Cafephilos Forums Les cafés philo Les sujets du café philo d’Annemasse Sujet libre ce lundi 31.07.2023 à 19h00 + compte rendu : le temps qui passe est-il perdu ?

2 sujets de 1 à 2 (sur un total de 2)
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  • #6782
    René
    Maître des clés
      Rencontres philo pour le monde d’aujourd’hui, tous les lundis à 19h00
      à la Taverne, place de l’Hotel de Ville. 74100 ANNEMASSE

      Ce lundi 31/07/2023, le sujet sera choisi parmi les questions proposées par les participants

      Par un vote ou un échange ouvert, on retient la question qui semble motiver l’attention des participants présents.
      – On cherche à dégager les enjeux de la question : en quoi il y a problème (sur un plan existentiel, relationnel, social, politique) et on interroge les dimensions de vérité et d’éthique que nos propositions soulèvent. C’est là où on commence à philosopher vraiment.
      – De fait, nous faisons philosophie par une capacité à mener une enquête, et par celle à questionner les raisons et les références par lesquelles on pense. (Quelques éléments d’explications sur la philo dans les cafés philo, ici)

      – Nous avons remarqué que, lorsque des participants s’impliquaient dans les questions qu’ils posaient et, parfois, lorsqu’ils avaient sous le coude, une citation, un témoignage de ce qui les avait interpelés dans la semaine, ou une question à laquelle ils pensaient déjà, que ce contexte facilitait parfois la prise de décision du sujet retenu.
      – Apprendre à réfléchir ensemble pour dégager un problème et formuler une question s’inscrit dans une démarche première en philosophie.
      – La formule traditionnelle des cafés philo où un participant souhaite préparer une question avec quelques ressources est toujours ouverte, il suffit de l’inscrire dans l’agenda et de l’introduire en une poignée de minutes le jour venu.
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      Le compte rendu du sujet de la semaine passée est posté ici (cliquer) : Une prise de position peut-elle être apolitique ?
      + une réponse de Mikael et une post réflexion sur le débat.

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      Règles de base du groupe
      – La parole est donnée dans l’ordre des demandes, avec une priorité à ceux qui s’expriment le moins.
      – Chacun peut prendre la parole, nul n’y est tenu.

      Pour limiter les effets de dispersion dans le débat
      – On s’efforce de relier son intervention à la question de départ, de mettre en lien ce que l’on dit avec ce qui a été dit.
      – Pour favoriser une circulation de la parole, de sorte à co-construire le débat avec les autres participants, on reste concis.
      – On s’attache davantage à expliquer la raison de sa pensée, plutôt qu’à défendre une opinion.
      – On s’efforce de faire progresser le débat.
      – Concrètement, on évite de multiplier les exemples, de citer de longues expériences, de se lancer dans de longues explications, mais on va au fait de son argumentation.

      > Le moment de la conclusion peut donner l’occasion d’un exercice particulier :

      – On peut dire ce que l’on pense des modalités du débat.
      – On peut faire une petite synthèse d’un parcours de la réflexion.
      – On peut dire ce qui nous a le plus interpelé, ce que l’on retient.
      – On peut se référer à un auteur et penser la thématique selon ce qu’aurait été son point de vue.
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      Avec ou sans préparation, chacun est le bienvenu, les cafés philo sont par définition, contre toute forme de discrimination et de sélection par la classe sociale, le niveau scolaire, etc.

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      René Guichardan, café philo d’Annemasse.
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      Ici, nous postons des cours, interviews, conférences dont nous avons apprécié la consistance philosophique
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      #6786
      René
      Maître des clés
        Compte rendu : le temps qui passe est-il perdu ?

        Nous étions huit participants.
        Nous nous sommes proposé cinq questions :

        1° Le temps qui passe est-il perdu ?
        2° Dans un monde identique pour tous, comment expliquer que nous ne le voyons pas de la même manière ?
        3° Comment l’art d’être soi est-il influencé par autrui ?
        4° Qu’est-ce que le soi ?
        5° En quoi faut-il croire pour se faire la guerre ?

        La question n°2 est étrange a priori : dans un monde identique pour tous, comment expliquer que nous ne le voyons pas de la même manière ?
        Mais il s’agit d’entendre la sous-question : Comment pouvons-nous ne pas nous entendre, alors que nous avons en commun un même monde ?
        Mais le vote l’a emporté pour “Le temps qui passe est-il perdu ?”

        Michel, l’auteur du sujet, explique sa motivation : j’ai eu affaire à des banalités du quotidien cette semaine, et je me demande si je n’ai pas perdu mon temps !
        De fait, par rapport à quoi le temps est-il perdu, par rapport à quelle autre activité, selon quelle attente ? Que se joue-t-il dans le temps perdu ?

        Ce qu’est le temps, comment l’habitons-nous ?
        Lors de cet échange, nous ne nous sommes pas attardés sur la définition du temps, son impossible « objectivité ». En effet, c’est la mesure du chronomètre, le déplacement de son aiguille sur le cadran qui est objectivé, non le temps lui-même. Ce dernier se trouve converti en déplacement d’objets dans un espace (Bergson) ou identifié par des événements, ses effets sur les saisons qui passent, sur les corps qui vieillissent. Le temps demeure une abstraction qui, paradoxalement, s’éprouve et ne s’annule pas (entropie). Il relève d’un idéel selon Platon, d’une intuition selon Kant. On peut témoigner de la manière dont on le perçoit, le ressent, dire ce que l’on en a lu et comment tel auteur ou tel autre le conceptualise, mais le temps échappe à toute objectivation. Il interpelle par son absence et seulement par les seules empreintes qu’il laisse. C’est donc le vécu subjectif du temps, en tant qu’il passe, qui nous interroge. Ce n’est pas non plus le sentiment du temps, qu’il soit long, court ou qu’il conduise à l’ennui, dont nous avons parlé. Ainsi, la question du temps-qui-passe interroge le sens que nous donnons à ce que nous en faisons : de quel sens l’investissons-nous ? Comment habitons-nous le temps ?

        Le temps nous est-il compté, ou seulement, accaparé ?
        Certes, il y a bien l’idée en arrière-plan que le temps nous est compté, d’où le fait que, non mis à profit, il est perdu. Pour autant, la volonté de ne pas perdre son temps peut nous le faire perdre en oubliant de « prendre son temps », autrement dit, d’être attentif à ce qui se vit, à la présence que l’on donne aux choses, à soi, à notre entourage, à un rapport qualitatif aux choses (critique de l’affairement perpétuel et de l’utilitarisme). Il apparaît que notre temps se trouve souvent accaparé par ce qui semble être des « obligations ». C’est une critique de notre rapport à l’aliénation aux choses, à l’ambiance, aux gens, à la société qui est évoquée. Ce temps non choisi est possiblement perdu en ce sens que nous ne nous le sommes pas approprié, que nous ne savons pas lui donner un sens. C’est comme si nous ne faisons pas par nous-mêmes nos choix : qu’est-ce donc qui choisit pour nous, par nous ? Mais entrons dans ce que souligne l’idée d’être attentif à soi, à ce qui se vit en soi du point de vue du perçu (phénoménologie).

        Le temps ne se perd pas lorsqu’on apprend constamment de soi.
        Le temps se perd, probablement définitivement, si nous n’apprenons rien de ce que nous faisons. C’est comme s’il s’agissait d’une absence à soi-même, une absence à soi-même éventuellement entretenue. Mais nous posons la possibilité d’un retour sur soi (la pensée revient sur ce qu’elle a fait) : qu’apprends-je dans ce cas-là, y compris lorsque je reviens sur des moments où j’ai été absent à moi-même ? Puis-je en apprendre quelque chose ? Si cet acte de conscience, de réflexivité s’effectue, alors je peux être disposé autrement. Je deviens observateur de moi-même et je peux ainsi apprendre de mes actes, de mes pensées, de mes ressentis. De fait, la question devient : qu’est-ce que j’apprends des expériences que je fais ? De quoi suis-je conscient quand j’agis, qu’est-ce qui commande mes choix, de quoi suis-je à l’origine lorsque je m’efforce d’être conscient de la raison de mes choix ? Ce questionnement ouvre sur trois orientations :
        1° Celle tournée vers l’intériorité (mes sentiments, mes impressions ainsi que l’examen de mes raisonnements. Le plus souvent, il s’agit d’analyses rétrospectives).
        2° Le questionnement orienté vers les causes extérieures que j’identifie (les influences qui inclinent mes choix, qu’elles proviennent de la famille, d’autrui, de la société, des médias et de ses lobbys).
        3° Et l’orientation, plus métacognitive cette fois, et qui demande : pourquoi est-ce que j’échappe à moi-même ?
        En dernier lieu, c’est un peu la question qui se pose, qu’est-ce qui m’empêche d’être à l’origine de mes choix, de me saisir moi-même, d’assumer la libre conscience de mes actes et de mes responsabilités ? Pourquoi est-ce que je reste pris par les choses qui m’obligent, mais avec lesquelles je me sens pourtant en désaccord, tiraillé ou en conflit ?

        Se lire dans le présent.
        Nous avons évoqué l’idée de traumatisme ou celle d’une enfance possiblement austère, sévère et qui empêche de revenir sur soi, ses émotions. Il y a peut-être, sur ce plan, des choses à entendre, mais pour lesquelles on se trouve empêché par les douleurs qui montent, des refoulements ou des dénis protecteurs. Peut-être manque-t-il dans notre environnement des interlocuteurs fiables, à l’écoute, empathiques ?
        Nous n’avons pas évoqué l’impossible retour sur soi en tant que, lorsque nous essayons de le faire, il est demandé à la pensée de se diviser elle-même entre ce qu’elle observe (l’observé) et le fait même qu’elle observe (l’observateur). Mais qui est l’observateur, à partir de quoi observe-t-il ? A partir de quel référent, selon quel présupposé ?

        Méditer ou s’observer avec une lucidité active.
        Lorsqu’on prend cette attitude d’observation tournée sur elle-même, l’attention se trouve comme figée sur elle-même, elle ne peut, le plus souvent, se diviser instantanément sans s’immobiliser ou se perdre dans l’indistinct. Il s’agit presque d’une pratique yoguique ou « schizophrénique » : s’observer penser revient à fixer l’attention dans une sorte d’immobilité momentanée. Puis, lorsque l’attention s’est dissipée, si nous ne sommes pas dans une pratique méditative (où l’attention s’exerce à demeurer attentive – consciente – de son état, de ses mouvements, mais sans intervenir), ce que l’on observe n’est souvent qu’une représentation, le souvenir d’un passé sélectionné ou le sentiment de son état du moment présent (lequel peut s’approcher d’un état méditatif).
        Mais écartons pour l’instant l’état méditatif, si la possibilité existe de recourir à des enregistrements audio / vidéo, l’observation objectivée de soi peut être salutaire pour observer dans un temps différé ses dires et/ou pour se replonger dans une situation a posteriori. (Voir en bas de page la référence à Yves Clos/Vigotsky sur « l’inconscient » qui dissipe l’attention et Natalie Depraz sur la phénoménologie)
        Pour rappel, nous nous efforçons de rester concentrés sur les raisons pour lesquelles le quotidien et notre vie en général peuvent se trouver si dénués de sens, car non habités par notre temps intérieur. A défaut d’y répondre, les questions suivantes restent en suspens : faut-il qu’il ne reste, comme souci de vie (inquiétude heideggérienne) que l’utilitaire, les distractions et la vanité de nos réussites quotidiennes ? Pourquoi ma vie manque-t-elle de plénitude ? Le rapport au fait que nous ne sommes pas habités par notre temps intérieur, mais que celui-ci nous échappe, peut constituer un angle de lecture (sans entrer dans la pensée d’Heidegger – référence plus bas).

        Le temps présent fait-il sens ? Une dispute quant à son devenir.
        L’amor fati (Nietzsche. L’amour du destin, voire la passion pour le destin), l’acceptation de ce qui est fait-il sens ? L’acceptation de ce qui est est-elle inconditionnelle / oblative / omnidirectionnelle (pour soi comme pour les autres) ? Se convaincre de ce qui est résulte-t-il d’une soumission, d’une résignation, d’un abandon de toute quête ? Cette attitude revient-elle à renoncer à sa liberté de penser, à l’exercice d’une conscience libre d’interpréter les faits, une conscience libre d’apprendre à se dégager de ses imprégnations ?
        Il y a là une dispute sur le concept de temps ou plutôt sur son devenir, ou alors sur ce qu’on fait du temps. Essayons de clarifier : le temps qui devient, c’est nous-même (l’observé) ou notre rapport à nous-même (l’observateur) qui est en devenir. Dernière possibilité, ce sont les deux, observateur et observé, qui sont en transformation l’un par l’autre. Distinguons : jouer l’acceptation, reconnaitre les choses telles qu’elles sont – ce type de positionnement a un effet déstressant par la prise de recul qu’il opère, il libère d’une pression sociale, d’une habitude comportementale ou relationnelle que l’on entretenait peut-être à son insu. Mais de quelle manière cela ouvre-t-il sur la question du sens ? L’observateur poursuit-il encore sa quête ou se contente-t-il du bénéfice acquis ? Le gain acquis en tranquillité n’est pas négligeable, on est d’accord, mais faut-il en faire une méthode, un but, un mode de vie, une vérité ? L’anxieux qui avale une pilule pour être tranquille, est-il plus libre ou seulement plus inconscient de son intranquillité ? Faut-il se contenter d’être libéré, d’être détaché ? Faut-il considérer l’équanimité comme la voie du sens et embrasser Schopenhauer, le bouddhisme ou le stoïcisme sans plus aucun regard critique ? Dans ces cas-là, l’observateur reste distinct de l’observé, tout en faisant de l’observé sa vérité du moment.

        Le temps contraint libre.
        A contrario, il y a le militaire qui s’engage, le détenu qui passe son doctorat, le patient interné pour se libérer de l’addiction des écrans grâce à un programme d’activités libres, mais contraintes. (Le patient choisit des activités librement – lecture, dessin, sport, tricot, etc., et il doit rendre compte de sa production, de ses pensées, de ses écrits à un soignant et/ou lors de groupes de parole et de moments de socialisation plus informels.)
        Ces situations de contrainte et de resserrement sur une discipline forcent la conscience à s’adonner à une activité qui produira un effet, c’est-à-dire la possibilité d’un retour sur soi par le biais de ses actions. On constate alors qu’il peut y avoir un effet « prise de conscience » d’un temps suspendu par contrainte et par autrui ; temps qui se trouve mis à profit pour un apprentissage (le détenu qui fait des études, le militaire qui s’engage, le patient qui accepte d’être contraint par un cadre thérapeutique « disciplinaire »).

        Jusqu’où forcer l’incarnation du temps ?
        Dans cet espace contraint, il s’agit en effet de mobiliser son énergie, ses ressources intérieures, de ne pas se donner le choix. C’est ainsi se donner les moyens de lutter contre la dispersion, l’absence de but, et se préserver de l’évanescence du sentiment de soi qui se perd. En effet, lorsqu’il est sans structure, le soi peut se perdre dans le vide, il peut éprouver le risque de sa néantisation (Sartre). C’est précisément ce risque qui rattrapera la conscience dans un sursaut de peur quand elle se trouvera au bord de la crise de panique, de l’angoisse existentielle. Aller plus loin, c’est prendre le risque de voir sa personnalité se dissocier. A nouveau, la question du sens se pose, mais secondairement à une expérience, secondairement à un vécu qui n’a pas laissé d’autre choix que de s’incarner dans une action qui, cette fois, laisse des traces en conscience, une conscience délibérée, réfléxive de ses actes. Mais suis-je content de moi, des retours sur moi dont témoignent mes productions ? Mes productions semblent dire quelque chose de moi, du temps que je leur ai consacré, d’un apprentissage qui s’est opéré, d’un devenir qui induit des changements. Qu’apprends-je de moi ? Arrivé à ce stade, il convient de clarifier les questions qui se posent : ces productions disent quelque chose de moi et, plus précisément, de ma relation à moi et/ou de ma relation à l’autre. Mais qu’en est-il ? Est-ce moi façonné par l’autre qui se crée ? Est-ce moi en réaction à l’autre ? Est-ce moi que je laisse advenir par le regard de l’autre ? Que se passe-t-il dans l’interaction ? Que s’échange- t-il de l’un à l’autre ? Qu’est-ce qui se transforme entre l’un et l’autre ?

        Reprenons.
        Le temps, lorsque nous l’incarnons en actions (contraintes ou libres), nous renvoie à nous-mêmes, à la valeur que nous donnons à nos actes, au sens que nous leur attribuons. Or, il se trouve que nos actions peuvent nous « emplir » si peu, ou même n’avoir aucun sens lorsque nous ne les incarnons pas en conscience habitée, lorsque nous ne savons pas d’où provient la cause de nos actes. Il se trouve ainsi que nous ne savons pas vraiment si nous existons :
        – pour « nous », pour s’admirer dans notre propre image (Narcisse),
        – pour se mirer dans le regard que l’autre nous renvoie (Narcisse via autrui),
        – par réaction à l’autre pour nous en défendre (surréagir, s’opposer),
        – par réaction à l’autre et nous replier sur l’en-soi, sur nos peurs, le quant-à-soi,
        – par le biais des interactions qui nous façonnent en direct, mais pour répondre aux attentes et aux pressions de la société.
        – et, dernière possibilité, par le biais d’interactions qui transforment l’un et l’autre, mais selon quel devenir ?
        En bref, faute de ne pouvoir répondre précisément à ces questions, c’est comme si nous étions toujours à distance de nous-même et d’autrui, comme si nous n’étions pas connectés à l’autre. Est-ce pour cette raison que notre vie manque de sens et/ou de plénitude : l’absence de connexion à soi et à autrui ? En fait, la question qui se pose est : lorsque je me sens pleinement connecté à la vie, à quoi le suis-je ? A moi selon des manières détournées, selon mes sentiments, ou à l’autre en direct ?

        Pour conclure :
        Nous sommes un peu restés sur cette question, à ce que je suis, indépendamment du fait que je puisse me sentir connecté, en accord ou en désaccord avec moi-même. J’ignore si nous avons des réponses, si chacun a seulement les siennes et s’il estime qu’elles sont suffisantes pour lui/elle ?
        Lorsque je suis en accord avec mon temps (le sens que je lui donne), avec mes attentions, mes sentiments, mes pensées, mes intentions, mes actes et avec autrui, qui suis-je, que fais-je, dans quel temps suis-je ? On peut estimer, si je ne suis pas dans un temps immobile (fixé sur lui-même), que je suis dans celui d’un devenir. La question étant : à l’aune de quoi je me façonne ou je me laisse façonner par le devenir en question ?

        Des références :
        Le schéma ci-dessous m’est inspiré de la conférence de Natalie Depraz : La dynamique de l’attention et de la surprise .

        L’attention est une forme de suspension de sa pensée.
        La question se pose de sur quoi est orientée l’attention (la chose observée) et à partir de quoi (quels sont les référents de l’observateur) ?


        Ce que l’on perçoit (le signe) est-il suffisant pour déterminer ce qui est juste ou vrai ? Non, n’est-ce pas ? Nos percepts doivent se référer à un objectivité située (conceptuelle, visuelle, auditive), en bref, examinable et extérieure à soi-même.
        Le lien vers la conférence de Natalie Depraz est posté dans le forum ici.

        Je fais également référence à cours-conférence d’Yves Clot (Unimail 2023). Il fait le lien entre l’enaction et Vytgosky, lequel s’inspire de Spinoza pour l’approche des émotions et des affects.
        C’est à la mn 20 de cette conférence qu’il mentionne l’attention comme une “vigilance” qui nous “délie” de son objet, en raison d’un inconscient (de préoccupations) détournant notre attention. Dans le forum ici, on retrouvera une prise de notes conséquentes de son cours, ce qui en facilite le cheminement de sa pensée.

        Sinon, pour Heidegger, j’ai bien aimé le résumé des “Philosophes”, ici.

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