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SUJET: Sujet libre ce lundi 20.06.2022 à 19h00 chez Maitre Kanter. Annemasse + compte rendu (Pourquoi on entend peu les philosophes critiquer la gestion des crises d'aujourd'hui ?)

Sujet libre ce lundi 20.06.2022 à 19h00 chez Maitre Kanter. Annemasse + compte rendu (Pourquoi on entend peu les philosophes critiquer la gestion des crises d'aujourd'hui ?) il y a 3 mois 1 semaine #1495

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Le sujet sera choisi parmi les questions proposées par les participants

Par un vote ou un échange ouvert, on retient la question qui semble motiver l'attention des participants présents.
- On cherche à dégager les enjeux de la question : en quoi il y a problème (sur un plan existentiel, relationnel, social, politique) et on interroge les dimensions de vérité et d'éthique que nos propositions soulèvent.
- De fait, nous faisons philosophie par la capacité à questionner les raisons par lesquelles on pense. (Quelques éléments d'explications sur la philo dans les cafés philo, ici)
- Nous avons remarqué que lorsque des participants avaient sous le coude, une citation, un témoignage de ce qui les avait interpelés dans la semaine, ou une question à laquelle il pensait déjà, que cela facilitait parfois la prise de décision du sujet.
- Apprendre à réfléchir ensemble pour dégager un problème et formuler une question s'inscrit dans une démarche première en philosophie.
- La formule traditionnelle des cafés philo où un participant souhaite préparer une question avec quelques ressources est toujours ouverte, il suffit de l'inscrire dans l'agenda et de l'introduire en une poignée de minutes le jour venu.
Le compte rendu du sujet de la semaine passé :
- Penser, est-ce dire "non" ? Cliquer ici.
+ Synthèse de : Peut-on philosopher à partir d’appréhensions différentes de la réalité ?
Règles de base du groupe
- La parole est donnée dans l'ordre des demandes, avec une priorité à ceux qui s'expriment le moins.
- Chacun peut prendre la parole, nul n’y est tenu.

Pour limiter les effets de dispersion dans le débat
- On s'efforce de relier son intervention à la question de départ, de mettre en lien ce que l'on dit avec ce qui a été dit.
- Pour favoriser une circulation de la parole, de sorte à co-construire le débat avec les autres participants, on reste concis.
- On s'attache davantage à expliquer la raison de sa pensée, plutôt qu’à défendre une opinion.
- On s'efforce de faire progresser le débat.
- Concrètement, on évite de multiplier les exemples, de citer de longues expériences, de se lancer dans de longues explications, mais on va au fait de son argumentation.
Avec ou sans préparation, chacun est le bienvenu, les cafés philo sont par définition, contre toute forme de discrimination et de sélection par la classe sociale, le niveau scolaire, etc.

René Guichardan, café philo d'Annemasse.
> Lien vers les sujets du café philo d'Annemasse, ici.
> Lien vers notre forum anti-covid, anti complotisme ici.
- Lien vers notre forum sur le thème de la guerre Russo-Ukrainienne.
> Vous pouvez nous rejoindre sur notre groupe Signal (cliquer ici)
Dernière édition: il y a 1 mois 3 semaines par René G..
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Sujet libre ce lundi 20.06.2022 à 19h00 chez Maitre Kanter. Annemasse il y a 3 mois 5 heures #1502

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Compte rendu de la séance

Deux questions proposées
- La philosophie suppose-t-elle d'être portée par une foi ? (par une croyance laïque ou métaphysique, par une espérance non identifiée à propos d’une idée de l'homme, de ce qu'il est au fond de lui ?)
- Pourquoi on entend si peu les philosophes critiquer la gestion de nos crises d'aujourd'hui ? (Qui sera la question retenue pour ce soir).

Ambiance
Nous avons commencé à 5 personnes (dont 1 nouvelle), 5 autres personnes sont arrivées avec un peu de retard. La situation d'échange, en petit groupe, permet très souvent d'aller plus loin (largement), plus précisément et plus profondément dans l'examen d'une question.

Quelques problématiques développées autour de la question :
Si les philosophes ne sont pas là, est-ce de leurs fautes ? N’est-ce pas plutôt celles :
> des médias ? (qui préfèrent le coup de buzz et où seuls quelques « philosophes » médiatiques se prêtent à ce jeu ?)
> du public (trop occupé à vivre, à travailler, ou qui préfère se distraire, obtenir des réponses, plutôt que se questionner ?)
> de la philosophie, qui pose des questions plutôt qu’elle n’apporte de réponse ?

Par ailleurs, à propos du public, qui a le temps de se questionner, de s’informer, de s’instruire des humanités et de l’histoire de notre monde, alors qu'il devient de plus en plus "précaire", que chacun se trouve préoccupé par sa propre survie ?
Quel est le rôle du philosophe dans la cité (comparativement à la cité grecque et à aujourd’hui) ?

Quelques propositions glanées ici et là parmi les interventions des participants.
L’actualité ne relève pas du champ de la philosophie. Le temps des philosophes n’est pas celui des actualités et des problèmes de notre monde. Il est celui du concept, de la recherche, d’une quête exigeante…

> Il y a des productions philosophiques sur la crise (Barbara Steigler, Michael Spheld…), il est vrai qu’elles ne sont pas majoritaires.
Mais je me demande si les « vrais » philosophes sont compris à la hauteur des problématiques rencontrées ? Par ailleurs, et par rapport aux crises de notre monde d’aujourd’hui, ce sont toutes les dimensions de la vie, de la société, de la politique, de l’économie et de nos interactions avec chacun qui sont concernées.
Je ne suis pas certain non plus que l’on soit capable de lire de la philosophie, de lire quelque chose qui nous « déplace ». Il y a l’exigence du texte, la disponibilité intérieure d’enquêter et le temps libre que les vicissitudes du quotidien laissent à chacun.
Le monde a changé (les bouleversements sont majeurs), il est possible que nous n’ayons pas d’analyse immédiate, de réponse prête à l’emploi ou qui nous viendrait du passé.

J’ai aussi le sentiment que les problèmes philosophiques « scolaires » correspondent à une époque révolue. Par exemple, il est intéressant de soulever le problème du choix biologique de la vie (préserver la vie à tout prix) que l’on oppose à la liberté d’exposer sa vie (Comte-Sponville), mais ce n’est qu’un aspect, certes essentiel, d’un problème de la gestion de cette crise covid. En effet, ce choix de préserver de la vie à tout prix (au détriment de l'économie, des rituels de sépulture, des échanges, etc) n'explique pas, à lui seul, les raisons pour lesquelles tout l'appareil d'Etat s'est engouffré dans cette voie durant des mois.

Je distinguerai d’un part, les problèmes existentiels, ceux du sens de la vie, de la liberté et de l’éthique, qui sont proprement philosophiques et, d’autre part, les questions qui portent les savoirs d’aujourd’hui, sur l’organisation, l’administration, l’économie et les procédures de prise de décision et ce, bien qu’il y ait des interstices entre ces deux champs (philosophique et pratiques politiques). En effet, les questions de sens et celles des pratiques doivent être distinguées car aujourd’hui, les savoirs et savoir-faire pratiques sont immenses mais ils ne sont pas coordonnés et mis en cohérence pour aboutir au meilleur résultat souhaité par rapport à l’éthique générale de nos valeurs (liberté, égalité, fraternité)

Par exemples :
Pour résoudre un conflit, les médiations existent, et il y en a de toute sorte. Idem pour des problèmes scientifiques complexes, nous savons lancer des robots sur des comètes lointaines, tandis que pour la médecine et la politique, on saurait mettre en place les réponses les plus appropriées. En effet, l’ensemble de ces pratiques repose sur des méthodes d’observations éprouvées, sur des expériences, sur des questions d’éthiques appliquées, des déontologies, sur toute une histoire des humanités et de l'épistémologie. Du côté des sciences politiques, on saurait se réformer si les dirigeants le souhaitaient. On peut réformer les modalités du vote, encourager la création de comités citoyens, réviser le statut des élus…
Or, ce n’est pas fait. Pourquoi ?
Pourquoi, les meilleures ressources humaines dont nous disposons ne sont pas mises à contribution, tandis que le pouvoir de décision est confisqué par une minorité politique qui légifère sous ordonnance et prend décision sous le statut du secret défense ?
Tout le monde devrait le dénoncer, et non seulement les philosophes, qui ont probablement les mêmes difficultés que tout le monde.

Une conclusion-synthèse :
Les philosophes sont des gens comme tout le monde, ils peinent autant que d'autres à se reformer, à se questionner, à coopérer, à prendre des risques, à s'exposer à la critique "officielle". La capacité critique (discernement et savoir) appartient à chacun, elle est exigeante en termes de volonté, de lucidité et de savoir-faire, elle se met en oeuvre dans sa pratique, à chaque occasion et selon ce qui dépend de soi, par opposition à ce qui n'en dépend pas. (Épictète).
Donc pourquoi les philosophes ne sont pas davantage présents que d'autres personnes dans un rapport critique à la gestion des crises de notre temps (alors que la philosophie est experte en formation de la pensée critique) ? Comme toute procédure, une pratique peut devenir "routinière" et ne plus être adaptée aux circonstances et à la nouveauté radicale de son temps.

Des ressources :
- Bernard Steigler. - Qu'appelle-t-on panser ?
- Harmut Rosa. Accélération et désynchronisation, concepts clés d'un dialogue global. Conférence/interview à la Bibliothèque de Marseille. Avril 2022. Cliquer ici.
- Corine Pelluchon. La considération, une éthique des vertus. Un zoom conférence. Avril 2022
- Barbara Steigler. » Sida / Covid et les 20 ans de la démocratie sanitaire (la loi Kouchner). Cliquer ici.
- Par rapport à l'épistémologie, deux liens qui me semblent important :
- Le chercheur-biologiste Pierre Sonigo Inserm : qu'a-t-on fait des savoirs durant la crise Covid ? (cliquer ici).
- Anna Soto : pourquoi on ne peut comparer les sciences de la physique et de la mécanique aux sciences du vivant ? Voir ici
Arturo Ascobar,
Philippe Descola

Sujet corrélé :
Peut-on philosopher à partir d'une appréhension discordante de la réalité ? (avec schéma, cliquer ici)
Activité corrélée :
Une présentation du café philo d'Annemasse à l'université de Grenoble (séminaire Phileduc). Cliquer ici.
Illustration ci-dessous, le plan de séance suivi.

Dans le message ci-dessous, réponse a postériori des deux grandes questions qui ont été posées.
Dernière édition: il y a 2 mois 3 semaines par René G..
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Sujet libre ce lundi 20.06.2022 à 19h00 chez Maitre Kanter. Annemasse il y a 2 mois 3 semaines #1508

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Réponses aux deux questions essentielles du séminaire Phileduc>
La vidéo du séminaire de PhileDuc est ici

1° Comment passe-t-on de l’opinion ou de l’expérience personnelle au concept (dans une dvp avec des enfants) ?
2° Du rapport entre l’émotion (ce qui est ressenti) et la philosophie (les concepts et le caractère abstrait des activités de la pensée), quelle prise en charge de l'émotion durant les DVP ?

> 1° Comment passe-t-on de l’opinion ou de l’expérience personnelle au concept ?


Ex. : il est méchant, il m’a fait mal…
Méchant jugement porté sur la personne
> En philosophie, question liée à l’ontologie, à identité, au jugement, à la justice. Articulation axiologique : La valeur d'un acte définit-elle celle de la personne ?
Ex. d’un développement possible : l’acte a eu pour conséquence d'être douloureux, mais qu’est-ce qui fait mal ? le coup lui-même ou l’atteinte du sentiment de soi ? Y avait-il intention de faire du mal ?
Ex. d’une question que l’animateur peut poser à l’enfant ou au groupe : lorsqu’on fait mal à quelqu’un, est-ce que cela signifie que l’on est méchant ?

Aujourd’hui, une nombreuse littérature est consacrée à des situations d’exemples et peut inspirer tous les animateurs/professeurs d’ateliers philosophiques. Mais, peut-être faut-il s’occuper du « mal » de l’enfant (l’écouter, le rassurer, témoigner d’une attention) ? Et il n’est pas impossible qu’il y ait des contentieux entre les enfants en dispute.

Dès lors, l’objet d’attention de l'animateur n’est plus vraiment le versant pédagogique de la « philosophie », son objet d'attention porte alors sur ce que vit l’enfant, les conditions de son développement et, plus largement, sur l’éco-relation qui se tisse entre lui, l'enfant et le groupe. Plus loin encore, c'est la philosophie que l'animateur incarne dans sa pratique qui parlera pour lui.



D'une certaine manière, c'est l'ensemble de ces questions qui se posent à l'animateur, et chacune d'elle ouvrirait sur un questionnement conséquent si nous devions le développer. Dans notre échange avec le public de Phileduc, la question a été soulevée de la collusion possible entre la "philosophie" et la subjectivité de l'animateur, dans ses valeurs et sa manière d'orienter (délibérément ou pas) ses réponses. Dans tous les cas, on ne peut considérer qu'il n'y a que des réponses "neutres", entendues comme "sans effet ni conséquence" sur la perception de l'enfant, dans son rapport à lui-même et avec celui de la classe. Pour reprendre la citation de Jean Jaurès, qu'Edwige Chirouter rappelle dans l'une de ses dernières conférences : "On n'enseigne et on ne peut enseigner que ce que l'on est."

En cours d'écriture. Merci de votre compréhension.
Réflexions a posteriori :
Dans l'univers scolaire "contraint" des enfants, l'atout principal, du point de vue de l'animateur (c'est mon avis) est d'établir les conditions d'une rencontre, plutôt que celui de façonner le cadre d'une norme "philosophique" (pas tout de suite, mais ça viendra).
Cela est d'autant plus vrai que les enfants fonctionnent par "identification" (tout adulte symbolise un parent, une règle, la loi, etc.) il y a lieu de savoir s'adresser ou d'apprendre à le faire, à chaque enfant dans sa singularité, de créer une relation avec lui.
Puis, de faire désirer par tous (le groupe dont on s'occupe) le désir d'entrer en "philosophie" (par des animations, des jeux et le respect des règles qui permettent à une co-socialisation de s'établir.
Si l'on est deux pour gérer une animation, on s'en sort nettement mieux pour canaliser l'attention des enfants, ces derniers se sentent mieux encadrer, et on leur leur plus de liberté pour choisir leur figure d'inspiration.
Dernière édition: il y a 4 heures 36 minutes par René G..
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