L’ESPOIR EST-IL DANGEREUX ? Présenté par Karine + compte rendu du dernier sujet

Options d'événement

Invités confirmés

L’ESPOIR EST-IL DANGEREUX ? Présenté par Karine + compte rendu du dernier sujet

 

Merci à Karine pour son sujet : L’ESPOIR EST-IL DANGEREUX ?

 

« lorsque nous cessons d’espérer une assistance extérieure, lorsque nous cessons d’espérer que l’horrible situation dans laquelle nous sommes se résolve d’elle-même, lorsque nous cessons d’espérer que d’une façon ou d’une autre la situation n’empire pas, alors nous sommes enfin libres — vraiment libres — de commencer à réellement la résoudre. Je dirais que lorsque l’espoir meurt, l’action commence »

« The Day Philosophy Dies May 31,2004. Casey Maddox.

Article (sur l’écologie) ayant inspiré ce sujet est : cliquer ici.

 

> Cependant,

Comme l’a montré Jean-Paul Sartre, la conscience humaine se projette naturellement vers demain : être, c’est être un « projet », sans cesse jeté au-devant de soi. Espérer revenant à se projeter vers un avenir plus souriant que le présent, on pourrait craindre que la fin d’une telle projection empêche de vivre. Pourtant, ne plus espérer peut aussi signifier que nous pouvons consentir à notre présent, même imparfait, que nous sommes capables de ce « grand oui à la vie » dont parle Nietzsche. Dire oui à la vie, c’est dire oui au bon comme au mauvais, au bien comme au mal, à nos réussites comme à nos fiascos : c’est dire oui au présent, et c’est peut-être cela, « vraiment vivre ». Une telle puissance affirmative exclut alors l’espoir, puisque nos forces doivent être tournées vers cette approbation de l’ici et du maintenant, non détournées de ce noble but et dirigées vers l’avenir.

> Et par ailleurs

Selon Clément Rosset, l’une des conditions de la joie authentique est l’absence totale d’espoir. Dans La Force majeure (1983), le philosophe montre qu’une telle joie est paradoxale : elle jaillit au cœur même de la conscience de tout ce qui l’entrave. En nietzschéen, Rosset voit dans l’espoir le refuge des faibles, la consolation dangereuse, et au fond inefficace, de ceux qui ne savent pas « vraiment vivre », aimer la vie comme elle est et non comme elle devrait être.

En conclusion :

Lorsque nous traversons un moment difficile, nous avons deux ressources : une d’espoir, de projection dans l’avenir, salutaire quand la souffrance est trop grande, et une de joie, pas toujours disponible mais capable de rendre provisoirement l’espoir inutile. De son côté, la joie est une émotion passagère, imprévisible. Quant à l’espoir, s’il dure un peu plus longtemps, il est également assez capricieux. Ne nous privons donc ni de la première ni du second. Sachons les accueillir lorsqu’ils se présentent. Se sentir capable de dire oui à son sort, même lorsqu’il est pénible, n’empêche pas, l’instant d’après, lorsque notre force vient à manquer, d’espérer une vie meilleure et de trouver dans cet espoir de quoi se réchauffer l’âme et le cœur.

 

L’espoir semble diviser, questions :

L’espoir : poison qui conduit à l’immobilisme ou la déception ?

Ou

Une conscience humaine « normale » qui aiderait à supporter un présent difficile ?

 

Citations :

« Laisse-moi te dire quelque chose. L’espoir est dangereux. Il peut rendre un homme fou » Franck Darabont

« Le désespoir est le seul remède contre l’illusion. Sans désespoir il est impossible de redescendre sur terre – il s’agit en quelque sorte d’une période de deuil de nos fantasmes. Certains ne survivent pas à ce désespoir, mais au sein d’une personne, aucun changement majeur ne peut se produire sans » Philippe Slater

« L’espoir est le véritable tueur. L’espoir est nuisible. L’espoir nous permet de rester immobiles dans un radeau en perdition au lieu d’agir et d’affronter le problème. Oubliez l’espoir. Analyser sincèrement et honnêtement la situation comme elle se présente est notre unique chance. Au lieu d’attendre, en « espérant » que l’on s’en sorte, peut-être devrions-nous admettre que prendre la pleine mesure de la situation, aussi déplaisante soit-elle, est une très bonne chose, un premier pas en direction du changement véritable. » Gringo Stars

 

Des ressources

L’espoir fait-il vivre ? (1/4): Kierkegaard, au-delà du désespoir. Les chemins de la philo. Adèle Van Reth.

- La philosophie de l’espérance à l’épreuve de l’effectivité. Article de Gérard Bensussan (philosophe) dans Open Edition.

Autre extrait suggéré par Karine : Derrick Jensen  (Auteur du livre Endgame)

Lorsque vous renoncez à l’espoir, non seulement vous survivez, mais il y a mieux. Et c’est que d’une certaine manière, vous mourez. Et ce qu’il y a de merveilleux dans cette mort, c’est qu’une fois mort ils — ceux au pouvoir — ne peuvent plus vous toucher. Pas au travers de leurs promesses, de leurs menaces, ni même au travers de leur violence. Une fois mort de cette façon, vous pouvez toujours chanter, vous pouvez toujours danser, vous pouvez toujours faire l’amour, vous pouvez toujours vous battre comme un diable — vous pouvez toujours vivre parce que vous êtes toujours en vie, d’ailleurs plus que jamais auparavant — mais ceux au pouvoir n’ont plus prise sur vous. Vous réalisez ainsi que lorsque l’espoir meurt, cette partie de vous qu’il emporte n’était pas vous, mais était le vous dépendant de ceux qui vous exploitent, le vous qui croyait que ceux qui exploitent s’arrêteraient d’eux-mêmes d’une façon ou d’une autre, le vous qui dépendait et croyait en ces mythologies propagées par ceux qui vous exploitent afin de faciliter leur exploitation. Le vous socialement construit. Le vous civilisé. Le vous fabriqué, produit, estampillé, façonné, est mort. La victime est morte.

Et qui reste-t-il une fois ce vous mort ? Il reste vous. Le vous animal. Le vous nu. Le vous vulnérable (et invulnérable). Le vous mortel. Le vous survivant. Le vous qui pense non pas ce que cette culture vous a enseigné à penser, mais qui pense par lui-même. Le vous qui ressent non pas ce que cette culture vous a appris à ressentir, mais qui ressent par lui-même. Le vous qui n’est pas ce que cette culture vous a appris à être, le véritablement vous. Le vous qui peut dire oui, le vous qui peut dire non. Le vous qui fait partie de la Terre où vous vivez. Le vous qui va se battre (ou pas) pour défendre sa famille. Le vous qui combattra (ou pas) pour défendre ceux que vous aimez. Le vous qui va se battre (ou pas) pour défendre la Terre dont dépend votre vie et celles de ceux que vous aimez. Le vous dont la morale ne dépend pas de ce que cette culture — qui détruit la planète, qui vous détruit — enseigne, mais dépend de vos propres sentiments animaliers d’amour et de lien avec votre famille, vos amis, votre Terre. Pas de votre famille de civilisés auto-identifiés mais d’animaux ayant besoin d’une Terre pour vivre, d’animaux qui sont tués par les produits chimiques, d’animaux ayant été formés et déformés pour correspondre aux besoins de cette culture.

L’espoir peut être bon — et adaptable — pour les prisonniers, mais les hommes et les femmes libres n’en ont que faire.

Êtes-vous un prisonnier, ou êtes-vous libre ?

 

Forum du sujet ici

 

Compte rendu du dernier sujet ici. 


Règles de base du groupe

- La parole est donnée dans l'ordre des demandes, avec une priorité à ceux qui s'expriment le moins.

- Chacun peut prendre la parole, nul n’y est tenu.

 

Pour limiter les effets de dispersion dans le débat

- On s'efforce de relier son intervention à la question de départ, de mettre en lien ce que l'on dit avec ce qui a été dit.

- Pour favoriser une circulation de la parole, de sorte à co-construire le débat avec les autres participants, on reste concis.

- On s'attache davantage à expliquer la raison de sa pensée, plutôt qu’à défendre une opinion.

- On s'efforce de faire progresser le débat.

- Concrètement, on évite de multiplier les exemples, de citer de longues expériences, de se lancer dans de longues explications, mais on va au fait de son argumentation.

--------------------------------

Avec ou sans préparation, chacun est le bienvenu, les cafés philo sont par définition, contre toute forme de discrimination et de sélection par la classe sociale, le niveau scolaire, etc.

-----------------------------------
René Guichardan, café philo d'Annemasse.

Lien vers les sujets du café philo d'Annemasse, ici.

> Lien vers notre forum anti-covid, anti complotisme ici.

- Lien vers notre forum sur le thème de la guerre Russo-Ukrainienne.

> Vous pouvez nous rejoindre sur notre groupe Signal (cliquer ici)

 

Soutenez-nous

Soutenez-nousContribuer à une citoyenneté éclairée. Soutenir les activités philosophiques.
Faire un don

En savoir plus

Nos partenaires

Nos partenairesIls nous soutiennent.
Ils s’engagent et engagent une réflexion éthique sur la citoyenneté.

En savoir plus

Qui sommes-nous ?

Qui sommes-nous ?Des personnes, des philosophes, des militants pour une pensée critique et sereine, libre mais engagée.

En savoir plus