Cafephilos › Forums › Les cafés philo › Des cafés philo sur Grenoble › Sujet : Le mal a-t-il des limites ? Est-il porteur d’enseignement ? en débat ce mardi 28/04/2026 au Café Chimère. Grenoble.
- Ce sujet contient 1 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par René, le il y a 1 mois.
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14 avril 2026 à 18h41 #8141

Nous nous réjouissons de notre amitié avec l’UTEM (Université de Terrain Edgar Morin). Merci également au café citoyen la Chimère, 12 rue Voltaire, Grenoble d’accueillir notre pratique des cafés philo (Lien vers le café la Chimère citoyenne, ici)


Durée des débats (1h30 environ > jusqu’à > 20h30 maximum)
Discussion informelle pour celles/ceux qui souhaitent poursuivre
Entrée libreLe mal a-t-il des limites ?
Est-il porteur d’enseignement ?
De la maltraitance des enfants jusqu’aux tortures que subissent les prisonniers de guerre, on se demande, certes, si le mal a des limites, mais aussi s’il est porteur d’enseignement ? Allons plus loin, peut-on remédier au mal ?Quelques éléments de distinction élémentaire :
Distinguons les lieux du mal : physique, moral, social et distinguons les causes afférentes psychologiques/familiales, socio-politico-économique et anthropologiques.
Comprendre le « mal » et y remédier, est-ce possible ?Des références :
Notre question m’a été suggérée par :
– Francesca Albanese (rapporteuse de l’ONU), interview dans Là-bas si j’y suis. Avril 2026
– David Rousset : un témoignage sur la réadaptation des anciens déportés INA. Durée 4mn.`
> David Rousset, rescapé des camps, est l’un des premiers à en rendre témoignage (Les jours de notre mort)
– La maltraitance des enfants sur Yapaka.Des manières philosophiques et/ou anthropologiques de penser les choses :
– La philosophie, une histoire d’éthique. Article. Susan Neiman, Penser le mal
– Le Mal, article d’Encyclophilo.
– Convivialisme ou barbarie. Alain Caillé avec Roland Gori. Une interview.
– Une analyse sociologique de l’évolution de la délinquance. Interview de Sébastien Roché (chercheur au CNRS) par Off Investigation.Ci-dessous, des analyses plutôt géopolitiques (que je pense être non-dogmatiques)
– Iran : un expert international anti-Trump (Roni Brauman) face à une iranienne, Mona Jafarian, du collectif Femme Azadi. Média alternatif : Le Crayon. Cliquer ici.
– Une analyse géopolitique par Pierre Razoux, historien, expert des conflits du Moyen-Orient, et spécialiste d’Israël et de l’Iran. Elucid Media.
– Jacques Baud, le colonel Suisse qui a travaillé pour l’Otan. Sa dernière interview sur la guerre en Iran et le cessez-le-feu.
–L’analyse de Pierre Gonesa (ex. conseiller de la défense de Jacques Chirac.)Un peu d’histoire :
– Qu’est-ce qu’une nation ? Ernest Renan, par Dixitologie.
– Israël ou la ruine de l’État-nation. Guillaume Fleurance.Une citation de Nietzsche :

Quelques règles concernant nos échanges
– Chacun peut prendre la parole, nul n’y est tenu.
– Pas d’attaque ad hominem /ad persona.
– On essaie de rendre compte des raisons de sa pensée et de faire évoluer le débat.
– Chacun est le bienvenu, quelle que soit sa confession, sa classe sociale, sa formation et ses références philosophiques.L’approche du café philo de Grenoble
C’est une approche plutôt non-directive, centrée sur les questions des participants. Nous nous efforçons de faire évoluer le débat au fur et à mesure de nos échanges.
Nous partons du principe que chaque participant est adulte, autonome, responsable de sa pensée et de ses comportements. On note également que le participant est curieux d’examiner aussi bien les arguments de sa pensée que de ceux d’autrui.
Nous nous appuyons sur l’idée qu’une écoute compréhensive et qu’un partage structurant et structuré de nos réflexions ne peut être que profitable à tous, à une socialisation réflexive en partage et à une philosophie en travail.Ce que le café philo n’est pas :
Le café philo n’est pas un lieu de propagande politique ou religieuse, ni il n’est celui d’une mise en spectacle de soi. On n’y vient pas faire la leçon aux autres ou répéter ce que l’on sait déjà, chacun étant déjà par lui-même l’auteur de sa propre pensée. L’effort que nous faisons porte sur une réflexivité mise en partage, sur l’écoute de l’autre et du débat qui se construit : on y assume les hésitations d’une pensée qui se cherche.L’affiche du mois d’avril

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René Guichardan, café philo d’Annemasse.
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> Agenda Google où sont postés nos activités cafés philo (vous pouvez vous abonner à cet agenda.)16 mai 2026 à 14h15 #8178Compte rendu : Le mal a-t-il des limites ?
Est-il porteur d’enseignement ?Pour rappel, la question m’a été suggérée par le témoignage de Francesca Albanese (rapporteuse de l’ONU). Elle dénonce les tortures que fait subir l’armée du gouvernement de Nétanyahou sur l’ensemble de la population palestinienne (les femmes et les enfants compris). L’interview est accessible ici, dans l’émission de Daniel Mermet, « Là-bas si j’y suis » (avril 2026)
Globalement, notre débat s’est structuré ainsi (merci Sophie qui a suggéré l’idée de cette structure)

Quelques problématiques évoquées
Une question est posée sur les répercussions pour Francesca Albanese.
Francesca Albanese (rapporteuse de l’ONU) a été accusée par la France et les États-Unis de prendre parti, d’assumer une position antisémite et pro-palestinienne dans son rapport. En conséquence, elle a été sanctionnée par les États-Unis et par la France.
– Les sanctions sont sévères et concrètes (interdiction de voyager, gèle des comptes bancaires, interdiction d’obtenir de l’aide…)
> Toutefois, un juge américain a finalement levé les sanctions. Mais la France n’a pas renoncé à sa demande de démission émise à l’endroit de Francesca Albanese. La France se fait complice du génocide perpétré contre les palestiniennes, les palestiniens et les enfants.
> Voir ici, le communiqué de la Commission des Droit de l’Homme (CNCDH) adressé à la France concernant cette affaire.
> Autre affaire comparable : Jacques Baud, un colonel suisse, sanctionné par l’Europe pour ses analyses géopolitique. Voir ici, sur la chaine : neutrality studies.Questions :
Les sanctions sans procès (sans justice, sans jugement), donc décidée directement par la puissance (la violence, la toute-puissance) de l’État. Il n’y a donc plus de séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire) : l’État sanctionne directement, comme dans une banale dictature. Est-ce l’humanité qui régresse ou seulement ceux qui disposent d’un pouvoir inconsidéré, qui alors l’exerce sans retenu ?Que penser du silence des populations ?
De quelle nature ce silence est-il, que signifie-t-il :
> les populations sont-elles indifférentes ?
> Ont-elles peurs ?
> Consentent-elles malgré elles ?
> Rongent-elles leur frein ?
> Se mettent-elles en dissidence ?
> Sont-elles indifférentes ?
> Ignorent-elles ce qui se passe ?
> Ne font-elles que suivre le mouvement général et celui des médias de masse ?Comment s’interpréter le silence : celui qui est en soi d’une part et, d’autre part, celui de la population et des médias de masse, autrefois libres (et pensés comme un contre-pouvoir face à l’Etat) ?
Attention : les réponses que l’on se donne conditionne les solutions que l’on cherche. Or, il y a déjà une certaine complexité à enquêter sur les réponses à nos questions.
Que se passe-t-il dans le doute ? Que se passe-t-il lorsque l’on suspend son jugement ? Je trouverai intéressant de traiter cette question une prochaine fois.Une autre problématique : Le mal est-il relatif ?
Sous prétexte que l’idée du mal évolue selon le contexte et l’histoire des civilisations, est-il « subjectif » ?
La question a son importance, car l’ordre d’explication donné conditionne le jugement qui en ressort. Ainsi, si j’estime que le mal est relatif à un contexte, tandis que celui-ci évolue selon les civilisations, alors j’estime qu’il n’y a pas de mal en soi, mais seulement de la chance et de la malchance selon la civilisation et son époque. Et, puisque tout finit par évoluer, alors, on peut se « moquer » de la question du mal. Exemple cité : l’homosexualité et/ou le mariage pour tous ont été diversement « reconnus » ou condamnés selon les périodes de l’histoire, de l’Antiquité à la modernité.
Or, il ne s’agit pas de statuer sur une essence du mal (Hannah Arendt est déjà passée par là avec le cas Eichmann). La question porte sur des rapports de force, de violence et d’abus que des personnes (des groupes de personnes, des entreprises, des États) font subir à d’autres humains. De fait, le « mal » (la violence que des humains font subir à d’autres) est un fait « relationnel » parfaitement objectif et objectivable : trace de violence physique ou trama psychique ou timidité/inhibition excessive de la personnalité ; génocide, esclavage, asservissement, etc). De tout temps, les asymétries relationnelles (les rapports d’autorité) contrecarrent l’équilibre, le potentiel de créativité et les rapports d’égalité dans les relations. Jusqu’où faut-il laisser-faire, ne rien dire et considérer que tout est relatif ?> Ainsi, par rapport à notre sujet ce soir, la subjectivité doit conserver un sens « premier » : ce qui relève du sujet, de l’impression ressentie (sensation, sentiment) ou d’une idée pensée en elle-même. Le subjectif est propre au sujet. A strictement parler, il n’est connu, ressenti et expérimenté que par lui seul.
Recours au dictionnaire philosophique :
Le sens commun oppose l’objectif et le subjectif comme le fondé et le non-fondé, le rationnel au sentimental, le partial à l’impartial.
Par ailleurs, le subjectif désigne ce qui appartient à une pensée qui s’appréhende elle-même au sein de la conscience. L’objectif, lui, est ce qui est à l’extérieur du sujet et qui désigne une chose, un objet.
Problématique : tout savoir met en relation une chose/objet et un sujet, quelle est la part qui appartient alors seulement à l’objet, celle qui appartient au sujet et/ou qui relève de l’interaction entre le sujet et l’objet ?Autres thèmes et questions débattues :
– Du mobile des guerres. Sont-elles morales, intéressées ? Est-ce une question de vengeance, de revanche, de lutte pour l’accaparement des ressources (pétrole, terres rares, logiques industrielles) ?
Pour celles/ceux qui s’y intéressent, dans ce forum, vous trouverez des interviews/cours sur les grandes théories sur la guerre (Clausewitz, guerre juste / guerre utilitaire (Thucydide) et l’Art de la guerre (Sun Tzu – Chine) cliquer ici.
– Sinon, les articles et interview de Gabriel Galice sont d’un grand intérêt pour analyser les causes des guerres. Il est le président du GIPRI (Geneva International Peace Research Institute) qui était, à l’époque de la neutralité Suisse, le garant des pourparlers et des négociations pour la paix. Voir ici.Brièvement :
Une distinction est établie entre les concepts d’intérêt (le quantifiable) et celui de valeur (l’incalculable), le débat se porte sur le conflit entre ces deux termes :
– L’intérêt est ce qui comptable (se rapporter à une mesure, à une quantité objectivée, objectivable), tandis qu’une valeur « dépasse tous les intérêts » en tant qu’elle échappe à toute mesure. Exemple : La valeur de la vie, notamment celle d’un enfant, ne se calcule pas en termes d’intérêts.
À strictement parler, la valeur d’une espèce, d’une forêt, d’une rivière (et de l’ensemble de chacun du vivant) ne relève pas du quantifiable, puisqu’ils sont uniques, et que leur disparition entraine des conséquences incalculables.
Question : à quel moment un individu (enseignant, médecin, policier, soldat) fait-il passer son intérêt personnel avant la valeur d’autrui (l’intérêt général / le bien commun) qu’il est supposé servir ? (Spinoza, Rousseau, Kant, Sartre, Arendt, John Rawls…) proposent des réponses à ces questions.Les travaux d’Elinor Ostrom (prix Nobel d’économie) sur la gouvernance des « communs » ont été mentionnés à ce propos : la pérennité des institutions dépend de l’implication et du contrôle exercé par leurs usagers. L’institution doit rendre des comptes de sa gestion à ses usagers, et non l’inverse. Pour qu’une ressource (port de pêche, réseau d’irrigation) soit gérée durablement, la responsabilité et le choix doivent venir des utilisateurs.
Référence au livre : Elinor Ostrom, « Gouverner les communs » (1990).
– Une brève présentation (6mn) d’Elinor Ostrom. Cliquer ici.
– Gestion collective et solidaire : rencontres avec Elinor Ostrom (une synthèse de ses travaux en 2017). MSH Sud
– Rencontre avec Elinor Ostrom, lors de son séminaire à Montpellier (2011)Fin du compte rendu.
Merci pour votre attention. N’hésitez pas à rédiger votre partie, votre réflexion du moment, votre réaction à ce débat ou à ce compte rendu.
Quelques slogans anti-guerre 😉

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René Guichardan, café philo d’Annemasse.
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