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SUJET: Sujet du lundi 13.09.2021 ATTENTION NOUVEAU LIEU DE RENCONTRE CHEZ REGINALD. Sommes-nous régis par une dictature sanitaire ? + réponse à un participant + compte-rendu

Sujet du lundi 13.09.2021 ATTENTION NOUVEAU LIEU DE RENCONTRE CHEZ REGINALD. Sommes-nous régis par une dictature sanitaire ? + réponse à un participant + compte-rendu il y a 9 mois 2 semaines #1268

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Merci à Réginald qui accueille nos rencontres "café philo" dans sa villa au :
n°10 impasse Mon-Idée à Thonex (Suisse) à 100 mètres de la frontière Mon-Idée d'Ambilly.

La boisson est laissée à 1 euro (café, vin ou ce qui est disponible)
> On prend soin de l'endroit et on le laisse propre et rangé après usage.

Accueil dès 18h45 pour se mettre en place. Débat à 19h00


Transport
Depuis Genève : Bus 32, 37 arrêt : Mon Idée

Depuis Annemasse : Tag n°3, arrêt : Edelweiss ou Martinière (douane Mon-Idée)
Google map ici

Si vous venez en voiture, merci de vous parquer dans la rue Mon-Idée (et non dans l'impasse)

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Le prochain sujet
Rappelons que chacun est invité à présenter le sujet de son choix. Il suffit d'introduire une question en quelques minutes, et de donner quelques éléments qui expliquent pourquoi elle se pose (comment comprendre la question qui est posée). Il revient aux participants présents de traiter la question, et non de s'entendre donner des leçons B) (personne n'est le professeur de personne, et chacun contribue à la réflexion du groupe en même temps qu'il travaille à sa propre pensée)

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Sommes-nous régis par une dictature sanitaire ?
D'un côté, il y a ceux qui dénoncent la dictature sanitaire qui sévit en France et, de l'autre, ceux qui donnent raison à l'autoritarisme du gouvernement et à une "science" faite dans le secret d'un conseil de défense : "Face à une pandémie, c'est un inconvénient d'être dans une démocratie". disait Axel Kahn. (Notamment dans les Invités du Matin, ici le 06.10.2020)
Bien entendu, Macron s'en défend : “Nous n’avons jamais suspendu la vie parlementaire, et toutes les mesures restrictives ont été votées par la loi. Nous sommes le seul pays qui a eu autant de contrôles parlementaires pendant la crise. Nous sommes le seul pays d’Europe dont les ministres sont convoqués devant le juge en temps de crise” (...) Le gouvernement répond à des commissions d’enquête parlementaire, à la Cour de justice de la République, à des magistrats. Les données épidémiologiques sont publiques et quotidiennes. Enfin, soyons sérieux!” (Source ici, Huffingtonpost)

Mais, entre les mots, les faits : Les données épidémiologiques sont celles que le gouvernement présentent comme des vérités, alors qu'elles ne font pas du tout consensus sur le plan scientifique. Le conseil scientifique du gouvernement est hors la loi, il ne tient pas de compte rendu, de procès verbaux, d'enregistrement des discussions qui sont à l'origine de ses propositions. Il ne soumet pas à la communauté scientifique et à la contradiction les références, les études cliniques sur lesquelles il s'appuie. (Source ici, Maître Clarisse Sand.) .
La loi sur l'état d'urgence sanitaire est prorogée sans discontinuité depuis le début de la crise en 2020, alors qu'elle devrait être et rester une mesure exceptionnelle (voir ici le recours tenté par le mathématicien Vincent Pavan et le déni que lui oppose le Conseil d'Etat). Initialement, le texte prévoit que, au-delà d'un mois, sa prorogation doit être autorisée par la loi. Mais le Parlement et le Sénat l'ont à nouveau prorogée jusqu'au 31 octobre 2021 (voir ici sur Vie Publique ou ici sur Public Sénat)
- Le pass sanitaire impose de fait une vaccination, alors que son efficacité est scientifiquement constestée en particulier pour les sujets de moins de 60 ans et pour enrayer l'épidémie (puisque l'on peut être vacciné et contagieux). la Cour européenne, de son côté, via le Conseil de l'Europe, à ne pas confondre avec l'UE, ne peut rendre illégale l'obligation de vaccination, mais la déconseille officiellement, notamment en raison des disciminations sociales qu'elle peut entrainer. (Voir ici, le point 7.3.1 du texte de l'Assemblée parlementaire)
- Pour un regard sur les actualités, vous connaissez les principaux (France Culture, le Monde, Libération, Médiapart, etc, qui ne sont que les portes-voix du gouvernement), je vous invite alors à écouter l'hebdo de Cemil (Média) : En France, les contre-pouvoirs n'existent plus. Cliquer ici, durée 16mn

Pour info, l'état d'urgence sanitaire autorise le Premier ministre à prendre par décret :
- des mesures limitant la liberté d'aller et venir, la liberté d'entreprendre et la liberté de réunion (y compris des mesures d'interdiction de déplacement hors du domicile) ;
- des mesures de réquisition de tous biens et services nécessaires pour mettre fin à la catastrophe sanitaire ;
- des mesures temporaires de contrôle des prix ;
NORMALEMENT : Ces mesures doivent être proportionnées aux risques encourus. Or la publicité faite sur ces risques trompe les citoyens sur son ampleur, sur sa gravité. Tandis que les mesures prises par le gouvernement semblent causer plus de victimes et de tort que le virus lui-même. Rappelons qu'il n'existe pas d'excès de mortalité pour l'année 2020 (mortalité toute cause), voire une sous-mortalité jusqu'à présent pour l'année 2021. Source : Pierre Chaillot de Décoder l'eco.
- De son côté, le ministre en charge de la santé a le pouvoir de prescrire par arrêté motivé toutes les autres mesures qui s'inscrivent dans le cadre défini par le Premier ministre. Rappelons que les médecins se sont vus interdits de prescription de la médication de leur choix (voir ici l'article de la revue Le quotidien du médecin)

Définition de dictature
Etymologie : du latin dictatura, magistrature exceptionnelle de la République romaine attribuant tous les pouvoirs à un seul homme pour un mandat strictement limité.
La dictature est un régime politique arbitraire et coercitif dans lequel tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains d'un seul homme, le dictateur, ou d'un groupe d'hommes (ex : junte militaire). Le pouvoir n'étant ni partagé (pas de séparation des pouvoirs), ni contrôlé (absence d'élections libres, de constitution), les libertés individuelles n'étant pas garanties, la dictature s'oppose à la démocratie. Elle doit donc s'imposer et se maintenir par la force en s'appuyant sur l'armée, sur une milice, sur un parti, sur une caste, sur un groupe religieux ou social. (Réf. Toupie)

Définition du totalitarisme par Arendt
« Hannah Arendt trouve tardivement une définition, le mixte d’idéologie et de terreur. Arendt n’a jamais voulu entrer dans le jeu qui a fait couler de l’encre : qu’est-ce qui est le plus important ? La propagande ? Le parti unique ? Pour Arendt, ce qui est important, c’est l’idéologie, la logique d’une idée, une idée qui se détache de ce qu’est le fonctionnement des idées, et qui finit par adopter sa propre logique, qui devient folle au sens où elle ne reconnaît plus de choses qui peuvent l’arrêter. Et sur le plan plus empirique, la terreur : de la terreur quotidienne jusqu’au camp de concentration, l’endroit où le système totalitaire vérifie l’hypothèse de l’idéologie, que l’homme est superflu… » Pierre Bouretz sur Réseau Canopé ici.

Autres questions corrélées à notre sujet :
- Peut-on faire confiance à l'opinion publique ?
- Comment penser et décider en situation d'incertitude ?
- L'être humain (et les sociétés) peuvent-ils se réinventer ?
- Entre plusieurs choix, comment décider du meilleur choix possible ?
- Comment penser la liberté à plusieurs voix ?
- L'idée de démocratie doit-elle s'inscrire dans une perspective évolutive ?
- Peut-on faire évoluer un régime démocratique ?

Quelques disctinctions structurelles à opérer entre : l'Etat, le gouvernement, les administrations, les institutions, les partis politiques, les associations d'usagers qui sont des "organes" et, par ailleurs, des modalités de vote, de représentation, d'élection de représentants, de prises de décision, de choix de valeurs, qui relèvent de modes d'action et d'une vision.

Ressources
- Michel Foucault - Naissance de la biopolitique 1. Cours au Collège de France.
- Le biopouvoir à l’épreuve de la vie. Article du Le Devoir.
- Dictature, tyrannie, totalitarisme. Une rapide distinction par Hannah Arenth (vidéo de 3mn)
>> Voir ici la suite de l'interview d'Hannah Arendt (si vous le souhaitez)
- La démocratie participative. Une vidéo de 15mn de Loïc Blondiaux, professeur de science politique
- Démocratie participative : quels outils ? Plusieurs auteurs réunis par la Cité des Sciences et de l'Industrie
- Recherches sur la démocratie et la participation. Elisa Lewis et Romain Slitine présentent Le coup d’État citoyen. Ces initiatives qui réinventent la démocratie. Vidéo de 59mn
- Le numérique peut-il réinventer la démocratie ? Conférence avec Julia Cagé, Dominique Cardon, Grégoire Lemarchand. Science Po.
- Penser l’après : Sciences, pouvoir et opinions dans l’après Covid-19. Article de Bernadette Bensaude-Vincent
Philosophe, Sorbonne.

Pour des ressources critiques portant sur la gestion de la pandémie :
- Sur la non-légalité du conseil scientifique de Macron, c'est ici. Résumé et vidéo de Maître Clarisse Sand
- Etat d’urgence sanitaire : le scandaleux déni du Conseil d’Etat. (Cliquer ici) accès direct à la vidéo de Pierre Chaillot.
- Sur le nombre de morts qui ne correspond pas à la publicité qui en est faite. (Cliquer ici pour le résumé et l'accès à la vidéo). Pierre Chaillot de Décoder l'eco
- Le débat entre Emmanuel Todd et Barbara Steigler quant à l'analyse de la gestion de cette crise par le gouvernement. (Cliquer ici)
- Ci-dessous, une image du texte réglementaire de l'Assemblée parlementaire sur la préconisation de la liberté vaccinale (mais il n'y a pas, à trictement parlé, d'interdiction légale pour imposer le vaccin) (accès vers l'original ici)

- D'autres vidéos et articles sont résumés dans le fil de ce forum (sur la valeur des tests, des vaccins, du droit, mais aussi sur des "conflits philosophiques" et des manières d'analyser la gestion de la crise du gouvernement. Voir ici, ce forum est mis à jour chaque semaine.

Note méthodo : Lorsque nos sujets touchent à la gestion de la pandémie, il est bon de scinder dans un premier temps les différents champs à questionner, celui du politique, de la justice, de la santé, de la recherche, du traitement médiatique, de l'économie, de l'éducation. Certes, tous ces champs sont concernés par la gestion de la crise, mais il nous revient de les distinguer, puis de montrer, si le débat y conduit, comment ils interagissent entre eux et comment ils s'inter-influencent. Aujourd'hui, nous questionnons le registre politique de cette gestion de crise.
La pandémie, une crise systèmique (un fait social total, Marcel Mauss)
Dernière édition: il y a 9 mois 1 semaine par René G..
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Sujet du lundi 13.09.2021 ATTENTION NOUVEAU LIEU DE RENCONTRE CHEZ REGINALD. Sommes-nous régis par une dictature sanitaire ? il y a 9 mois 1 semaine #1273

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Réponse à un participant + compte-rendu de séance.

Merci à Claude Mikler pour son commentaire sur l'introduction du sujet de la dictature sanitaire. Je le reproduis ci-dessous avec son autorisation :
"Ce qui doit être un débat est complètement biaisé car l’introduction et son développement sont à charge contre les décisions du gouvernement et reprennent quasi intégralement les slogans des manif de chaque samedi ….. !! Quel débat dans ces conditions ? Pharmacien et chercheur je suis très déçu de cette présentation"
Meilleures salutations
Claude MIKLER

Ma réponse :

Bonjour Claude,

Oui, l'introduction à la question (dans le message suivant en bas de page) : sommes-nous régis par une dictature sanitaire ? est plutôt à charge. Vous avez raison de le souligner.
Mais ce qui importe, ce n'est pas vraiment la question de départ, c'est son traitement mais aussi, les règles de la distribution de la parole. En l'occurrence, celui qui introduit le sujet, de même que le président de séance, et cela est vrai pour tout autre participant, personne (dans les cafés philo traditionnels) ne fait autorité par son titre, son rôle ou par une quelconque prérogative. Chacun demande la parole et l'obtient à son tour, avec une priorité donnée à ceux qui s'expriment le moins. Lors de l'annonce des règles, j'invite également les participants à être attentif à l'idée de faire évoluer le débat, à prendre en compte ce qui a été dit, et à rechercher les problèmes qui se posent au fur et à mesure où ils se dégagent, plutôt qu'à s'enferrer sur ses positions. Ainsi, c'est bien à une réflexion "collective" à laquelle chacun est convié et non à une bataille d'idées, à la défense de son pré carré. Il s'agit de ne pas reproduire ce à quoi nous assistons le plus souvent dans les débats télévisés ou dans des cercles privés, ce qui conduit d'ailleurs souvent les groupes (les amis, des connaissances, mais aussi la famille) à éviter les discussions sur les questions qui fâchent, plutôt qu'à apprendre à débattre des problèmes "sensibles", à essayer de se distancier de ses émotions pour tenter de construire une pensée structurée. On se distingue également, au café philo d'Annemasse, des cafés philo ou ateliers-philo dans lesquels les responsables se posent comme "enseignants", formateurs ou "transmetteurs" d'un enseignement spécifique. Non, on ambitionne surtout de mettre œuvre un cadre qui favorise la construction d'un débat "intelligent", c'est-à-dire, qui clarifie les questions qui se posent à partir de la diversité des participants et de leur sensibilité, à partir de la multiplicité des apports qui en découle.

Lorsque l'introduction rapporte une question entendue dans les médias (celle de la dictature sanitaire), le plus souvent, par exemple ici, sur France Culture (les idées claires avec Nicolas Martin), l'émission supposée lutter contre les fakes news, le problème de la dictature sanitaire est désamorcé et le journaliste n'oppose aucune contradiction consistante à son invité, juste de quoi lui permettre d'enfoncer le clou. Résultat de l'interview, l'invité déroule en toute aisance l'argumentaire d'une bien pensance : les institutions fonctionnent, nous ne sommes pas dans une dictature. Tout se justifie. Il suffit de voir ce qu'est une vraie dictature (Chine, Russie).
Autrement dit, le problème n'est pas traité et les "râleux" qui s'en plaignent dans notre pays sont disqualifiés sur le champ. Ce sont des complotistes, des gilets jaunes, les perdants de la société de consommation, les incultes et les non-éduqués qui ne savent pas s'y retrouver.

La question de la dictature sanitaire se justifie par le fait qu'elle est reprise ici et là dans les médias, elle est donc dans l'air du temps, et le café philo a vocation à traiter des problèmes qui se posent dans notre société (c'est même son premier usage si l'on remonte aux origines des cafés philo avec Marc Sautet). La charge que je dresse contre le gouvernement s'explique alors, je dois montrer qu'elle existe : interdiction faite aux médecins de prescrire, exercice hors la loi du conseil scientifique par rapport au code de la Santé publique, etc.
Mais au niveau du traitement de la question, il s'agit de s'orienter vers un niveau d'analyse plus profond, et de ne pas seulement s'en acquitter par une réponse affirmative ou négative, en particulier lorsque l'introduction est "à charge". C'est là que sont requis des aptitudes à philosopher ou une volonté de s'y efforcer, et c'est là également que se justifient les ressources que je mets en lien dans le forum à la suite de l'introduction du débat.

L'aptitude à philosopher ou une volonté de s'y efforcer
Pour faire simple, on part seulement du principe que personne ne sait tout, que le point de vue de chacun est limité, et que l'on a intérêt à se comprendre si l'on veut "dialoguer", si l'on souhaite aller plus loin que là où notre propre pensée nous a conduit jusqu'à présent. On rattachera notre définition de la philosophie à ce qu'Edgard Morin en disait : c'est une puissance d'interrogation gardée vivante. C'est en cela qu'on se donne quelques règles et outils que l'on offre à tout nouveau participant (livret d'accueil à télécharger ici)

La question des ressources mises à disposition
Il s'agit de suggérer des clés d'interprétation de ce que nous vivons aujourd'hui. Sur le thème de la dictature sanitaire, j'ai mentionné Michel Foucault, des approches sur La démocratie participative, mais aussi, Julia Cagé, l'article de Bernadette Bensaude-Vincent, etc... Bref, l'idée étant que si des participants ont le temps de les consulter, ils peuvent en apporter des éléments pour enrichir le débat. Enfin, derrière les connaissances, celles suggérées dans les ressources et celles dont les participants disposent de par leurs expériences de vie, le projet d'échange vise à affiner la qualité de nos argumentations dans un milieu ouvert (un débat non formalisé comme un cours auquel on vient assister). On observera que nos arguments sont fonction des connaissances que nous avons et, dans la pratique du débat, la valeur des raisonnements (les logiques et leurs biais ) et les apports de connaissance (dans les différentes disciplines, et pas seulement en philosophie) doivent trouver les moyens de bien s'articuler pour que chacun se fasse comprendre de son auditoire. Par ce faire, nous nous donnons les moyens d'estimer la valeur de notre propre pensée à mesure que nous la formulons. En cela, nous faisons ouvertement (en public) exercice de penser en même temps qu'examen des éléments (en les soumettant aux autres) par lesquels nous justifions notre pensée.
Ps : lorsqu'un sujet est complexe, comme la crise sanitaire (un fait social total pour reprendre le concept de Marcel Mauss), il peut être bon de proposer une "méthode" (une entrée pour le traiter), c'est la raison pour laquelle j'ai proposé le schéma d'une crise systémique (voir en bas de page de l'introduction du sujet). C'est juste une proposition, et d'autres propositions sont les bienvenues.

Fin de mes explications. Merci de votre attention.
Bien cordialement.
René Guichardan

L'occasion m'est donnée de rédiger un mini compte-rendu de ce premier débat tenu chez Réginald (une image du lieu ci-dessous)

Nous étions une vingtaine de personnes. Laurence a distribué la parole. J'ai proposé à ceux qui le souhaitaient, de donner un premier avis sur la question de la dictature sanitaire, et que l'on fasse ensuite évoluer le sujet en recherchant les questions qui se posent au niveau de la gestion politique de cette crise. Nous avons eu la chance de voir participer un député genevois (nous sommes en Suisse) à notre débat. L'ambiance était conviviale, les participants ont apprécié les échanges et la chance de pouvoir traiter d'un sujet sensible sans monter le ton.

Quelques problématiques soulevées lors de notre échange
Du point de vue de l'élu, toutes les procédures et toute la loi ont été prises en compte, nous ne sommes pas dans une dictature. Pour une autre personne venant d'Inde : dans mon pays, on espère obtenir le vaccin, c'est la dictature de la pauvreté, on ne viendrait pas à se plaindre des contraintes d'un gouvernement qui oblige à la vaccination. Un autre participant a exprimé sa réserve quant à la critique de la démocratie : nous pouvons nous y exprimer ouvertement, les vraies dictatures, c'est autre chose. Sous-entendu, sachons reconnaître les avantages que nous avons, sachons nous en contenter.
Du point de vue de ceux qui estiment que nous sommes dans une forme de dictature sanitaire : les mesures sont disproportionnées, inadaptées à la diversité des cas, à la complexité de la maladie, à l'hétérogénéité des régions et de leurs ressources, de plus, nous ne pouvons plus nous socialiser, nous ne sommes plus libres de travailler, d'échanger et d'accéder à des informations transparentes (sourcées, constextualisées)...

> Nous avons eu donc affaire à une première salve d'arguments parmi les plus entendus, les plus communs. Mais il s'agissait d'en faire le tour rapidement et de saisir au vol d'autres éléments dans ce premier tour de parole.

La question a été posée de la compétence du public, de la liberté d'opinion à qui l'on remettrait les clés de la démocratie. Il s'agit là d'un argument classique et discriminant en ce qu'il laisse supposer que, seuls les sachants sont en mesure de prendre des décisions. En conséquence, je fais confiance au gouvernement, à la science, aux experts qu'il mandate, aux pharmas, car il n'est pas dans leurs intérêts de nous tromper. Il est inconcevable qu'ils le fassent dans ce moment de crise, cela se retournerait aussi bien contre eux que contre l'intérêt du pays.

> Ce second niveau d'argumentation aborde dans le fond la question de la valeur de l'égalité en démocratie (les autres valent-ils autant que moi, savent-ils autant de choses que moi, sont-ils aussi compétents que moi ? etc.). C'est en fait la question de la "démocratie" et de ses dérives (populisme, hyper-administration, séparation des pouvoirs, lobbying , etc.) qui sont posées. Ce niveau d'argmentation se rapproche également d'une question de fond en anthropologie : qu'est-ce qui fait "autorité" (principe de sécurité et principe de fonctionnement, de motivation) pour soi et pour la société ? Et plus largement, c'est la question de l'éthique, des rapports à la justice et des principes qui la guident qui sont également posés.

> Un troisième niveau d'argumentation s'ouvre, il touche au thème de la liberté : suis-je libre de désirer ce que je désire ? Sous-entendu, suis-je prisonnier de mes désirs, conditionnés par eux ? Est-ce contre cette liberté que je me révolte ou contre une liberté plus fondamentale ? Sommes-nous libres dès lors que nous désirons quelque chose ? A un autre niveau, sommes-nous libres de nous constituer en société comme nous le souhaitons (avec les lois et les constitutions que nous formulons lors de délibérations) ? Les délibérations sont-elles un produit de la liberté, d'une libre pensée ?

> Enfin, à mon avis, un quatrième niveau d'argumentation affleurait dans le débat, il fait la jonction entre les contraintes par lesquelles nous constituons sociétés et les mesures de la liberté que nous nous donnons lorsque nous vivons une crise majeure. Quelle est notre possibilité de questionner les fondements, les modèles, les acquis sur lesquels nous reposons soit, en tant qu'individu, soit en tant que société, comme c'est le cas aujourd'hui avec la crise sanitaire ? Pourtant cette crise n'est qu'un avant problème de la question plus vaste du climat dans laquelle nous sommes entrés de plein pied. Comment, au niveau politique, les responsables s'y préparent et y préparent-ils le pays ? A l'aune de la gestion de cette crise, nous ne les voyons pas faire oeuvre de transparence, de responsabilité. Mais y sont-ils mieux préparés que nous, citoyens lambdas, à y faire face ? Devons-nous leur laisser les pleins-pouvoirs alors qu'ils ne rendent compte pas de la manière dont ils exercent les leurs ? En raison des responsabiltés qui leur sont confiées; en raison de la mission de sauvegarde de l'idée d'un "intérêt commun pour tous" qui fonde leur fonction, les élus ne doivent-ils pas se montrer plus "transparents" dans les processus de décision qui motivent leur choix ?

Questions qui peuvent se poser à la suite de ce débat :
De quelles manières les élus se soucient-ils encore du bien commun ?
De quelle manière l'idéologie qui les anime conditionne-t-elle l'idée de "bien commun" qu'ils estiment défendre ?
De quelle manière rendent-ils compte du bien commun qu'ils disent défendre ?
De quelle manière se protègent-ils du risque de corruption (d'influence) dont ils font l'objet (les lobbys) ?
De quelle manière oeuvrent-ils pour rendre accessible la démocratie et ses institutions à tous les citoyens ?
De quelle manière oeuvrent-ils pour faire évoluer le projet "démocratique" ?
De quelle manière se forment-ils aux savoirs d'aujourd'hui ?
De quelle manière écoutent-ils les populations et se mettent-ils à leur service pour faciliter les interactions, la mobilité sociale, une plus grande égalité des chances ?
De quelle manière oeuvrent-ils pour rendre transparents les processus de décision qu'ils prennent, les ressources et les experts qu'ils consultent, les finalités qu'ils visent ?
De quelle manière font-ils l'évaluation des conséquences qui résultent de leur décision avec les populations qui doivent en payer le prix ?
De quelle manière les élus font-ils leçon des expériences qu'ils font ? Où sont leur remise en question ?
- etc.

En dernières ressources, je poste ce lien d'un échange zoom (sept 2021) entre Ciryl Dion et Jancovic, le contexte et le processus de mise en place de la Convention citoyenne pour le climat y est bien expliquée. C'est très intéressant. Cliquer ici pour y avoir accès.
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