Cafephilos Forums Les cafés philo Ciné philo Annemasse et Ciné Actuel Ciné philo enfants/adultes : Ma vie de courgette. De Claude Barras débat prévu le 16.12.2016 + compte-rendu et schéma sur les styles d’attachements

3 sujets de 1 à 3 (sur un total de 3)
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  • #5388
    René
    Maître des clés

      Ma vie de courgette
      Réalisateur Claude Barras

      Synopsis
      Courgette n’a rien d’un légume, c’est un vaillant petit garçon. Il croit qu’il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas, même, à être heureux…

      Projections du 14 au 20 décembre
      – Mer : 18h30
      – Jeu : 18h30
      Débat après la projection du vendredi 16 à 18H30
      – Mar : 18h30

      Débat ciné philo après la séance du vendredi
      Le temps de prendre une collation, le débat débute après la séance du vendredi 16, juste dans la salle à côté.
      Si vous n’avez pas vu le film, ou si vous l’avez vu à un autre moment, vous pouvez venir pour le débat seulement, soit vers 20H00.

      Une occasion spéciale, un ciné philo pour enfants (à partir de 7/8 ans > 11 ans) accompagnés de leurs parents.
      Un accueil particulier sera réservé aux enfants (accompagnés de leurs parents ou d’un adulte). La parole leur sera donnée en priorité, mais non pas nécessairement de façon exclusive. Dans ce cadre, il est demandé aux adultes d’être attentifs à la parole des enfants, de se mettre à la portée de leurs points de vue, de soutenir leurs questions, de les encourager à formuler leurs réponses.
      – Dossier pédagogique, pdf

      Etapes du débat :

      – Premier tour de table informel : on partage nos impressions, les scènes qui nous ont touchés.
      – Second tour de table : on recherche les questions qui se posent d’après ce qui nous a touché dans le film.
      – A partir de là, trois options s’offrent à nous : on débat sur une question en particulier, on réorganise les questions pour découvrir/reformuler une question centrale, ou on navigue un peu sur l’ensemble des questions posées.

      Principes de fonctionnement
      > Chacun peut prendre la parole, nul n’y est tenu.
      > La participation est gratuite.
      > On peut amener une boisson, un casse-croute, des fruits, des biscuits sucrés ou salés, on pose tout sur la table, on partage. Si vous n’avez rien amené, vous pouvez laisser une pièce dans la tirelire. On repart avec les excédents.

      Lieu : Ciné Actuel – MJC Centre
      3, rue du 8 mai
      74100 ANNEMASSE
      Tél : 04-50-92-10-20

      Ressources
      L’avis de Films-pour-enfants (voir son analyse, le repérage des scènes difficiles, les thématiques abordées, le message essentiel du film)
      Commentaire final de films-pour-enfants :
      Sans dégât dès 6 ans, conseillé à partir de 7 ans
      Un film visible par des petits, un film intéressant sur des situations familiales compliquées. Rarement des thèmes aussi durs auront pu être mis en scène pour de jeunes enfants. Si vous voulez le montrer à un enfant de moins de 10 ans, l’accompagnement est vraiment conseillé, il peut susciter beaucoup de questions.

      – Voir ici la critique de La Croix

      – Voir ici la critique de Libération

      – Entendre ici Claude Barras (réalisateur) et Céline Sciamma (scénariste) sur France Culture

      #5419
      René
      Maître des clés
        Un bref compte-rendu
        Ma vie de courgette

        Ambiance 
        – Une douzaine de personnes était présente
        – Le film est perçu comme étant « émouvant », à la fois profond et « léger ». En fait, il traite de choses graves, tragiques mais avec une candeur qui le rend d’autant plus touchant et tendre que l’ensemble des décors est naïf, amusant, coloré.
        – Les « marionnettes » sont touchantes également. Leurs grands yeux nous séduisent spontanément, les voix des enfants sont justes et attachantes, de même que les différents rôles attribués aux personnages (le petit dur-à-cuire (Simon), la petite ingénue (Camille), Alice qui a des toc dès que la tension monte, Courgette qui se mure dans le silence au début…
        – Notre avis par rapport aux enfants : presque tous les films sont bons lorsqu’on peut en parler paisiblement à ses enfants. A partir de 7 ans, en particulier pour faire connaître aux enfants que certaines d’entre eux ont des vies difficiles.

        Questions que nous nous sommes posées
        – Qu’advient-il de nos traumas ?
        – Comment vit-on avec ?
        – Peut-on s’en débarrasser ?
        – Faut-il les accepter, les oublier ?
        – Faut-il tourner la page et savoir regarder dans une autre direction pour construire sa vie différemment ? > Il semble qu’il y ait cette option dans le film lorsque les deux enfants s’allongent dans la nuit, sous le ciel étoilé. L’espace est ouvert, et la complicité que les enfants se découvrent les aident à envisager une vie devant eux, à défaut d’avoir quelque chose de « solide » derrière eux.

        Le rapport au réel
        – On s’interroge néanmoins sur ce qui se passe pour des enfants vivant de telles situations (enfance maltraité, enfants abandonnés) dans la vie réelle. Le sentiment que nous avons est que ces enfants sont si perturbés qu’il leur manque la tendresse avec laquelle le « film » nous invite à les regarder. Nous estimons qu’il est difficile, en général, de trouver le bon angle pour communiquer avec de tels enfants. Eux-mêmes fantasment leur vie, ils restent attachés à des parents « mal aimants » et reproduisent, malgré eux, les comportements de défense qu’ils ont développé dans un milieu « hostile » (peu propice à leur épanouissement).

        Nos traumatismes à nous
        – Néanmoins, lorsque les situations ne sont pas si extrêmes, reste ce que nous « faisons » de nous, de ces mémoires affectives qui sont vécues comme des traumas.
        – Tout trauma demande-t-il à être parlé ?
        – Nos trauma nous apprennent-ils quelque chose ?
        – Faut-il vivre comme si nous n’avions pas de trauma (est-ce possible) ? C’est-à-dire, faut-il simplement aller de l’avant sachant que le trauma ne nous ramène toujours qu’en arrière ?
        – Comment s’opère cette magie où, finalement, les traumas nous laissent en paix ?

        La biologie de l’attachement
        – Comment les enfants aiment-ils des parents « maltraitants » ? Comment, par exemple, malgré un entourage (des éducateurs ou des familles de substituions) « mieux veillant » que leur famille original, les enfants semblent préférer, et regretter les familles desquelles ils sont séparés ?
        – Néanmoins, nous ne pouvons pas généraliser ce point de vue déterministe. En effet, certains enfants réussissent à s’attacher de façon positive à leur famille de substitution, et s’inscrivent de fait véritablement dans un autre parcours de vie. Toutefois, deux arguments vont dans le sens du déterminisme :
        1° Certains enfants restent attachés à leurs « vrais » parents car ils ne peuvent imaginer une meilleure famille que celle d’où ils viennent. Ils n’investissent pas d’autres imaginaires, ni d’autres familles.
        2° L’autre argument évoqué tiendrait à des « impératifs » biologiques : la biologie de l’attachement nous « attacherait » à des référents (parents réels ou de substitution) même si ces derniers ne sont pas « bienveillants » ni positifs pour notre développement. Au même titre que les « oies » de Konrad Lorenz (éthologue) s’attachent à toute figure (ou objet) qui se trouve dans leur environnement immédiat quelques heures après leur éclosion (réflexe d’imprégnation), les enfants s’attacheraient à ce qui fait figure de parents. La biologie ne permettrait pas de choisir ce qui est positif pour nous. Attachés à des parents « perturbants », les enfants sont donc tenus de composer avec une psychologie complexe qui leur posera des problèmes difficiles à dépasser leur vie durant.

        Ces styles d’attachement sont associés à des niveaux d’anxiété
        Gardons à l’esprit que ce sont des tendances, le cerveau reste “plastique” pour celles et ceux qui s’interrogent,
        pour celles et ceux qui bénéficient d’un environnement diversifié.

        Cliquer ici si l’image ci-dessous n’est pas nette

        Ci-dessous une autre façon de visualiser les niveaux d’anxiété par rapport aux styles d’attachement.
        Cliquer ici si l’image n’est pas nette
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        Selon le contrôle que l’on a sur ses propres peurs, on développe des stratégies d’évitement ou de rencontre avec l’autre qui sont plus ou moins adaptées.

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        Les attachements sont combinés à des profils/comportements psychologiques.
        Cliquer ici si l’image ci-dessous n’est pas nette.

        Schéma des quatre styles d’attachement, que l’on peut associer à des styles psychologiques, et à des philosophies de vie
        cliquer ici si le schéma ci-dessous n’est pas net
        Lire le schéma du centre vers la périphérie

        Cliquer ici si la flèche ci-dessous n’est pas nette. Merci. [/center]

        Pour conclure, un dernier schéma selon lequel notre évolution peut se dessiner le long d’une spirale.
        Cliquer ici si l’image ci-dessous n’est pas nette.

        Pour en savoir un peu plus sur la théorie de l’attachement.
        Une conférence + un résumé sur Apprendre à éduquer. Nicole Guédeney (Pédopsychiatre)
        La théorie de l’attachement : son importance dans un contexte pédiatrique.. Auteur collectif dans le Cairn
        Théorie de l’Attachement, Une approche conceptuelle au service de la protection de l’enfance. ONED
        Le maître en la matière, Boris Cyrulnik : La résilience en situation extrêmes. Une conférence donnée à l’Université de Nantes.

        #5420
        René
        Maître des clés

          En fait, tout se passe comme si l’affect était pris dans un engrenage.
          Cliquer ici si le schéma ci-dessous n’est pas net.

          La vie serait comme une partie de jeu d’échecs. Les coup portés en ouverture de jeu sont déterminants, ils vont structurer toute la partie à venir, mais jusqu’à la fin, rien n’est joué, et il y a toujours de très bon coups à engager.
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