Cafephilos Forums Les cafés philo Les sujets du café philo d’Annemasse Mini compte-rendu de nos débats au Salon des Métiers de l’Humanitaire (29.11.2014) + deux cartes mentales

3 sujets de 1 à 3 (sur un total de 3)
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  • #5141
    René Guichardan
    Maître des clés
      Mini compte-rendu de notre présence au Salon des Métiers de l’Humanitaire

      Merci tout d’abord à la Cité de la Solidarité Internationale qui a accueilli Les Etats Généraux de l’Action Humanitaire et organisé dans la foulée le Salon des Métiers de l’Humanitaire.

      Le café philo d’Annemasse a animé des débat lors du salon de 15H00 à 18H00, le samedi et dimanche sur le thème général : Crises et actions humanitaires. Une cinquantaine de personnes nous ont rendu visite. Une vingtaine de personnes ont participé au débat du samedi. Le dimanche, nous poursuivions notre discussion avec une quinzaine de personnes.

      Des questions de départ avaient été prévues :
      – Peut-on faire de l’humanitaire sans faire de politique ?
      – Peut-on aider avec le cœur sans aider concrètement avec des savoirs et des apports techniques ?
      – La relation d’aide entre deux partenaires (un aidant et un aidé) est-elle toujours asymétrique (inégalitaire) ?
      – Selon l’anthropologue, Marcel Mauss, il ne peut y avoir de don sans contre-don. Quelle forme prend le contre-don dans l’aide humanitaire ?
      – Une personne aidée, est-ce une personne humiliée ? En va-t-il de même de la relation entre deux pays, entre l’aidant et l’aidé ?
      – La dignité peut-elle se construire dans un rapport d’inégalité ?
      – L’autonomie de soi passe-t-elle par l’interdépendance avec autrui ?
      – La philosophe Simone Weil dénonce « le déracinement » comme l’un des premiers maux dont souffrent les personnes qui changent d’environnement (immigrants volontaires ou forcés) … Comment comprendre la notion d’enracinement ?
      – Qu’en est-il de la transmission des croyances dans le cadre d’aides apportées par les religions ?

      Finalement le débat s’est construit par tâtonnements, à la façon d’explorateurs souhaitant autant découvrir les idées des autres participants, qu’en découdre avec les problèmes que pose l’action l’humanitaire de nos jours.

      Le débat du samedi :

      Un mot clé a été proposé : Illusion, puis il a été accolé à humanitaire , et la question qui se dégageait a été formulée ainsi : De quelle illusion relève l’aide humanitaire, en particulier dans la volonté de “sauver” autrui ?

      Voici une carte mentale qui résume le parcours des idées

      Si l’image ci-dessous n’est pas très nette, cliquez sur le lien dans “Fichier attaché”, merci de votre compréhension.

      #5143
      René Guichardan
      Maître des clés
        Le débat du dimanche a été en quelque sorte une suite du débat du samedi : Les civilisations sont-elles en rivalité entre elles ?

        Voici la carte mentale qui retrace le parcours des idées échangées/ Merci de cliquer sur le lien dans “Fichier attaché”, si l’image n’était pas nette.

        #5144
        René Guichardan
        Maître des clés

          Par ailleurs, Humacoop, organisateur du colloque sur les Etats Généraux de l’Action Humanitaire, a rédigé une “Déclaration des Etats Généraux de l’Action Humanitaire Internationale d’Annemasse ” dont je reproduis ci-dessous la première édition :


          Déclaration des États Généraux de l’Action humanitaire internationale d’Annemasse

          Annemasse, le 28 novembre 2014

          L’association Humacoop en partenariat avec la Cité de la Solidarité Internationale et soutenue par des acteurs associatifs et institutions a organisé les États Généraux de l’action humanitaire. Cet événement a été l’occasion de réunir des acteurs des pays du Sud, des représentants d’ONG et d’organisations internationales, ainsi que des journalistes, des universitaires, des élus locaux en charge de la coopération décentralisée pour une manifestation publique afin de décloisonner la réflexion des acteurs humanitaires et de croiser les regards sur les défis contemporains posés à la solidarité internationale.

          Ce colloque a permis de remettre en perspectives les pratiques et les modalités d’intervention des acteurs humanitaires et également de faire le point sur les grands axes stratégiques et les prospectives des différents acteurs.

          Les participants veulent initier un dialogue permanent entre les acteurs de l’action humanitaire internationale Nord-Sud.

          Les acteurs réunis lors de ces deux journées recommandent de :
          – Interroger les populations et ONG du Sud sur leur acceptation et leurs priorités vis-à-vis des interventions, au même titre que les actions de coopération décentralisée font participer les populations et sociétés civiles de leur territoire.
          – Promouvoir l’égalité des rapports entre les ONG du Nord et les acteurs du Sud (ONG, société civile et Autorités locales) et renforcer la coopération et la complémentarité entre ONG nationales et internationales.
          – Renouer avec le sens militant et engagé de l’action humanitaire afin de redonner un sens aux interventions.
          – Faire reconnaître par les bailleurs les ONG du Sud, au même titre que celles du Nord, en tant qu’acteur central de l’action humanitaire et notamment en situation d’urgence.
          – Sensibiliser les institutions internationales et les bailleurs de fonds à l’importance d’intervenir en amont sur le développement des secteurs/pays fragiles.
          – Inscrire l’action humanitaire, bien souvent démarche de court terme, dans un contexte de durabilité.
          – Analyser, évaluer et critiquer les actions humanitaires au même titre que les projets de développement.
          – Mettre en œuvre des programmes durables et pérennes qui n’obéissent pas uniquement à la logique « projet » des bailleurs.
          – Centrer les interventions de terrain sur une réponse efficace face aux vulnérabilités plutôt qu’axée sur la visibilité.
          – Adopter des règles de coopération et d’éthique entre ONG nationales et internationales.
          – Renforcer les programmes de transfert de capacités (formation d’agents de santé communautaire, infirmiers, etc.) pour permettre aux ONG du Sud de consolider leur expertise.

          Voir Grotius pour une synthèse des débats.

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