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SUJET: Jeu de rôle : vous êtes président, vous gérez la crise, quelles décisions prenez-vous ? Sujet pour lundi 19.10.2020

Jeu de rôle : vous êtes président, vous gérez la crise, quelles décisions prenez-vous ? Sujet pour lundi 19.10.2020 il y a 3 jours 4 heures #1

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Source Le Monde du 17.10.2020 (lien ici)

Comme beaucoup, je suis atterré du couvre-feu décrété par notre gouvernement. Bien entendu, il s'agit de protéger les personnes les plus vulnérables, mais comment comprendre l'interdiction des échanges sociaux, les amendes, la pérennisation du conseil scientifique et la quasi-perpétuation de l'état d'urgence sanitaire ?

A votre avis, quelle efficacité aura le couvre-feu ? Ses dommages collatéraux seront-ils plus préjudiciables que la maladie elle-même ? Comment ce gouvernement calcule-t-il les risques qu'il fait prendre à la population ? Evalue-t-il seulement les conséquences et l'efficacité de ses mesures ? Permet-il d'ailleurs qu'on le fasse avec les informations qu'il nous transmet ? Et les médias (ce ne sera pas notre sujet du jour) mais nous permettent-ils de saisir les enjeux qui se posent sur le plan de la science, de la médecine, de la politique ? 




La critique est facile, mais l'art est difficile. Prêtons-nous à un jeu de rôle pour notre prochaine rencontre.
- On forme des groupes de 3. On s'imagine en charge des décisions à prendre à partir de la seconde phase de l'épidémie (mi-octobre). Durée 10mn.
- En groupe plénier, un porte-parole annonce les 3 mesures principales (5 maximum) qu'il prendrait.
- On écoute, on demande brièvement quelques précisions (si nécessaire). 
- On fait le tour des groupes. 
> On essaie ensuite de voir les problèmes qui se dégagent et les philosophies induites par nos prises de positions. 

Condition des groupes
Le groupe peut s'entendre autour d'un consensus, d'une valeur et prioriser, par exemple, la sécurité, la santé, l'économie, etc. pour établir ses choix ; des membres peuvent également exprimer des réserves par rapport à leur groupe. On affinera les positions de chacun durant la mise en commun.
Toutes les positions peuvent être adoptées, tant qu'elles sont expliquées sur un temps contrôlé et à peu près équivalent pour chacun.

Des ressources
- Bien entendu, il y a les vôtres, en voici d'autres qui ne sont pas forcément sur France Culture, le Monde et les médias mainstream :
- Comment suivre l'épidémie et anticiper son évolution par Jean-François Toussaint. Exposé de 28mn.
- Pro-masque versus Anti-masque, une dialectique stérile ! Dr Fouché, médecin anesthésiste-réanimateur. Durée 9mn.
- Une critique du couvre-feu par Le Fil de l'actu. Durée 10mn
- Le Dr Toubiana (sur Cnews, intervention du 14.10)
- Covid-19 : approches scientifiques et enjeux sociétaux. L'UP de Marseille. Le cours n°3, à 1h08, évoque l'étude qui postule que les gens sont infectés dans les restaurants et les bars, et en permet une analyse critique.
- Géographie du virus. Chronique de Jacques Meunier. Journal des idées. France Culture.
- Le port du masque, un sketch pour rire par Franjo.
- Covid-19 : 10 questions essentielles sur la reprise de l’épidémie en France. The Conversation.
- L’instauration du couvre-feu : un pari risqué. The Conversation
- Le blog du sociologue Laurent Mucchielli, sociologue, directeur de recherches au CNRS, qui analyse la crise du Covid.
- Camus et le couvre-feu. Article de philomag.

Protection contre le virus :
Pour les masques, une fois assis, chacun estime s'il doit le porter.
Rappel, les asymptomatiques ne sont pas contagieux, les pré-sympatomatiques peuvent commencer à l'être.
> En revanche, on se désinfecte les mains. En effet, quand les distances sont respectées, le virus reste manu-portée.
Références ici (OMS, Agence de la Santé Publique France, FDA USA)
Dernière édition: il y a 5 heures par René G..
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Jeu de rôle : vous êtes président, vous gérez la crise, quelles décisions prenez-vous ? Sujet pour lundi 19.10.2020 il y a 3 jours 1 heure #2

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Je poste ci-dessous la réponse de l'un des réceptionnaires de la newsletter. Elle peut faire l'objet d'une réflexion, d'un examen de son argumentation :

Bonjour,

Et moi je suis atterré par votre discours et cette orientation ... C'est précisément par ces comportements que le virus existe encore. Si tout le monde était respectueux de la santé publique et avait respecté des mesures de précautions afin de protéger les autres, l'épidémie se serait tout simplement éteinte faute de vecteur de transmission.

Les sacro-saintes libertés individuelles ne doivent jamais se faire au détriment de la liberté publique, celle de choisir la vie. Ne pas porter le masque n'est pas une liberté individuelle si elle vient asphyxier la liberté individuelle d'autres personnes, comme être contaminé potentiellement en forme grave. Vous portez la responsabilité des morts en véhiculant des informations comme "les asymptomatiques ne sont pas contagieux". C'est médicalement faux.

Il en est de même pour le code de la route. Il est interdit de rouler à 130 km/h en ville, nous pourrions écraser un piéton ... Peut-être qu'il n'y aura pas de piéton mais au cas où - et c'est son droit individuel aussi de circuler en toute sécurité - nous limitons notre vitesse afin de contrôler notre arrêt si urgence. Pourquoi suis-je privé de ma liberté individuelle de vous frapper ? Ce n'est pas une privation, puisque ma liberté s'arrête là où commence la vôtre, qui est de pouvoir vous balader dans la rue tranquillement sans qu'un abruti vous agresse.

Il est de notre liberté de pouvoir faire des courses, de pouvoir aller quelque part, circuler en sécurité. Nous avons des libertés et des devoirs, notre devoir est celui de participer à la sécurité collective. Si une personne est contaminée par votre faute, en forme grave, vous ne savez pas ou préférez l'ignorer ... S'il s'agit de quelqu'un que vous connaissez, alors qu'allez-vous lui dire ? "Ma liberté de ne pas me préoccuper d'autrui vaut plus que ta santé, que ta vie, et que des enfants aient perdu leur père/mère à cause de mon individualisme n'est qu'un dommage collatéral" ?

Il me semblait que le rôle des philosophes étaient également de proposer des moyens de penser l'amour, le collectif etc ... Je vois qu'une partie du problème est ignorée.

Bien sûr que l'État porte la responsabilité de la destruction progressive du système de soins, mais il n'en est pas moins que si les gens avaient moins stupides et complotistes ou juste moins égoïstes, ils circuleraient normalement aujourd'hui, comme en Nouvelle-Zélande.

Ce n'est un plaisir pour personne ne porter un masque, mais c'est un faible prix à payer pour contribuer à faire cesser définitivement cette pandémie et sauver des vies. Le couvre-feu n'est évidemment pas la solution, mais tenter de responsabiliser des imbéciles non plus. La démocratie échoue sur les sujets de sécurité/santé publique(s) car peuplée d'une majorité tournée vers l'individu et non l'intérêt public.

Sachez que les aérosols (donc la respiration) est très contaminante, et reste dans l'air plusieurs heures en suspension, en particulier dans les endroits clos, les systèmes de flux d'air également s'ils ne sont pas en simple aspiration. Les personnes asymptomatiques ne sont pas sans danger, car elles véhiculent le virus de la même façon, il s'est parfois un peu moins multiplié ou simplement pas dans les poumons mais il n'empêche que son transport est aisé, sans quoi nous n'en serions pas là aujourd'hui. Un virus reste un virus, son mode de fonctionnement est très simple: Survivre - Se multiplier. Ce sont NOS comportements qui influent sur la transmission. Vous avez raison, à l'extérieur, c'est bien moins flagrant mais ne pas l'interdire, ce seraient encore faire des différences entre certaines rues ou non incluant des caractères subjectifs et donc non pénalisables. À mon grand regret, seule la sanction permet d'être efficace ... Combien y aurait-il de meurtres s'il n'était pas sévèrement puni par la loi ?

Avant de transmettre des messages complotistes ou qui alimentent cet esprit, réfléchissez à vos propres actes, à vos propres erreurs, vous n'êtes pas, l'instar de nous tous, exempt de tout reproche. Un peu d'introspection ne ferait pas de mal.

Ayez à l'esprit que vous ne pouvez pas savoir si vous croisez une personne vulnérable, il n'est marqué nulle part sur son visage qu'une personne a une pathologie grave, ou subit une chimiothérapie, ou juste si elle va développer des formes graves sans raison évidente. Des milliers de personnes en France ont été en danger grave et/ou ont des séquelles à présent par la négligences de proches ou bien d'inconnus qui préfèrent leur confort de ne faire attention à rien, quitte à ce que d'autres ne survivent pas. Faîtes attention aux images de moutons, de révolte, de complot, tout ce qui peut influencer les gens. Pas de prosélytisme anti mesures "liberticides". Considérons que prendre soin les unes des autres n'est pas un liberticide, c'est la Vie ! Cela aurait dû être le principe d'humanité .... Malheureusement pas de l'Humanité.

Si vraiment la Terre est peuplée d'individualistes .. Alors peut-être que mourir n'est effectivement pas une sanction mais une libération de cette toxicité.

Merci de votre lecture et du temps passé. Comprenez que vous avez très clairement orienté le débat et ce n'est pas prompt à une discussion philosophique. Je comptais reprendre les cafés philos en septembre maintenant que ma fille n'a pas besoin de moi H24, mais la pandémie fait que je me méfie des personnes peu respectueuses. Si je savais les gens raisonnables, je serais déjà revenu .. Voyez comme ma liberté individuelle est entravée par le comportement égoïste des gens. Les personnes âgées et /ou fragiles non plus ne viennent plus dans les restaurants pour ce motif. Ont-elles hurlé au complot pour les empêcher de sortir ?

Signé: un mouton qui pense à sa santé mais aussi à celle des autres.
PS: Croyez bien que si je vous ai répondu, c'est bien parce que je vous crois suffisamment éclairé, réfléchi et capable de vous remettre en question ... Je ne réponds jamais aux imbéciles, c'est une peine perdue.

Bonne journée,
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Jeu de rôle : vous êtes président, vous gérez la crise, quelles décisions prenez-vous ? Sujet pour lundi 19.10.2020 il y a 24 minutes #3

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René G. écrit:
je suis atterré par votre discours et cette orientation ... C'est précisément par ces comportements que le virus existe encore. Si tout le monde était respectueux de la santé publique et avait respecté des mesures de précautions afin de protéger les autres, l'épidémie se serait tout simplement éteinte faute de vecteur de transmission.

Cela prendrait trop de temps de répondre à chacun des problèmes soulevés dans le message de mon interlocuteur, je retiens néanmoins un problème de fond : le rapport entre la liberté individuelle et collective. Nécessairement l'une s'articule à l'autre. Je partage l'idée selon laquelle, aucune des deux ne doit être sacrifiée pour l'autre, car nous aurions alors affaire à deux formes d'extrémisme : l'impérialisme de l'individualisme sur le collectif ou son contraire, l’impérialisme du collectif sur les libertés individuelles. C'est cette dernière qui tend à s’imposer dans le cas présent dans ce qui s'apparente à une dictature sanitaire : les mêmes règles pour tous, malgré la diversité des situations.

Se pose en fait la question des valeurs qui doivent articuler ce rapport entre ces deux aspects de la liberté (individuelle et collective). Les deux nous sont chères et les deux se construisent l’une en rapport avec l’autre.

Dans notre débat, Rémi, David, Maryline…(et d’autres) ont soulevé l’idée selon laquelle, notre gouvernement « tue » l’esprit critique, tue la démocratie, tue la liberté de parole par sa politique hyper libérale et la répression violente de toute contestation.
L’autre problème soulevé est liée à une déformation induite par l’intelligence informatique qui ne nous conduit plus à réfléchir (à interagir), mais à faire confiance à des programmes, dont on présuppose qu’ils sont plus intelligents (compétents et efficaces) que les êtres humains…. Ils le sont probablement (et seulement dans des champs très restreints) … mais nous aurions tort de penser que les êtres humains se réduisent à des programmes, et qu’il suffit de les faire fonctionner.

La suite de ma ou notre réponse tiendra dans le compte-rendu du débat qui suivra ci-dessous. En effet, les propositions qui ont été formulées durant notre échange laissent entrevoir des possibilités qui remettent l’être humain au cœur des choix qui sont à faire, et non comme devant simplement subir des logiques comptables, comme devant suivre les procédures d’un comité d’experts choisi par un gouvernement, et à l’abri duquel, ce dernier, justifie sa politique.
Pour ce qui est des valeurs à mettre en "exemple", plutôt que l'obéissance, la discipline, l'autoritarisme, la soumission, le suivisme, le conformisme, la peur, la sécurité ...il s'agit précisément de réunir les conditions pour que celles-ci, les valeurs, naissent de nos échanges.
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