Bienvenue, Invité
Nom d'utilisateur: Mot de passe:

» Voir la page de ce groupe

  • Page:
  • 1

SUJET: Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? (Leibniz), sujet à débattre pour lundi 03.02.2020 + un bref compte-rendu

Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? (Leibniz), sujet à débattre pour lundi 03.02.2020 + un bref compte-rendu il y a 1 mois 2 semaines #1

  • René G.
  • ( Modérateur Global )
  • Portrait de René G.
  • Hors ligne
  • Modérateur
  • Des problèmes avec le site ? contactez-moi. Merci.
  • Messages: 758
  • Remerciements reçus 34
Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?

On doit la question à Leibniz. La formule est belle, elle l’est d’autant plus qu’elle fait entrevoir, l’espace d’un instant, une absence de la pensée. En effet, à priori, la pensée ne peut s’attaquer à ce genre de question. Pour une part, le rien est difficilement représentable et, d’autre part, entre le rien et le quelque chose, il faut pouvoir se représenter un cheminement/processus de l’advenue des choses. Or, jusqu’à preuve du contraire, et dans le domaine des questions fondamentales (les premières causes) seuls les prophètes avancent des propositions/croyances dans ce domaine, mais non la science, pour qui toute proposition doit être suivie de justification, ni les philosophes qui formulent des propositions, des modèles de raisonnement, autrement dit, des hypothèses de travail (et non des vérités). Enfin, il y a comme une forme de contradiction dans la question, en ce sens que, de « rien », comment concevoir qu’il puisse en naître quelque chose ?
Pour les personnes qui s’intéressent à la méditation, la question du rien peut valoir introduction pour aborder des fonctionnements différents de nos processus cognitifs. Dans tous les cas, la question du rien a valeur heuristique, elle est comme un tremplin qui stimule la découverte.

Proposition pour notre échange :
> Tour de table informel avec comme illustration, des questions que vous souhaitez suggérer. Par exemple :
- Pourquoi y a-t-il eu Me Too, plutôt que pas Me Too ?
- Pourquoi, quoique l’on en pense, le monde tend-il vers de plus d’égalité (plutôt que pas) ?
- Pourquoi le pouvoir semble conduire inévitablement vers l’abus de pouvoir (plutôt que pas) ?
- Pourquoi tant d’inertie dans nos comportements, alors que la vie (biologie, psychologie, environnement) nous contraint à évoluer ?
- Pourquoi la nature (d’après Galilée) est-elle écrite en langage mathématique ?
- Pourquoi y a-t-il de la culpabilité, plutôt que pas ?
- Etc… à vous de profiter de ce moment pour suggérer vos questions.
>> Le débat portera sur les propositions qui retiennent l’intérêt le plus grand. Si la diversité des propositions est trop grande, on resserrera notre choix sur une thématique (qui peut recouvrir plusieurs questions).
- Philosophiquement parlant, on part de l'ontologie (philosophie de l'être) pour se diriger vers les comment (les processus).

Des ressources :
- Rien (1/4) : Pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Francis Wolff invité des Chemins de la philo. France Culture.
- Vivons-nous dans le meilleur des mondes / Y a-t-il une raison à tout ? Série sur Leibniz des Chemins de la philosophie. France Culture.
- Discours sur la métaphysique (Leibniz). Série des Chemins de la philosophie. France Culture.
- La notion du vide. Conférence d'Etienne Klein.
- Des informations peu connues sur l'univers. Entretien avec Etienne Klein.
- Leibniz. Article de Cosmovision.

Une citation résumée de Gorgias (sophiste) :
1° il n'y a rien;
2° s'il y avait quelque chose, on n'en pourrait rien savoir;
3° si on en savait quelque chose, on ne pourrait l'exprimer par le discours.
Dernière édition: il y a 1 mois 2 semaines par René G..
Merci de vous enregistrer pour avoir accès à cette page, ou de contacter l'administration.

Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? (Leibniz), sujet à débattre pour lundi 03.02.2020 il y a 1 mois 2 semaines #2

  • René G.
  • ( Modérateur Global )
  • Portrait de René G.
  • Hors ligne
  • Modérateur
  • Des problèmes avec le site ? contactez-moi. Merci.
  • Messages: 758
  • Remerciements reçus 34
Un bref compte-rendu de Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?

- Ambiance :
Plus d'une trentaine de personnes était présente.
Après un tour de table pour recueuillir les questions/exemples sur ce à quoi le "rien" pouvait s'illustrer, la proposition a été faite d'organiser les interventions en deux groupes, celui lorsque le rien/le vide se rapporte aux questions de la physique et celui où ce rien/vide se rapporte aux problématiques humaines, sociétales ou psychologiques.

Quelques questions posées :
- Pourquoi (cause) et pour quoi (but, par quoi) combler le vide ?
- Que veut dire le vide ?
- Le rien est-il complexe ?
- Pourquoi sortons-nous du "rien" pour prendre une décision ?
- Ne rien faire relève-t-il d'une décision ?
- Ce qui est immatériel est-ce vide ?
- Le "bien" peut-il venir de "rien" ?
- L'ennui est-il vide ?
- Quelles différences entre vide, rien et néant ?

Pour les amateurs de la physique quantique, la question du vide est abyssale, puisqu'on ne peut véritablement le reproduire en raison des particules sans masse et des forces gravitationnelles dont on ne peut, dans la réalité, se soustraire.
- Pour rappel : la théorie du Big Bang, bien qu'étant la plus pertinente à ce jour pour expliquer l'univers, reste incomplète et conduit à des représentations fausses : elle laisse supposer un instant "0", ce qui semble impossible, puisque de "rien", rien ne peut advenir.
> Ce qui pose la question que nous avons de nous représenter l'origine des choses et, plus précisément, le lien entre les limites de nos présentations, d'une part et, d'autre part, les possibilités techniques que nous avons de saisir la réalité des choses (énergie et matière noires notamment).
- Par ailleurs, et sur un plan théorique, nous savons que la théorie de la Relativité Générale (Einstein) ne prend pas en compte toutes les données du mur de Planck (Max Planck, physicien. 1858 - 1947).
> Mur de Planck : phase précédant l'inflation de l'univers, et durant laquelle, les quatre interactions fondamentales (électromagnétisme, interaction faible, interaction forte et gravitation) sont unifiées. Or dans la théorie de la Relativité Générale, les trois forces, électromagnétique, interaction faible, interaction forte ne sont pas prises en compte. (Plus d'info ici, sur Sciences étonnantes de David Louapre: la gravité quantique à boucles)
> En somme, le Big Bang ne repose que sur le calcul de la gravitation (relativité générale), ce modèle théorique est donc incomplet, ce qui ne l'empêche pas d'être le plus pertinent à ce jour.

Mais sur le plan de la psychologie et des relations humaines, il semble clair que ce que nous nommons le vide (le rien ou le néant) correspond à une expérience qui, par définition, n'est pas vide, rien ou néant, puisque ces mots sont se trouvent attachés à des émotions, sentiments ou impressions. C'est ainsi que le sentiment du vide, du rien ou du néant exprime quelque chose de l'ordre du mal-être, mal-être qui témoigne d'une mémoire, d'un ressenti qui, le plus souvent, ne se laisse pas saisir facilement...
> Il est dès lors possible que ce qui est ressenti comme un rien, un vide, un néant corresponde à un "vide relationnel", à une absence ou une/des expériences douloureuses qui, faute de ne pouvoir se présenter clairement à la conscience, se donne à voir comme un sentiment de vide, de rien ou de néant.
> Toute la difficulté serait alors de faire parler ce vide, ce rien ou ce néant sans se laisser absorber par lui.
> Les arts, la symbolique, la poésies, la musique... seraient des manières de faire parler le vide, de l'évoquer... qui alors n'est plus le vide.
> Ce qui pose la question : appelons-nous vide ce sur quoi nous n'avons pas encore mis de mots, de symbobes pour mieux dire ce qu'il peut recouvrir de potentialités ?
> Autre question : en nommant vide, rien ou néant ce qui se présente comme tel à notre conscience, nous interdisons-nous de faire émerger ce que ces termes recouvrent de plus profond en nous, prisonniers que nous serions des mots qui couvrent alors d'un voile les choses ?

- Enfin, lorsqu'en réponse à une plainte, à un témoignage d'une personne/un enfant, on dit : ce n'est rien.
> Le plus souvent, on exprime une négation par rapport au ressenti de la personne/enfant en question... alors même que l'on souhaitait rassurer celui/celle qui se confiait.

Une réponse courte de Robinson :
- Depuis Leibniz, on sait que s’il n’ y avait rien, on ne se poserait pas la question.

Les réponses de Michel, un ami des Rencontres philosophiques de Sorèze :
Je lui ai fait remarquer que le néant a cela de fascinant que nous n'en avons aucune expérience ni même aucune représentation mentale. Le néant, au sens de l'absence totale d'entités physiques, au sens de vide absolu, est inconnu en cosmologie relativiste comme en mécanique quantique. On ne retourne pas au néant à notre mort et on n'émerge pas du néant à notre naissance. Tout au plus la mort ne serait que "la fin d'un long monologue intérieur" (Tristan Bernard).

Alors la question pourrait être formulée différemment: le néant a-t-il une réalité dans notre univers ou est-il un mirage de notre imagination ? Est-il une sorte de signe mathématique comme celui qui désigne l'infini, ou comme le concept de continuité ou comme un univers à onze dimensions d'espace ?
Raymond Devos a justement remarqué que "trois fois rien c'est quand même quelque chose", ce qui va dans le sens de l'inexistence du néant.
Si je peux évacuer la question du rien, il reste à définir le "quelque chose", cet univers qui n'est pas rien, qui n'est pas fixe, qui n'est pas continu.
Dernière édition: il y a 1 mois 2 semaines par René G..
Merci de vous enregistrer pour avoir accès à cette page, ou de contacter l'administration.

Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? (Leibniz), sujet à débattre pour lundi 03.02.2020 + des éléments de connaissance Gorgias vs Parménide il y a 1 mois 2 semaines #3

  • René G.
  • ( Modérateur Global )
  • Portrait de René G.
  • Hors ligne
  • Modérateur
  • Des problèmes avec le site ? contactez-moi. Merci.
  • Messages: 758
  • Remerciements reçus 34
Eléments de connaissance : le sophiste Gorgias contre Parménide

Parménide (fin IVe - V siècle av. J.- C.)
On retient de la philosophie de Parménide les quelques vers ci-dessous de son poème :
> l’être est, le non-être n’est pas
> Penser et être, c’est la même chose.
> Car l’être est, et le non-être n’est pas.

>>> En fait, le poème est plus complexe, mais Gorgias et Platon construisent leurs argumentations contre ces propositions de Parménide.

Pour rappel, l'argumentation de Gorgias (rapportée par Sextus Empericus, médecin-philosophe, sceptique):
1° il n'y a rien;
2° s'il y avait quelque chose, on n'en pourrait rien savoir;
3° si on en savait quelque chose, on ne pourrait l'exprimer par le discours.

Justification de Gorgias :
> Rien n'existe
> s'il existe quelque chose, c'est ou l'être, ou le non-être, ou à la fois l'être et le non-être
> Le non-être n'est pas car si le non-être existe, il sera et à la fois il ne sera pas.
> Or (principe de non-contradiction), il est tout à fait absurde que quelque chose soit et ne soit pas à la fois. Donc le non-être n'est pas. (Ce qui rejoint la thèse de Parménide, mais pour la contredire dans l'argument suivant).

> Réfutation de l’être.
> Si l'être est, il est éternel, il est illimité ; s'il est illimité, il est partout et nulle part ; ainsi, il n'est pas. Car on ne peut être partout et nulle part à la fois.
> En outre, l'être ne peut pas non plus être engendré. Car s'il a été engendré, c'est à partir de l'être, non à partir du non-être Or, il ne peut pas être engendré à partir de l'être (auquel cas, l'être existerait déjà) ni à partir du non-être.
> Ainsi, si l'être n'est ni éternel, ni engendré, ni les deux à la fois, alors, l'être n'est pas. »

- Même s'il existe quelque chose, l'homme ne peut l'appréhender
> Car si les é́tants (les choses, et tout ce qui existe) qui se trouvent à l’extérieur de nous sont visibles, audibles et sensibles par plusieurs sens, et que, parmi eux, les visibles sont saisissables par la vue, les audibles par l’ouïe, et non l’inverse, comment donc pourrait-on les révéler à quelqu’un d’autre ? En effet, ce par quoi nous les révélons, c’est le langage, or le langage n’est pas les objets ni les étants, donc ce ne sont pas les étants que nous révélons aux autres, mais le langage, qui est autre chose que les objets.

- Même si on peut l'appréhender, on ne peut ni le formuler ni l'expliquer aux autres.
>De même donc que le visible ne pourrait devenir audible et réciproquement, ainsi, puisque l’étant est l’objet extérieur, il ne pourrait devenir notre langage, or sans être langage il ne pourrait être montré à quelqu’un d’autre.
Dernière édition: il y a 1 mois 2 semaines par René G..
Merci de vous enregistrer pour avoir accès à cette page, ou de contacter l'administration.
  • Page:
  • 1
Modérateurs: admin.cafesphilo.org

Soutenez-nous

Soutenez-nousContribuer à une citoyenneté éclairée. Soutenir les activités philosophiques.
Faire un don

En savoir plus

Nos partenaires

Nos partenairesIls nous soutiennent.
Ils s’engagent et engagent une réflexion éthique sur la citoyenneté.

En savoir plus

Qui sommes-nous ?

Qui sommes-nous ?Des personnes, des philosophes, des militants pour une pensée critique et sereine, libre mais engagée.

En savoir plus