Cafephilos Forums Les cafés philo NOUVEAU, PRATIQUE PHILO A VISEE DE CONNAISSANCE DE SOI. GRENOBLE Séance 5 : thématique abordée, de la connaissance de soi, de la mort de ses parents.

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    René
    Maître des clés

      Séance du dimanche 30 mai. De la perte et décès.

      Nous étions trois à cette séance, dont un « habitué ».

      De la connaissance de soi
      On pose la question de la connaissance de soi, ce qu’elle est, pour les nouveaux participants.
      En résumé : Sa motivation est ambivalente en ce qu’elle est traversée de « peurs ».

      – Mais est-ce la peur de soi (ce que l’on porte en soi est véritablement effrayant).
      Ou est-ce la peur de ce que d’autres (la société, les amis, les proches, les intimes) pourraient y voir ?
      Question : suis-je ce que le regard (le mien et/ou celui d’autrui) fait de moi ?

      Pourtant, cette peur est elle-même ambiguë. Comment puis-je avoir peur de ce que je porte déjà en moi ? Ai-je peur de ce qu’on m’a fait ou de ce que j’ai fait ?
      Puis-je ne pas accepter ce que l’on m’a fait (des humiliations, des maltraitances, des abandons, des trahisons, etc) ?
      Puis-je ne pas accepter ce que j’ai fait à d’autres (des humiliations, des maltraitances, des abandons, des trahisons) ?
      Dans les deux cas, ce que j’ai subi et ce que j’ai fait subir à d’autres, de quelle manière cela renvoie à une image de « soi » ?

      Selon l’un des interlocuteurs, la maïeutique (une pratique du questionnement qui vise à « accoucher » des vérités que l’on porte en soi, inspirée de Socrate) serait plus efficace qu’une introspection autonome (faite en soi-même, par soi-même).
      > Il est possible que les deux pratiques soient nécessaires : on peut aller aussi loin en soi que l’autre peut nous y accompagner, et on peut aller plus loin encore que l’autre ne saurait nous y accompagner.

      Question : Qu’est-ce qui marque la limite d’un partage/d’un échange ?

      Fin de la première question.

      Seconde question : à quoi confronte la mort de ses parents ?
      – à une perte de repères, à la perte du statut d’enfant que l’on était et, par conséquent, à l’enfant qu’on est « en soi ».
      – Des questions de culpabilité de ce que l’on a fait ou pas, notamment dans les derniers instants. Sommes-nous à jour de ce que l’on doit à ses parents et/ou de ce qu’ils nous devaient ? Nous quittons-nous reconnaissants de ce que la vie nous a donné ou en dettes (émotionnelles) et avec des contentieux de ce qui a été mal « compris » ?
      – La question des attachements. Les attachements arrachés sont toujours des « souffrances », des troubles du « sentiment de soi ».
      > Qu’est-ce que le petit Alain pense du grand Alain ? C’est entendu dire l’un des participants par une psychologue. Comment, l’enfant en soi, voit-il l’adulte qu’il est devenu ? Ps : le prénom a été changé.

      En conclusion :
      La connaissance de soi suppose de mettre en acte ce que l’on est sur plusieurs plans :
      C’est d’abord un choix et une volonté. C’est ensuite une pratique.
      Il s’agit certes de « vouloir » regarder en soi, et ensuite de s’armer pour « affronter » (faire face) à ce qui apparait. Il faut se tenir et il faut soutenir ce qui apparaît.
      Après quoi, il faut pouvoir travailler (entrer en réflexion) avec ce qui est (apparaît) :
      > c’est-à-dire, tenter de comprendre (d’accueillir) ce qui est puis, éventuellement, tenter de rendre compte comment on explique ce qui est.

      Question : faut-il d’abord faire en soi cette recherche ou trouver une personne (des amis, des soutiens, des psy) qui conduisent à le faire ?
      Une réponse : il est possible que la démarche s’élabore dans un dialogue en continu / discontinu entre soi et des « amis-es », lesquels sont entendus comme des « rencontres » qui nous ouvrent à soi et à l’autre.

      Observation personnelle (René).
      Il s’agissait d’une première rencontre et, peut-être fallait-il ne pas questionner trop ce qui était susceptible de faire « mal » et les ressentis, mais simplement d’évoquer l’alentour d’une situation de perte.
      Deux questions importantes restent en suspens : quel rôle joue la peur et la souffrance dans l’empêchement à se connaitre soi.
      Une troisième question est cruciale également : quel rôle joue autrui (ou un auteur) dans l’accès à soi et/ou dans le devenir soi ?

      Fin du compte rendu.
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      René Guichardan, café philo de Grenoble.
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