Cafephilos › Forums › Les cafés philo › NOUVEAU, PRATIQUE PHILO A VISEE DE CONNAISSANCE DE SOI. GRENOBLE › Séance n°1 : thématiques abordées : justice et sentiment de justice. Soutenir la question qui se pose. Qu’est-ce qu’accompagner ?
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10 mai 2026 à 9h18 #8170
Compte rendu de la séance 1
Thématiques abordées : justice, sentiment de justice.
Soutenir une question et/ou accompagner vers un dire.Nous étions trois participants pour ce premier échange. Ce format en petit comité a permis une intimité et une sincérité qui auraient été certainement moins évidente dans un groupe plus élargi.
Nous nous sommes prêtés librement à un exercice de consultation entre nous… Je resterai discret sur le contenu des échanges en eux-mêmes, car nous nous sommes naturellement accordé une confiance réciproque, ce qui nous a autorisé à aller assez loin dans l’échange. Toutefois, voici quelques éléments qui ont retenu mon attention.
Nous ne sommes pas partis d’une question du « consultant ».
L’un d’entre nous a invité un participant à une « consultation ». Ce dernier (donc, le consultant) est parti d’une situation qu’il éprouvait, mais sans poser de question.
Dans ce cas-là, quel est le rôle du « philosophe consulté » (celui/celle qui conduit l’entretien) ?> Normalement, il s’agit d’aider à la recherche d’une question » et/ou de partir des termes/notions/concepts du consultant, s’il ne pose pas de question, de sorte à lui faire préciser ce qu’il entend.
Mais, le consultant ne semblait se poser aucune question par rapport à ce dont il témoignait (car les choses lui semblaient claires à ses propres yeux), bien qu’elles fussent « difficiles » (disons : raisonnablement pénibles) » à vivre.
Pourtant la consultation n’est pas un groupe de parole où l’on vient témoigner de sa vie. Il s’agit bien de soutenir une question ou de la rechercher… Mais peut-être, lorsqu’il s’agit seulement d’un témoignage (qu’il soit désagréable ou pas à soutenir), l’accompagnement philosophique peut consister à soutenir une parole qui se cherche. Ce premier pas précède peut-être la question qui va se poser (?). La mise en mots peut être considérée comme un travail actif du consultant (une volonté mise en acte qui précède des ouvertures à soi, à l’autre).
De la justice au sentiment de justice.
En ligne de fond, il y avait un problème de « justice », une justice relationnelle où le lien de « solidarité » ou de fraternité n’était pas « respecté ».Or, la justice fait toujours référence à des normes et, ici, il s’agissait d’un sentiment. Le fait est, dans une relation, que chaque protagoniste est mû par des sentiments propres, chacun a les siens, y compris dans une fratrie. Mais dans la consultation (ou l’entretien) l’autre est « absent », nous n’avons accès qu’à la version d’un seul (aussi sincère et honnête que semble son témoignage). Dès lors, il est impossible de « juger » des mobiles de l’autre » (d’ériger son jugement à l’échelle d’un commun, d’une généralité ou encore d’un universel). Seul le sentiment éprouvé de sa propre justice nous est accessible. Or, lorsqu’il s’agit d’un sentiment, on quitte le domaine de la norme « publique » (judiciaire, coutumière, clanique ou familiale) pour éventuellement entrer dans celle plus spécifique d’une esthétique singulière (ce qui s’éprouve). Ce qui s’éprouve peut alors prendre plusieurs formes :

L’échange s’est par la suite orienté non pas vers la recherche d’une question, mais vers la précision de ce qui se passait dans une situation relationnelle. Ici, deux choses étaient à distinguer : ce qui est rapporté (objectivé) de la relation et ce qui est rapporté du vécu (subjectivé) de la relation.

Il ne s’agit pas de savoir ce qui est juste en soi, mais d’entendre la raison de ce qui se vit.
Or, dans ce cas, la raison se traduit par un éprouvé. Il s’agit d’entendre la raison d’un « éprouvé », et en quoi il (l’éprouvé ou la raison qu’on lui trouve) fait problème.
Le problème peut se traduire de plusieurs manières :
Pour conclure
Le soutien, fondamentalement et tel que je le conçois en consultation philosophique, se traduit par un accompagnement aux questions que se pose le « consultant ». Mais il peut s’agir également de soutenir un dire, la mise en mots d’une expérience, d’un vécu.
Je pars également du principe que l’accompagnement vise l’autonomie et/ou l’émancipation du consultant. C’est une hypothèse de travail, je ne présuppose pas que cette autonome soit une réalité actée. Non, il y a des vulnérabilités structurelles et/ou inconnues de soi (du consultant comme du consulté).
Je pars d’un autre principe, cette recherche dans l’accompagnement se construit à la fois intérieurement (le long d’un dialogue avec soi) et dans un rapport à l’expérience de sa propre humanité, ce que l’on peut soutenir de soi. Il n’est pas inconcevable, de mon point de vue, que le sentiment de sa propre « humanité » soit « insoutenable », autrement dit, qu’on ne veuille ou qu’on ne puisse le faire advenir à sa conscience en raison, notamment, des expériences que l’on a vécues.
Je ne rejette pas non plus l’idée que l’on ignore par avance les chemins de ce qu’il est possible de faire advenir.
D’un point de vue philosophique, humain et épistémologique, certaines questions restent ouvertes et, de fait, les formes d’accompagnement à la connaissance de soi, également.

Fin du compte rendu.
Merci pour votre attention.
Soyez libre de rédiger une réaction, votre point de vue, et si vous avez participé à cette séance, ce que vous en avez retenu.
10 mai 2026 à 9h20 #8171D’autres questions me sont venus suite à cette rencontre.
Ces questions portent sur les registres de l’intime et du public (ce que l’on présente au public) et du souterrain : ce que l’on garde pour soi et/ou/ mais que l’on peut confier à un proche, à un thérapeute, à des intimes.
Jusqu’où sommes-nous transparents à nous-mêmes ? Jusqu’où peut-on s’autoriser à l’être ?


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