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SUJET: Un texte de Krishnamurti proposé par Laurence. Le débat se fera autour des questions suggérées lundi le 29.07.2019 + un bref compte-rendu.

Un texte de Krishnamurti proposé par Laurence. Le débat se fera autour des questions suggérées lundi le 29.07.2019 + un bref compte-rendu. il y a 3 semaines 4 jours #1

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Pour notre prochain débat, on part d'un texte suggéré par Laurence : la fuite devant ce qui est. Krishnamurti.

Méthodologie : Après une lecture à plusieurs voix du texte, on suggère les questions qu’il nous inspire, et nous faisons débat autour d’elles, ou autour de celle que l’on aura votée.

Krishnamurti, Commentaires sur la vie, Tome 3, éd.Buchet / Castel
3. LA FUITE DEVANT CE QUI EST
- Pourquoi cherchons-nous ?
- Je cherche car, sans Dieu, la vie a bien peu de signification. Je Le cherche dans la douleur et la souffrance. Je Le cherche car je désire la paix. Et parce qu’Il est la permanence, l’immuable, parce qu’il y a la mort et qu’il est immortel. Il représente l’ordre, la beauté et la bonté, c’est pour cela que je Le cherche.
Ce qui revient à dire que, comme nous nous lamentons sur la non-permanence, nous mettons tous nos espoirs dans la quête de ce que nous appelons la permanence. La motivation de notre quête, c’est de trouver un réconfort dans l’idéal de la permanence, or cet idéal est né de l’inconstance, il a été suscité par la douleur du changement constant. L’idéal n’est pas réel, alors que la douleur, elle, est réelle. Mais il semble que nous ne comprenions pas la réalité de la douleur et c’est pour cela que nous nous accrochons à l’idéal, à l’espoir de la non-douleur. C’est ainsi que naît en nous la dualité entre la réalité et l’idéal, et l’interminable conflit entre ce qui est et ce qui devrait être. Les raisons profondes de notre quête sont que nous voulons fuir l’inconstance et la douleur, pour ce que l’esprit croit être l’état de permanence, de la béatitude éternelle. Mais cette pensée même procède de la non-permanence, car elle est née de la douleur. Le contraire, aussi élevé soit-il, porte en lui les germes de son propre contraire. Et notre quête, finalement, n’est plus que le besoin de fuir ce qui est.
- Entendez-vous par là que nous devrions cesser toute quête ?
- Si nous accordons la totalité de notre attention à la compréhension de ce qui est, la quête telle que nous la connaissons pourrait n’être plus nécessaire. Lorsque l’esprit est libéré de la souffrance, quel besoin aurait-on de chercher le bonheur ?
- Mais l’esprit peut-il jamais être libéré de la souffrance ?
Conclure que l’esprit peut ou ne peut pas être libéré, c’est mettre un point final à toute recherche et toute compréhension. Nous devons accorder toute notre attention à la compréhension de la douleur, mais cela est impossible si nous essayons de fuir cette douleur, ou si notre esprit s’attache à en rechercher les causes. Il faut qu’existe une attention totale, et non pas une préoccupation indirecte. Lorsque l’esprit ne cherche plus, lorsqu’il ne suscite plus de conflits entre ses désirs et ses besoins, lorsque la compréhension le rend silencieux, alors seulement l’incommensurable peut être.

Des ressources :
- Lilian Thuram parle de Krishnamurti. France Culture.
- La tradition zen : pourquoi méditer ? Les chemins de la philosophie. France Culture.
- La chaine Youtube dédié à Krishnamurti avec sous-titre ou doublée en français.
- Comprendre Jiddu Krishnamurti. Le Monde des Religions.
- Une sélection de textes sur Krishnamurti.org. France.


Deux citiations de Krishnamurti:
- Ce n'est pas un signe de bonne santé que d'être bien adapté à une société profondément malade.
- Lorsque vous vous dites Indien, Musulman, Chrétien, Européen, ou autre chose, vous êtes violents. Savez-vous pourquoi? C'est parce que vous vous séparez du reste de l'humanité, et cette séparation due à vos croyances, à votre nationalité, à vos traditions, engendre la violence. Celui qui cherche à comprendre la violence n'appartient à aucun pays, à aucune religion, à aucun parti politique, à aucun système particulier. Ce qui lui importe c'est la compréhension totale de l'humanité.
Dernière édition: il y a 2 semaines 3 jours par René G..
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Un texte de Krishnamurti proposé par Laurence. Le débat se fera autour des questions suggérées lundi le 29.07.2019 il y a 2 semaines 3 jours #2

  • René G.
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Un rapide compte-rendu... sous forme de quelques impressions/réflexions B)

Nous étions environs 25 personnes + une poignée de nouvelles personnes. (un petit incident m'a mis en retard, si bien que j'ai manqué l'intro que des participants avaient commencé à faire par eux-mêmes en lisant le texte). En conséquence, je n'ai pu vraiment expliqué le cadre dans lequel se situait la pensée de l'auteur.

Quelques questions que le texte a suggérées :
- Quel est le sens de la vie sur terre, ou de ma vie ?
- Existe-il quelque chose de permanent, et ce à quoi se raccrocher ?
- La souffrance de la vie (différente des douleurs du corps qui, elles, sont médicales) est-elle liée à l'impermanence des choses, tandis que la quiétude serait béatitude ?
- Avons-nous tendance à voir les choses telles que nous aimerions les voir, et non telles qu'elles sont ?
- La souffrance justifie-t-elle de donner un sens à sa vie (c'est un nietzscheen qui pose la question) ? B)
- Comment se fait-il que les raisons de notre souffrance existentielle soit si difficile à lever ? Pourquoi ne les comprenons-nous pas ?

Quelques problématiques liées à la nature du sujet
- De fait de la diversité des participants, certains athées, voire anti-religieux, d'autres plus ouverts à toutes les problématiques humaines et psychologiques, d'autres encore susceptibles d'être interpelés par l'idée de "spiritualité laïque", en bref, dans ces conditions (diversité des publics), il s'agit d'être à l'écoute des problèmes qui se posent, et de faire philosophie. Entre autres, il s'agit de comprendre, derrière les termes utilisés, les idées qui sont exprimées, ainsi, les mots : religion, maître, spiritualité, souffrance morale, méditation, incommensurabilité, cessation de la pensée, etc... ne renvoient pas à un grand fourre-tout transcendantal, mais à des expériences et à des idées associées qu'il s'agit d'explorer, d'analyser. Nous sommes dans l'intropection et le sens que ces mots prennent pour les personnes. Nous ne sommes pas dans l'objectivité et la mesure d'objets concrets. Ils s'agit donc de mettre de côté ses idéologies et son militantisme darwinien, car personne ne le remet en cause autour de notre table, ce n'est pas le sujet (certains participants se croient toujours obligé de nous faire la leçon du darwinisme - mais ce n'est pas toujours le sujet du débat) B)
- Cela dit, on peut reprendre l'idée que l'évolution des espèces ne donnent pas à voir un sens à la vie qui se développerait...mais rien n'empêche l'homme, puisqu'il est doué de la capacité à générer du sens, de se priver de la possibilité de construire un sens à la vie (et à sa vie). Il est même de sa responsabilité de penser un sens à la vie (pour lui et pour les collectifs que nous formons), car nul homme n'est une ile. De fait, chacun de nous vit en société et, par conséquent, lui donne un sens, malgré bon-gré, y compris s'il refuse de le faire. En effet, dans ce cas (refus de donner du sens à la vie) ce genre de nihilisme suppose de vivre à l'aune de ses satisfactions premières et, finalement avec une bonne dose d'amertume (car les satisfactions premières ne nous comblent de rien si ce n'est de nos besoins physiologiques, boire, manger, dormir, forniquer). De là, on peut conclure provisoirement : la philosophie de cet homme est de vivre sans autre but que de donner satisfaction à ce qui le stimule dans l'immédiat. Il existe un peu à l'idée qu'il se fait du monde animal (l'homme est animal, et il n'a pas plus de sens que l'animal en a pour lui).
Fin du débat quand il s'enferme dans cette direction.
Néanmoins, par principe et par philosophie (c'est l'un de ses objets), il importe d'examiner entre nous ce qui fait sens et de le mettre en débat. Par principe, on pourrait estimer qu'il est en notre devoir de trouver du sens à ce qui nous semble le plus beau, le plus éthique et le plus profitable à soi, à l'espèce humaine et à notre environnement. De tout cela, nous pouvons parler et le mettre en débat. Et le débat s'ouvre à nouveau car c'est de l'herméneutique (le sens, l'interprétation du sens et le rapport au réel, à l'anthropologie et aux sciences humaines en général) dont il est question.

Quelques réponses apportées
- Je n'imagine aucun sens à la vie, et pourtant je ne me sens pas si souffrante.
- L'idée de figer un sens à la vie, voilà qui est morbide.
- Le besoin de transcendance n'est pas forcément dans un ailleurs, il peut, comme Hannah Arendt le suggère, être totalement immanent, c'est-à-dire s'inscrire dans la vie même des êtres humains et de leur création.

En bref, peut-être que nous reprendrons sous une forme ou une autre les problèmes qui se posent à l'être humain quand il s'agit de ses souffrances psychologiques, et de voir comment il peut s'en départir. B)
Dernière édition: il y a 6 jours 7 heures par René G..
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