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SUJET: "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas..." Sénèque, une citation proposée par Laurence pour lundi 14.09.2020

"Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas..." Sénèque, une citation proposée par Laurence pour lundi 14.09.2020 il y a 2 ans 2 semaines #1121

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Merci Laurence pour la proposition de ton sujet, inspirée par une citation de Sénèque :

« Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles.»
Sénèque (4 av. J.-C. -12.04.65). Lettres à Lucilius, livre XVII, Lettre 104, 26

Ton intro :
La difficulté est un mal quotidien. Tout le monde rencontre des difficultés. Alors que nous nous construisons à travers nos actions, à certains moments, nous reculons devant une certaine action à accomplir.

- En quoi Sénèque met-il en lumière le mécanisme du jugement en opposant imagination et réalité ?

- Notre difficulté ne relève-t-elle pas à disqualifier un idéal afin de permettre à l’action de briser les chaines de nos représentations imaginaires ?

- Pourquoi le verbe « faire » n’apparait pas dans cette citation ?

- Toute difficulté vient-elle de ce que nous n’avons pas suffisamment osé ?

- Oserions nous faire si nous savions ce à quoi il faudrait se préparer ?

- Être pleinement conscient de soi-même permet-il de dépasser toute ses difficultés ?

Références :
- Sénèque, Lettres à Lucilius (1/4) : Qu'est-ce que la philosophie stoïcienne ? es Chemins de la philosophie. Émission diffusée le 13.03.2017 Par Adèle Van Reeth.
- Lecture d'une lettre de Lettres à Lucilius.
- Sénèque le Jeune. Information générale sur Histori-philo.
- Lettres de Sénèque à Lucilius. Son oeuvre sur Wikisource.

Le coin culture

La mort de Sénèque :
Contraint à un suicide forcé par Néron, Sénèque se donne la mort en s'ouvrant les veines.
Le récite de Tacite (58 - 120 ap. J.-C.), Annales, XV, 63-64.

« Ensuite le fer lui ouvre les veines des bras. Sénèque, dont le corps affaibli par les années et par l'abstinence laissait trop lentement échapper le sang, se fait aussi couper les veines des jambes et des jarrets. Bientôt, dompté par d'affreuses douleurs, il craignit que ses souffrances n'abattissent le courage de sa femme, et que lui-même, en voyant les tourments qu'elle endurait, ne se laissât aller à quelque faiblesse ; il la pria de passer dans une chambre voisine. Puis, retrouvant jusqu'en ses derniers moments toute son éloquence, il appela des secrétaires et leur dicta un assez long discours. [...] Comme le sang coulait péniblement et que la mort était lente à venir, il pria Statius Annaeus, qu'il avait reconnu par une longue expérience pour un ami sûr et un habile médecin, de lui apporter le poison dont il s'était pourvu depuis longtemps, le même qu'on emploie dans Athènes contre ceux qu'un jugement public a condamnés à mourir. Sénèque prit en vain ce breuvage : ses membres déjà froids et ses vaisseaux rétrécis se refusaient à l'activité du poison. Enfin il entra dans un bain chaud, et répandit de l'eau sur les esclaves qui l'entouraient, en disant : « J'offre cette libation à Jupiter Libérateur. » Il se fit ensuite porter dans une étuve, dont la vapeur le suffoqua. Son corps fut brûlé sans aucune pompe ; il l'avait ainsi ordonné par un codicille, lorsque, riche encore et très puissant, il s'occupait déjà de sa fin17. »
Dernière édition: il y a 2 ans 1 semaine par René G..
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"Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas..." Sénèque, une citation proposée par Laurence pour lundi 14.09.2020 il y a 2 ans 1 semaine #1123

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Voici un extrait de la lettre n°104 d'où est tirée la citation :
"Ce couple affreux à voir, la souffrance et la mort, ne l’est nullement pour qui ose l’envisager d’un œil fixe et percer de trompeuses ténèbres. Mainte fois les terreurs de la nuit se changent au matin en objets de risée. Ce couple affreux à voir, la souffrance et la mort, dit si bien Virgile, et non point affreux en réalité, mais seulement à voir ; il entend que c’est pure vision, que ce n’est rien. Qu’y a-t-il là, répétons-le, d’aussi formidable que ce qu’en publie la renommée ? Qu’y a-t-il, je te prie, Lucilius, pour qu’un homme de cœur craigne la souffrance, un mortel la mort ?
Je ne vois que gens qui réputent impossible ce qu’ils n’ont pu faire; et puis nos doctrines sont trop hautes, disent-ils, elles passent les forces de l’homme, Ah ! combien j’ai d'eux meilleures opinions qu’eux-mêmes ! Eux aussi peuvent, mais ils ne veulent pas. L’essai qu’on leur demande a-t-il jamais trahi ceux qui l’ont tenté ? N’a-t-il pas toujours paru plus facile à l’exécution ? Ce n’est point parce qu’il est difficile que nous n’osons pas ; c’est parce que nous n’osons pas, qu’il est difficile. D’ailleurs, s’il vous faut un exemple, prenez Socrate, vieillard éprouvé par tous les malheurs, poussé sur tous les écueils, et que n’ont vaincu ni la pauvreté, aggravée encore par ses charges domestiques, ni les fatigues des camps qu’il dut subir aussi, ni les tracasseries de famille dont il fut harcelé, soit par une femme aux mœurs intraitables, à la parole hargneuse, soit par d’indociles enfants qui ressemblaient plus à leur mère qu’à leur père. Quelle vie passée presque toute ou à la guerre, ou sous la tyrannie, ou sous une liberté plus cruelle que la guerre et que les tyrans ! Après vingt-sept ans de combats, la fin des hostilités fut l’abandon d’Athènes à la merci de trente tyrans, la plupart ennemis de Socrate. Pour calamité dernière, une condamnation le flétrit des imputations les plus accablantes. On l’accusa d’attenter à la religion et de corrompre les jeunes gens qu’il soulevait, disait-on, contre les dieux, contre leurs parents et la république : puis vinrent les fers et la ciguë. Tout cela, bien loin de troubler son âme, ne troubla même pas son visage. Il mérita jusqu’à la fin l’éloge admirable, l’éloge unique que jamais nul ne le vit plus gai ni plus triste que de coutume : il fut toujours égal dans ces grandes inégalités du sort.
Veux-tu un second exemple ? Prends M. Caton, ce héros plus moderne, que la Fortune poursuivit d’une haine encore plus vive et plus opiniâtre. Traversé par elle dans tous les actes de sa vie, et jusque dans celui de sa mort, il prouva néanmoins qu’un grand cœur peut vivre et mourir en dépit d’elle. Son existence se passa toute soit dans les guerres civiles, soit à une époque déjà grosse de guerres civiles ; et l’on peut dire de lui, comme de Socrate, qu’il vécut dans une patrie esclave, à moins qu’on ne prenne Pompée, César et Crassus, pour les hommes de la liberté. Personne ne vit changer Caton, quand la république changeait sans cesse : toujours le même dans toute situation, préteur ou repoussé de la préture, accusé ou chef de province, au forum, aux armées, à l’heure du trépas. Enfin, au milieu de toute cette république en détresse, quand d’un côté marchait César appuyé des dix plus braves légions, de tant d’étrangers ses auxiliaires, et quand de l’autre était Pompée, Caton seul suffit contre tous. Quand ceux-là penchaient pour César, ceux-ci pour Pompée, Caton lui seul forma un parti à la liberté. Embrasse dans tes souvenirs le tableau de ces temps, tu verras d’une part le petit peuple et tout ce vulgaire enthousiaste des choses nouvelles ; de l’autre, l’élite des Romains, l’ordre des chevaliers, tout ce qu’il y avait dans l’État de vénéré, de distingué ; et, délaissés au milieu de tous, la république et Caton. Ah ! sans doute, tu considéreras avec admiration
Agamemnon, Priam, et terrible à tous deux Achille…; car il les improuve tous deux, il les veut désarmer tous deux. Voici comme il juge au sujet de l’un et de l’autre : « Si César triomphe, je me condamne à mourir ; si c’est Pompée, je m’exile. » Qu’avait-il à craindre celui qui, défait ou vainqueur, s’infligeait les peines qu’on n’attend que du plus implacable ennemi ? Il mourut donc, selon son propre arrêt. Vois si l’homme peut supporter les travaux : il conduisit à pied son armée à travers les solitudes de l’Afrique ; s’il est possible d’endurer la soif : Caton, sur des collines arides, dépourvu de bagages, traînant après lui les débris de ses légions vaincues, souffrit la disette d’eau sans quitter sa cuirasse, et chaque fois que s’offrait l’occasion de boire, il but toujours le dernier. Vois si l’on peut mépriser et les honneurs et les affronts : le jour même où on lui refuse la préture, il joue à la paume sur la place des comices. Vois si l’on peut ne pas trembler devant des puissances supérieures : il provoque à la fois César et Pompée, quand nul n’osait offenser l’un que pour gagner les bonnes grâces de l’autre. Vois si la mort peut se dédaigner aussi bien que l’exil : Caton s’imposa l’exil ou la mort, et pour prélude la guerre. Nous pouvons donc contre pareil sort avoir même courage : il ne faut que vouloir soustraire sa tête au joug. Or avant tout répudions les voluptés : elles énervent, elles efféminent, elles exigent trop de choses, et toutes ces choses, c’est à la Fortune qu’il les faut mendier. Ensuite méprisons les richesses, ce salaire de tant d’esclavages. Renonçons à l’or, à l’argent, à tout cet éclat qui pèse sur les heureux du siècle : sans sacrifice point de liberté ; et qui tient la liberté pour beaucoup doit tenir pour bien peu tout le reste."


A demain :side:
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