entre ce qui est juste, faux, pertinent ou pas, notamment en faisant usage de tutoriels, de cours, d'interviews et de tout autre support pour nourrir sa réflexion.

 

Mais, et en dessous de cela, en dessous de la surface visible du web, il y a le dark web où sont vendues les armes, la drogue, le crime, le sexe et tout ce qui est interdit par la loi et les usages communs. D'ailleurs, on se demande si la "pornographie" (accessible à tous en clair sur le web, y compris aux mineurs) devient une façon "banale" (commune) de concevoir la sexualité, laquelle perdrait au passage sa valeur éthique, esthétique, transcendante, mais aussi structurante, d'une rencontre avec l'autre dans la vie réelle (pour ne réduire l'autre qu’à l'objet de son usage) ?

 

Bref, le problème et la question qui semblent avoir retenu notre attention est celle-ci :

Le monde est comme devenu "transparent" à lui-même dans un rapport à ses pulsions, et en particulier, à ses pulsions destructrices.

Alors que nous sommes sous la violence du choc d'être confronté à autant de mensonges et de destruction, comme si nos valeurs, notre Histoire, l'idée de démocratie, les autorités légitimes, en un mot : "comme-si-tout-avait-été-balayé-d'un-trait" (une anomie généralisée), nous nous demandons ce qu'il est possible de construire en termes d'identité pour soi, d'identité de groupe, d’identité pour la nation ou/et pour le monde (d'universalité) ? Ou encore :

- Peut-on encore se construire un monde commun avec ses proches, avec le cercle de ses amis, avec nos voisins, notre groupe social, les habitants de son quartier, etc ?

- Peut-on, par exemple, se construire un monde commun autour des valeurs de l’environnement ?

« Peut-on « HABITER » un monde commun » demande Jacqueline Ripart via son café philo à Marseille (cliquer ici).

 

Pour en poser la question autrement que construire quand tout est sous nos yeux, autant le mal que le bien, entendu comme, autant ce qui détruit que ce qui peut construire ?

 

J'entends Hobbes ricaner dans mon dos... Sans aucun doute, des Spinoza, des Kant et des Nietzsche vont-ils lui répondre.

" Ils savent qu'ils mentent, ils savent que nous savons qu'ils mentent, nous savons qu’ils savent que nous savons qu’ils mentent, et ils continuent à nous mentir.” Alexandre Soljénitsyne, L’Archipel du Goulag

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Postscriptum pour moi : rappeler aux participants (ceux qui veuillent bien le faire) de rédiger en une phrase ou deux (entre 5 et 10 lignes) la réponse qu'ils donneraient à l'une des questions essentielles du café philo, et je les posterai dans le forum.

> Fixer une date (dans les 3 jours).

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Règles de base du groupe

- La parole est donnée dans l'ordre des demandes, avec une priorité à ceux qui s'expriment le moins.

- Chacun peut prendre la parole, nul n’y est tenu.

 

Pour limiter les effets de dispersion dans le débat

- On s'efforce de relier son intervention à la question de départ, de mettre en lien ce que l'on dit avec ce qui a été dit.

- Pour favoriser une circulation de la parole, de sorte à co-construire le débat avec les autres participants, on reste concis.

- On s'attache davantage à expliquer la raison de sa pensée, plutôt qu’à défendre une opinion.

- On s'efforce de faire progresser le débat.

- Concrètement, on évite de multiplier les exemples, de citer de longues expériences, de se lancer dans de longues explications, mais on va au fait de son argumentation.

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René Guichardan, café philo d'Annemasse.

Lien vers les sujets du café philo d'Annemasse, ici.

> Lien vers notre forum anti-covid, anti complotisme ici.

- Lien vers notre forum sur le thème de la guerre Russo-Ukrainienne.

> Vous pouvez nous rejoindre sur notre groupe Signal (cliquer ici)

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