Cafephilos Forums Les cafés philo Les sujets du café philo d’Annemasse Une participation au café philo des Bains des Paquis, dimanche 14 mai 2023 avec Ralph Muller, doctorant et youtubeur : la Cartouche. Thème liberté d’expression et écriture inclusiv

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    René
    Maître des clés

      Ci-dessous, ma prise de notes et certaines questions.

      Les raisons de ne pas formaliser l’écriture inclusive :
      1° L’accord du masculin en grammaire l’emporte sur le féminin, cette règle est perçue comme une extension de la domination masculine par une frange de la population.
      Or cette règle correspond à une catégorie conceptuelle, qui est donc purement abstraite, elle est dite « neutre » (ni l’un ni l’autre), et ne s’applique dans la langue qu’à la grammaire.
      Toutes les langues sont construites selon une forme de base (dite non marquée) et une forme dérivée. L’une des formes de base en français est le masculin, laquelle permet des ajouts pour préciser, nuancer notre pensée.
      De fait, la perte du neutre correspondant à une perte de catégorie conceptuelle.

      2° L’argument de l’écriture inclusive est « élitiste », puisqu’il concerne l’écrit, non le parler, et elle complexifie la graphie :
      > augmente le nombre de signe et de prononciation,
      > détourne la ponctuation habituelle (avec des ajouts de tiret, de point)
      > Contrevient au principe de base de l’écrit qui est la linéarité : un mot à la fois. Or l’écriture inclusive impose plusieurs termes à prononcer et à signifier dans une graphie, précisément à cause de la perte du concept de neutralité.

      3° Le militantisme
      L’empêchement de la conférence d’Eric Marty (prof de littérature) par un groupe de militants a été un élément déclencheur de mon questionnement et de ma prise de position, en particulier, en raison de leur mode d’opposition : insultes, crachats exprimant une irruption pulsionnelle se suffisant à elle-même. Des militants sans argumentation, qui reconnaissent n’avoir pas lu l’auteur et qui se comportent gratuitement avec beaucoup d’arrogance, de rire, de vulgarité, tandis que toute une équipe s’évertuait à établir le dialogue avec eux.
      De fait, il y a une rupture entre, une souffrance exprimée sur des réseaux sociaux et le comportement de ces militants dans la vie réelle.

      On peut vouloir remettre en cause l’ordre établi, et il faut le faire, mais pas de cette manière (vulgairement, sans argument, sans respect pour autrui) et pas en augmentant l’atomisation sociétale ou l’hyper individualisation des comportements sur la base des subjectivités de chacun.

      Des questions qui me restent, alors qu’elles ont été abordées lors de l’échange.
      Pour que les questions de genre soient devenues si prégnantes, elles doivent avoir des raisons, certes sociétales, voire politiques (lobbystes) et psychologiques (intra-subjectives)
      > Mais comment comprendre le mal-être généralisé de toute une génération de jeunes et moins jeunes qui ne savent plus de quel genre ils sont ?
      > Comment se construit l’identité de genre ? Que savent les sciences humaines à ce propos (anthropologie, sociologie, neuroscience, psychologie) ?
      > Il convient de souligner le bruit médiatique des problèmes de genre, et le nombre effectif de personnes se sentant concernées, mais qui ne cessent d’évoluer depuis les années 1995 (voir graphique ci-dessous), alors que le nombre de personne souffrant d’une question d’intersexualité génétique à la naissance ne change pas. Il s’élève à environ 1% de la population. De fait, un mal-être social demande à être analysé.
      > De plus en plus de personnes rejettent, à raison, les rapports de domination et souhaitent s’autonomiser, ou se considérer comme autonomes. De fait, l’indifférenciation ressentie, voire expérimentée dans le partage des tâches et des professions, conduit à ne plus se situer comment « dépendant » ou « complémentaire » de l’autre, mais comme une « idéalité autonome ».

      En somme, chacun est libre et plus personne ne se lie vraiment à l’autre, voire, chacun se méfie de l’autre, qui est toujours susceptible de fuir ou de trahir la relation. C’est un éventuel contre-argument à Sylviane Agacinski qui défend l’idée de préserver des « différences » pour jouer la complémentarité. Mais cette différence-complémentaire se décide-t-elle alors que subjectivement, tous les liens sont devenus fragiles, précaires, insuffisants ?

      Eric Saddin, auteur de L’ère de l’individu tyran, est évoqué, car il explique comment notre société « connectée » réifie autrui et fait de lui des objets à notre service ou des obstacles à nos projets.

      De fait, c’est comme si nous étions mis devant l’état de fait d’un monde qui se « déshumanise » (car sans lien) réduisant chacun à un artefact jetable.
      A partir de là, je trouve que les questions à se poser ne sont pas évidentes…

      Dernièrement, j’ai apprécié les propositions de Joelle Zask (spécialiste de J. Dewey, et auteur de Ecololgie et démocratie – voir notre forum ici), de même que l’engagement de Barbara Stiegler et de Christophe Plébarthe. Cliquer ici.
      J’ai apprécié aussi le sociologue, Thierry Brugvin qui rend compte des différentes manières et niveaux par lesquels une démocratie se corrompt (cliquer ici).

      L’image ci-dessous est tirée de la conférence de Franck Ramus (CNRS), dont on trouve le lien dans ce forum. Cliquer ici

      Autre proposition, ce lien (dans notre forum) vers cet interview d’Arnaud Dotezak, il rend compte de la manière dont les notions de “citoyen” et “démocratie” sont vidées de leur sens pour servir une certaine idéologie de la mondialisation.

      Lien vers la chaine Youtube La cartouche de l’auteur Ralph Muller. Cliquer ici.

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      René Guichardan, café philo d’Annemasse.
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