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SUJET: De quoi les rites sont-ils le sens ? Sujet du lundi 06.01.2020.

De quoi les rites sont-ils le sens ? Sujet du lundi 06.01.2020. il y a 2 semaines 2 jours #1

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De quoi les rites sont-ils le sens ?

La perte des grands récits de l'humanité se fait-il en même temps que la perte du sens des rites ? Se peut-il en fait, que d'autres rites émergent un peu malgré nous, structurent notre vie et nous guident là où nous ne voulons pas aller ? 
Définition :
- Rite, de ritus
: pratiques/prescriptions réglant la célébration d’un culte (cérémonial)
- Voir les multiples dimensions du rite : protocole des institutions, de nos rapports sociaux, apprentissage à la vie sociale, à l'émancipation de soi, à des limites, à des secrets, à l'autorité.
- rapport aux coutumes, aux habitudes dans les sociétés sécularisées.

- Sens : direction donnée à un mouvement. Par extension, direction donnée par la signification d’une histoire, d’un mythe, d’un récit. Direction donnée par une interprétation lucide, magique, réaliste, folkloriste, fantasmée, coutumière, économique, etc. (c’est selon) et qui donne une structure aux existants.

Des notes et extraits de textes (en références dans les ressources ci-dessous) qui peuvent nourrir notre échange :

Irvin Goffman :« Il convient donc de ne pas considérer les situations sociales comme des lieux d’obéissance aux règles ou d’infractions secrètes, mais plutôt comme des cadres où des versions en miniature du processus judiciaire tout entier se déroulent à l’accéléré. » (Cairn info)

Robert Castel : l’interaction ordinaire se déroule entre ces deux limites que sont la folie, « vertige d’une humanité sans loi, c’est-à-dire sans règle de civilité », et l’institution totale, « dureté métallique d’un ordre social qui exclut toute possibilité de négociation et de compromis. » (Cairn info)

Selon Durkheim, la religion peut être définie comme un ensemble de croyances et de rites portant sur des objets sacrés. Cette définition suppose une distinction entre la théorie et la pratique, ou entre les représentations et les actions. Le rite est conçu comme secondaire par rapport à la représentation pleine et entière de l’objet sacré, parce qu’il n’en est que la répétition ou la reprise au niveau de l’action, une fois que cet objet est représenté par la conscience collective. Le rite est second parce que le mouvement est inférieur à la pensée dans cet ordre hiérarchisé des êtres qu’est la société. Mais le rite est supérieur aux autres types de pratiques parce qu’il met en rapport l’action avec la représentation de la société.(Cairn info)


Le rituel est un acte formel et conventionnalisé par lequel un individu manifeste son respect et sa considération envers un objet de valeur absolue, à cet objet ou à son représentant.
Cette définition du rite par le respect implique que le rite ne se rapporte pas seulement à un objet, la société comme concept rationnel, mais qu’il constitue aussi des sujets, en s’inscrivant dans les individus sous forme d’affects. La notion essentielle pour décrire ce double mouvement d’objectivation et de subjectivation du rite est, chez Durkheim comme chez Kant, celle de personne morale. Le rite rapporte les individus à une personnalité morale supérieure à eux, au sens où l’agrégation des individus dans l’effervescence de l’action collective constitue un tout supérieur à la somme de ses parties ; mais en même temps il constitue les individus eux-mêmes en personnes morales, au sens où ceux-ci, en tant qu’ils participent à la vie sociale, se doivent mutuellement le respect.(Cairn info)

Konrad Lorenz l’indique en décrivant la formation d’un « rite » chez une petite oie cendrée qui le considérait comme sa « mère » : suivant Lorenz dans sa maison, l’oie prit peur en passant brutalement de la lumière extérieure à l’ombre qui régnait dans l’entrée de la maison ; elle fit donc une sorte de demi-tour à 180° vers la lumière provenant de la fenêtre jouxtant la porte. Lorenz l’appelant pour la rassurer la fit se retourner de nouveau et finalement le suivre. Par la suite, Lorenz observa que jamais l’oie n’entrait dans la maison sans accomplir un petit demi-tour, peu à peu transformé en pas de côté. Un jour, l’oie suivit Lorenz directement sans accomplir ce mouvement, et sa frayeur se déclencha quelques pas après, lui imposa de faire demi-tour et de rentrer à nouveau dans la maison, mais en accomplissant alors le rituel du pas de côté. On comprend bien que la non-observance du « rite » déclenche le souvenir de la peur initiale avec autant de force puisque ce dernier la réactualise au sens propre, et la fonction d’abréaction d’un tel rite est patente. Ce qui est plus remarquable c’est précisément d’observer chez un animal la capacité à élaborer une technique de protection en l’absence de tout instinct et de tout élément prescriptif ; il s’agit bien d’une invention d’ordre symbolique, même si pareille distance prise par rapport à une peur reste de part en part « utilitaire » ou relève d’une « économie psychique ». Néanmoins, l’obscure « compréhension » du fait que la non-observance du « rite » est aussi terrible que la peur initiale qu’il a permis de surmonter ne s’inscrit jamais dans l’ordre de ce qui sera héréditaire.
(Dans Implications philosophiques.)

Ressources
- De l'importance du rite aujourd'hui. Conférence de la Bibliothèque Publique d'Information.
- L’importance des rites. Confucius, une philosophie de vie (2/4). Les Chemins de la philosophie.
- Goffman, Durkheim et les rites de la vie quotidienne. Article de Cairn Info.
- Le rite entre sacré et saint. Article d'Implications Philosophiques.

La Nouvelle Année, un rite qui a perdu son sens ?
Dernière édition: il y a 1 semaine 2 jours par René G..
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