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SUJET: Rencontre 3 du dimanche 04 septembre 2017. Café philo de la connaissance de soi. Compte-rendu + schémas + distinguer des réponses, qu'attendre de la connaissance de soi.

Rencontre 3 du dimanche 04 septembre 2017. Café philo de la connaissance de soi. Compte-rendu + schémas + distinguer des réponses, qu'attendre de la connaissance de soi. il y a 1 an 7 mois #1

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Compte-rendu de la 3ème séance du café philo de la connaissance de soi

Une dizaine de personnes présentes, dont 4 qui viennent pour la seconde ou 3ème fois.

Se présenter :
Une courte réponse à la question : qu’est-ce que la connaissance de soi selon vous ? constitue une bonne introduction pour se présenter. Les réponses laissent entrevoir une diversité de positionnement, et permettent de préciser ce que nous entendons par une pratique philosophique dédié à la connaissance de soi. De notre point de vue, il s’agit d’une part de se sentir concerné par les questions que l’on pose ou se pose et, d’autre part, d’être attentif aux concepts que l’on utilise. Ainsi le mot « soi » peut être entendu comme étant le soi de l’individu, le soi universel de la philosophie hindou, le soi de l’inconscient collectif de Carl Gustave Yung, le sentiment de soi utilisé en sociologie ou dans la phénoménologie en philosophie (phénoménologie, de phénomène : les choses telles qu’elles nous apparaissent avant de les délimiter dans des « concepts »), etc… . Quant à la connaissance, l’idée de connaître peut renvoyer à nos manières d’appréhender le monde : le voir, le ressentir, l’analyser, l’éprouver… et à différents degrés de profondeur et de pertinence avec lesquels nous développons cette perception de soi.

Une considération conceptuelle par rapport à la connaissance de soi
Certains participants associent « connaissance de soi » et la recherche d’un équilibre, d’une harmonie. Pourquoi pas ? C’est effectivement une motivation pertinente puisqu’il s’agit de mieux se connaître afin de gérer ses émotions, ses contradictions. Mais il n’est pas dit que « mieux se connaître » conduise à plus d’harmonie ou à plus d’équilibre. Une distinction est à faire entre, d’une part, « se connaître », entendu comme un processus de découverte de soi et, d’autre part, la recherche d’un équilibre, ou d’une harmonie qui, elle, relève d’un souhait, d’effets recherchés. Ces effets reposent sur un ensemble de préconçus, requièrent un travail en vue d’obtenir des fruits précis.
Néanmoins, il a été noté que tous les participants présents se sentent investis dans une recherche, il y a un désir de comprendre ce qui se passe en soi, et un désir de trouver sa place dans la société. Notons que trouver sa place dans la société relève également d’une autre démarche. Ainsi, il y a des accointances entre se connaître soi-même, rechercher un équilibre et trouver sa place dans la société, mais pas d’articulations directes de l’un à l’autre de ces objectifs.

A propos de la règle : suspendre son jugement
Une participante souhaitait des éclairages par rapport à cette règle. Voici quelques réponses apportées :
- Suspendre son jugement, c’est retenir, contenir son impulsion à juger.
- C’est accepter de découvrir les choses sous un autre angle.
- C’est essayer d’accueillir ce que l’on ne connaît pas.
- C’est un rapport à l’écoute que l’on essaye de développer.
- On essaye de percevoir les choses à partir du point de vue de l’autre, et non plus à partir d’un jugement limité à notre propre expérience.
- C’est faire preuve d’un esprit d’ouverture.

Témoignage d’une tranche de vie
- « Je suis né en Guadeloupe, j’ai été élevé dans un contexte « chrétien » (catholique). Ma mère entrait en transe (en fait, elle entrait parfois en colère, et elle entrait en transe à d’autres moments). Quand j’étais enfant, ses transes m’inquiétaient beaucoup, j’étais mal à l’aise avec mes camarades, et je me suis posé beaucoup de questions. Je crois que je ne voulais surtout pas que cela m’arrive. A l’école, je me mettais à part les autres, je redoutais, soudainement, de tomber en transe. Mais aujourd’hui (cinquantenaire), je me retrouve à aider les gens, à leur parler, à faire des massages. Il y a donc eu plusieurs phases dans ma vie, et cette évolution me questionne. De mon côté, je ne fais pas de transe, mais j’ai des absences durant lesquelles je dis des choses, et à mon tour, j’aide les gens qui me le demandent. Tout cela s’est fait naturellement, sans que je le veuille expressément.

Réactions des participants. 
A) - De quelles natures sont les manifestations que vous vivez, de quelle nature est l’aide que vous apportez, quels rapports faites-vous avec votre maman ?
B ) - Il semble que vous ayez eu un parcours pour comprendre et accepter votre rôle, alors que vous étiez inquiet au départ. Comment comprenez-vous cette évolution ?
C) - Comment expliquer que vous ayez peur des transes de votre maman, et par ailleurs, que les messages étaient destinés à « aider » ?
D) - Les colères (occidentales ou guadeloupéennes) sont-elles des formes de transes ?
E) - Finalement, soit on est dans l’écriture de ce qu’on nous apprit à être, soit on essaye de se départir des influences reçues.
F) - De quelle manière la peur (la peur d’être comme votre maman, de vivre des transes) vous a-t-elle fermé à son influence ? Car il semble qu’elle exprimait une « qualité » (une aptitude à aider, à être inspirée) et que, finalement, son influence était bonne ?
G) - Je réalise, de mon côté, par rapport à ma mère aujourd’hui décédée, que son absence n’enlève rien de son influence. Je me bats toujours contre ça. Je souhaitais simplement évoquer ce rapport à la mère (ou aux parents).

> A distinguer huit types de réactions : 
1° les interventions qui visent à questionner le témoignage du participant pour mieux comprendre son contexte, ce qu’il vit. Réponse A, ci-dessus.
2° les réponses qui reformulent la situation et soulève une interrogation, comme pour mieux comprendre le participant à partir de son vécu. Réponse B, ci-dessous.
3° Les réponses qui recherchent à mieux comprendre la situation sur un plan général. Réponse C, ci-dessus.
4° Les réponses qui font des parallèles, tracent des analogies. Réponse F, ci-dessus
5° Les réponses qui tirent une leçon, une généralité de l’expérience décrite. Réponse E, ci-dessus.
6° Les réponses qui interprètent la situation et suggèrent ce qui est bon et mauvais. Réponse F, ci-dessus.
7° Les réponses qui font écho à des problèmes personnels, et qui incitent le locuteur à parler, à son tour, de ses problèmes. Réponse G, ci-dessus.
8° les attitudes circonspectes, réservées. Les participants qui semblent ne pas trop savoir quoi penser de ce témoignage.

Questions  existentielles et psycho-philosophiques liées au témoignage :
- Peut-on nier son héritage (éducation) ? Qu’il soit heureux ou malheureux, se pose la question de comment on s’approprie son passé pour le repenser, pour construire sa vie ?
- Quelle est l’instance qui fait le tri entre « le bon » et « le mauvais » passé ? A partir de quels critères cette instance trie-t-elle entre le bon et le mauvais « soi » ? L’inconscient joue-t-il un rôle dans ce tri, voire dans la préservation de ce qu’il entend conserver, de ce qui l’arrange ?
- Comment interpréter des états de transe ? Que penser des messages communiquer dans cet état ?
- La question de la définition du « soi » et du sens de la vie est à nouveau posée : le sens de la vie est-il « inscrit » dans le « soi » ? D’où vient ce soi, de quelle nature est-il ? A quoi le reconnaît-on, comment le différencie-t-on du Moi, de l’ego ou des influences reçues durant notre enfance ? Le « soi » se purifie-t-il pour laisser passer des choses « pures » ?
- Ces cultures où existent des transes, des magies, des messages inspirés ne fonctionnent-elles que parce que les membres de cette culture partagent un même imaginaire ?
- Y a-t-il un soi inhérent, ou est-il le produit d’une construction sociale/culturelle ?
- Selon, une approche bouddhiste, Il n’y aurait pas de soi « substantiel » propre à chacun, mais seulement un soi unique, collectif, résultat de l’interdépendance entre tous les êtres humains.

Autres interventions
- Les fourmis n’auraient pas conscience d’elles-mêmes, mais seulement de leur appartenance à la fourmilière. Le soi est-il à l’image de la conscience de la fourmi où seule l’appartenance à la fourmilière importe pour elle ?

- On m’a appris à être ce que je devais devenir (à nier mon présent pour me projeter dans un futur). On ne m'a pas appris à accepter ce que j’étais, à me reconnaître, et à m'inscrire dans devenir soi.

La prochaine fois
On appliquera la méthode CNV (Communication Non Violente) pour accompagner un participant dans une problématique qu’il a commencé à évoquer. Nous essayerons de mettre en évidence les points forts de cette approche, et ses limites.

Dernière édition: il y a 1 an 3 semaines par René G..
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