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Fin de la beauté, fin de l'art ? c'est notre sujet du 20.01.2014, par Fabien

La discussion a commencée par René G., le il y a 6 années

Discussion en relation

Différentes questions peuvent se poser pour guider notre réflexion:

  • Quel est le but de l'art?
  • Pourquoi ce besoin de créer (de l'"inutile")?
  • Quels critères objectifs nous permettent de juger une œuvre d'art si la notion de beauté est subjective?
  • Peut-on mettre sur le même plan le dernier tube à la mode et une œuvre de Mozart?
  • L'œuvre doit-elle parler d'elle-même ou nécessite-t-elle une explication?
  • Quel art pour le XXIème siècle?
  • Quel est le rôle de l'artiste aujourd'hui?

Une réaction brève ? Répondez-ci-dessous.

Sinon, notre forum ici est plus pratique Sourire

Réponses
Fabien
Fabien
Merci pour les commentaires positifs concernant ma présentation. Afin de discuter la question de Caroline, une réponse du point de vue de la personne et une réponse d'un point de vue sociologique

Tout d'abord, le point de vue personnel. Je ne suis pas certain que l'art soit "excluant", il parle au spectateur en créant une « émotion », une « fascination », un « décalage face à la banalité du réel » ou au contraire « rien du tout ». S’il ne propose pas une communion entre les êtres puisque chacun vit sa propre expérience, j’ai de la peine à comprendre comment il peut exclure : soit il y a adhésion, soit pas.
L'art contemporain, puisqu'il est plus crypté, n’arrive pas toujours à fédérer, à créer ce sentiment d’adhésion. Peut-être paradoxalement, il introduit une sorte de dissonance cognitive chez le spectateur en l'obligeant à se demander: "est-ce de l'art? Qu'est-ce qui fait que j'aime ou n'aime pas ?". L’art contemporain est ainsi peut-être plus « philosophique ».
Pour ma part, je reste persuadé que même avec toutes les explications du monde, une oeuvre qui ne t'a pas "parlé", créé ce décalage qui donnait l'impression de ne pas pouvoir expliquer pourquoi quelque chose s'est produit en toi, restera une sorte de « trait d'esprit » ou ne flattera que ton égo parce que tu l’auras compris qu’intellectuellement (pour peu qu’il y ait quelque chose à comprendre). L'oeuvre en question produira sans doute un sourire en coin avec un commentaire du type: "ah ah, je connais cette œuvre de cet artiste, c'est plus fin qu'on ne l'imagine!" mais on en restera là au niveau "émotionnel".

Du point de vue sociologique, il est vrai que l'art contemporain semble s'adresser trop souvent à l'élite et si tu n'adhères pas, c'est que "tu es trop bête pour comprendre". Mais finalement, quel que soit son milieu socio-culturel, notre réaction nous est toujours personnelle. Le fait d'adhérer sans « réfléchir » (ou plutôt sans « vivre cette émotion, ce décalage ») parce que nous faisons partie d'un groupe nous aliène.
S’il est difficile d’entraîner le sentiment, je suis cependant pour une éducation à l'art. On doit expliquer une oeuvre, la replacer dans un contexte, la discuter. Elle a sûrement plus à dire qu'on ne le croit et peut, même si elle n'est pas créatrice des traits cités plus hauts, repousser notre questionnement, ce qui est déjà quelque chose de positif. On se sentira moins bête face à l’élite et l’on pourra dire sans honte : « non, j’aime pas, parce que… ».
Ainsi en tant qu’enseignant d’art visuel, je présente aux élèves sans complexes des artistes que je n’aime pas en espérant susciter une réaction positive.

Enfin quant à l'aspect « déballage publique » de la production, c’est à nouveau une question de choix personnel de l’artiste. Certains artistes produisent uniquement pour eux et n’en font pas leur métier, d’autres vont plus loin, par besoin cathartique, besoin de partager, besoin de reconnaissance ou d’autres raisons qui leur sont propres. Quel que soit l’option choisie, libre au spectateur d’adhérer ou non.
Pour remettre la question dans son contexte historique, je suppose sans trop me mouiller que l’ « artiste » est quelqu’un qui exprime un message personnel depuis qu’il existe, soit environ la période de la Renaissance. Avant cette période, il n’y avait, pour caricaturer, que des « artisans » qui reproduisaient fidèlement la tradition, la nouveauté était à bannir. Au contraire, c’est après cette période que les artistes ont commencé à exprimer des messages plus personnels et à signer leurs œuvres. Actuellement, les artistes doivent innover sans cesse au risque d’être dépassés.

[PS: Faut-il, s'il y a lieu, continuer cette discussion sur le forum?]
il y a 6 années
René G.
René G.
Merci Caroline de cette intervention. Il y aurait les explications qui éclairent le contexte d'une oeuvre et qui nous permet de la situer.
Et, il y aurait des oeuvres susceptibles de nous parler directement, hors tout contexte. Dans ce cas, effectivement, les intensités et les tourments exprimés n'ont pas tous une portée "universelle" (transculturelle)...
Pourtant, ce qui est vécu intensément peut donner le sentiment que "ça" doit être universel".
L'artiste doit-il se dépasser lui-même, ou simplement s'exprimer ?
il y a 6 années

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