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SUJET: Devons-nous croire en quelque chose ? Sujet présenté par Roger pour lundi 08/07/2019. + un bref compte-rendu.

Devons-nous croire en quelque chose ? Sujet présenté par Roger pour lundi 08/07/2019. + un bref compte-rendu. il y a 5 mois 3 jours #1

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De la mécanique du doute………………. à l’obligation de croire
Merci Roger pour ta proposition ci-dessous

Que ce soit sous l’idéal d’une idée politique (de forme capitaliste ou communiste ou socialiste ou tout autre…), que ce soit sous l’idéal d’une croyance divine ou d’un créateur hypothétique, l’homme aurait cette pulsion qui le pousse à croire en quelque chose d’inexistant, mais qui le fait rêver soit à un avenir meilleur, soit à une vie dans un au-delà de rêve et de félicité.

Pour croire, il faut donc « renoncer à la raison » comme l’écrit Pascal dans ses Pensées
> Le choix est nécessaire, c’est-à-dire qu’on ne peut pas ne pas choisir. Et comme la raison ne peut éclairer le choix, il faut parier.
> Car, comme le dit Pascal, on est embarqué. On ne peut vivre sans choisir

Les questions possibles :
- Le « besoin de croire » est-il une réaction à « la peur du vide » ?
- Est-ce que le non choix est impossible à supporter par l’homme et que son cerveau le pousse à choisir une option, simplement pour ne pas être dans « l’instabilité permanente » ? « L’indécision » « l’inconfort »; et que, de là, on en arrive ( parfois ) « à la foi en soi » ………..par défaut.
- Ce procédé est-il à l’origine de tous nos maux ? (guerre, choix politique, religion)
- Le beoins de croire est-il induit par des intervenants extérieurs
- Est-il génétique et donc peu maîtrisable
- Est-ce que croire est une manière de se justifier et de poursuivre son chemin sur terre ?
- Peut-on croire à la science ?
- La technique nous vend-elle de fausses croyances pour résoudre la question du climat ?
- Peut-on croire en la raison pour découvrir la vérité (si elle-même (la vérité) n'est pas raisonnable ?)

Des ressources. 
- Pascal Blaise sur France Culture.
- La science et la religion doivent-elles dialoguer ? Etienne Klein. invite Yves Gingras, sociologue. France Culture.
- David Hume, l’étincelle du doute (1/0) Enquête sur l’entendement humain. Les chemins de la philosophie. France Culture.
- Emil Cioran (2/4). Sceptique de naissance. Les chemins de la philosophie. France Culture.
- Promenade sceptique dans le paranormal. Continent Science. France Culture.
- Cioran : "Le scepticisme est le désespoir du diable". Conférence France Culture.
La science rend-elle la religion impossible ? Conférence avec Etienne Klein (physicien) et Lydia Jaeger (théologienne).
Archéologie des erreurs collectives. Patrick Boucheron, cour du Collège de France.

Ressources à lire :
- Le sceptique cherche-t-il vraiment la vérité ? Stéphane Marchand. Revue le Cairn.
- Scepticisme. Histori-philo
- Scepticisme philosophique. Dictionnaire philosophique du Québec.
La science est-elle compatible avec la croyance ? Simone Manon. Philolog.
Dernière édition: il y a 4 mois 3 semaines par René G..
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Devons-nous croire en quelque chose ? Sujet présenté par Roger pour lundi 08/07/2019 il y a 4 mois 3 semaines #2

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Un bref compte-rendu.

Nous étions relativement nombreux (plus de 25 personnes) et de nombreuses réponses ont été apportées. Notons également que la question initiale demandait à être interrogée.

Quelques réponses apportées à la question : pourquoi passerions-nous de la mécanique du doute à l’obligation de croire ?
La question des biais cognitifs : Daniel Kahneman a mis en evidence ce réflexe de la pensée selon lequel, intuitivement et par économie d'énergie, nous prenons rapidement des décisions, car nous nous laissons facilement influencé par l'environnement. Les autres modalités de prise de décision sont "couteuses" en temps, en énergie, en expertise...aussi, en faisons-nous l'économie... D'où l'idée que l'on peut penser que les gens passent du doute à la croyance.
> Autres réponses : les gens seraient crédules, naïfs, ne supporteraient pas le vide, doivent réagir dans l'urgence... et donc, s'enfermeraient dans toutes sortes de croyance.

Des réponses qui interrogent la question :
- Le doute ne s'oppose pas à la croyance, mais à la certitude. Ainsi, on peut croire et douter.
- On suppose que les gens croient, mais que savons-nous vraiment de ce qui se passe dans leur conscience ? On peut en effet imaginer qu'ils sont parfaitement conscients de leur démarche, de leur réflexion et qu'ils ont évalué le pour et le contre de leur choix (au moins pour certaines personnes).
- Selon les situations, le choix de l'action s'impose, malgré les réponses insatisfaisantes des contingences qui s'offrent à nous. Là encore, il ne s'agit pas de croire, mais d'éviter le pire en passant à l'action.
- En quoi le doute serait-il "mauvais" ? Oui, il est probablement, et dans certain cas, inconfortable, car il nous oblige à reviser notre point de vue (malaise narcissique, frustration occasionnelle ou doute existientiel). Pourtant la culture du doute, entendue comme esprit critique, examen des situations, est hautement souhaitable et positive. Elle invite à élaborer plusieurs scénarios/hypothèses par rapport au déroulement d'une situation. Elle oblige à s'informer, à échanger et, finalement, à dialoguer, à coopérer. Elle est en somme une source d'enrichissement.

Un apport philosophique post-débat :
La question peut faire référence au scepticisme (étymologie grecque : examen).
Définition : Doctrine selon laquelle l'esprit humain ne peut atteindre aucune vérité avec certitude, ni même l'assurance qu'une proposition est plus probable qu'une autre.
Courant philosophique : Le scepticisme est un mouvement philosophique qui érige le doute en système de penser et ne croit pas en la possibilité d'atteindre avec certitude la connaissance et la vérité. Il n'affirme rien et garde sur chaque chose la "suspension du jugement". Pyrrhon d'Elis (360-270 av. J.-C.) est considéré comme le fondateur de cette philosophie.

Problématique contradictoire :
> Affirmer que l'on ne peut atteindre aucune vérité est contradictoire, si cette affirmation est tenue pour vérité. On tombe alors dans l'oxymoron et le dogmatisme. L'affirmation devient fausse en se voulant être vraie.

> Supposons, par ailleurs, que notre connaissance des choses est toujours limitée, partielle, ce qu'en général, nous admettons tous. Cela signifie-t-il qu'il n'y a pas de vérité ? Là encore, il y aurait un raccourci de la pensée qui, sous prétexte de ne pouvoir atteindre toutes les dimensions de la vérité sur une chose, proclamerait qu'il n'y a pas de vérité. Il y a en fait des angles multiples sous laquelle la vérité s'offre à nous.

On peut clore ce résumé par les 5 tropes d'Agripa (Sextus Emp. (Esquisses pyrrhoniennes) pour mettre en doute toute "affirmation" ou "vérité".
1° Le désaccord : à toute thèse peut s'opposer une thèse contradictoire d'égale valeur à la première.
2° La régression à l'infini : toute proposition exige d'être justifiée sur une autre, à l'infini.
3° le diallèle ou cercle définitionnel : A sert à prouver B, qui sert à prouver A (totaulogie)
4° L'hypothèse : tenir par principe une proposition pour vraie, puisque rien ne l'est.
5° Le relatif : réduire la véracité du jugement à une perspective subjective (sacrifice de la raison et de l'empirisme)

Ce qui pose la question de ce que l'on peut attendre du doute pour le doute ? Est-il une fin en lui-même, ce qui peut conduire au nihilisme (rien n'existe) ou, autre hypothèse, le doute serait en fait le moyen par lequel des vérités indiscibles, et dépassant le langage, deviendrait accessibles. Ce qui serait la thèse d'Empiricus : la vérité peut être perçue, éprouvée, mais rester informulable en raison des limites de nos capacités discursives.


... Reste à savoir ce que chacun a retenu de cet échange... B)
Dernière édition: il y a 4 mois 2 semaines par René G..
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