Cafephilos Forums Les cafés philo Les sujets du café philo d’Annemasse Sujet libre avec compte rendu : est-il permis de se nuire ? Proposé par Marie-Thérèse, ce lundi 03/06/2024

2 sujets de 1 à 2 (sur un total de 2)
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  • #7415
    René
    Maître des clés

      Rencontres philo pour le monde d’aujourd’hui, tous les lundis à 19h00
      NOUVEAU LIEU BRASSERIE L’ATLAS, 16, place de l’Hôtel de Ville. 74100 ANNEMASSE
      juste à côté de l’ancien lieu, la Taverne

      Pour ce lundi 3 juin 2024 (le compte rendu suit en bas de cette page, dans ce même fil du forum)

      Séance animée par Nadège, sujet choisi parmi les propositions de chacun.
      Nous remarquons depuis quelques séances que nous venons avec des propositions assez solides, parfois relativement préparées. Nous n’avons simplement pas le temps de l’annoncer via les réseaux.

      Nous vous invitons néanmoins à venir avec vos propositions, vos questions ou encore des citations. Éventuellement, elles seront retenues par un vote ou inscrite sur notre agenda pour une prochaine fois.

      Pensez à des sujets qui vous importent. Nous défendons l’idée que l’on philosophe mieux à partir des thèmes qui comptent pour soi, qui nous impliquent ou des questions qui nous motivent en raison de ce qui est dit, ici, lors de nos rencontres ou dans la société et les médias.

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      Compte rendu écrit de notre dernier sujet : Colonisation et rapports de domination. Cliquer ici.

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      Dernier compte rendu du café philo de la Maison Rousseau Littérature. De la pitié, comme fondement à une morale ? Introduit par Mickael. Cliquer ici.
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      Règles de base du groupe
      – La parole est donnée dans l’ordre des demandes, avec une priorité à ceux qui s’expriment le moins.
      – Chacun peut prendre la parole, nul n’y est tenu.

      Pour limiter les effets de dispersion dans le débat
      – On s’efforce de relier son intervention à la question de départ, de mettre en lien ce que l’on dit avec ce qui a été dit.
      – Pour favoriser une circulation de la parole, de sorte à co-construire le débat avec les autres participants, on reste concis.
      – On s’attache davantage à expliquer la raison de sa pensée, plutôt qu’à défendre une opinion.
      – On s’efforce de faire progresser le débat.
      – Concrètement, on évite de multiplier les exemples, de citer de longues expériences, de se lancer dans de longues explications, mais on va au fait de son argumentation.

      > Le moment de la conclusion peut donner l’occasion d’un exercice particulier :
      – On peut dire ce que l’on pense des modalités du débat.
      – On peut faire une petite synthèse d’un parcours de la réflexion.
      – On peut dire ce qui nous a le plus interpelé, ce que l’on retient.
      – On peut se référer à un auteur et penser la thématique selon ce qu’aurait été son point de vue.
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      Avec ou sans préparation, chacun est le bienvenu, les cafés philo sont par définition, contre toute forme de discrimination et de sélection par la classe sociale, le niveau scolaire, etc.

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      René Guichardan, café philo d’Annemasse.
      > Lien vers les sujets du café philo d’Annemasse, ici.
      – Le café philo à la Maison Rousseau Littérature à Genève, le premier vendredi du mois, c’est ici.
      Le café philo de l’Ehpad, les Gentianes, Vétraz-Menthoux. Annemasse”
      > Lien vers le forum des problématiques de notre temps (écologie, guerre, zoonose, démographie et philosophie.
      Ici, nous postons des cours, interviews, conférences dont nous avons apprécié la consistance philosophique
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      #7438
      René
      Maître des clés

        Compte rendu : Est-il permis de se nuire ?

        Nous étions 5 ou 6 personnes. Le petit nombre de participants nous donne le temps d’explorer le sujet sous tous les angles, d’autant plus que nous le comprenions pas vraiment, mais il a été préféré à cette autre proposition : sous la contrainte, une pensée peut-elle être libre ?
        Le grand nombre peut permettre une plus grande diversité des interventions, quoiqu’indépendamment du nombre, le plaisir, l’exigence et le besoin de philosopher se font entendre de la même manière.

        Moralement, peut-on se nuire à soi-même ?
        C’est ainsi que l’on comprend l’idée de permission, sous le rapport d’une contrainte morale à soi-même, et c’est la difficulté essentielle que cette question nous a posée.
        Objection première : qui d’autre que moi peut décider de mes “plaisirs”, y compris s’ils sont mal compris et s’ils me nuisent ?
        Seconde objection : le mal (supposé) ou avéré que je me fais (addiction aux jeux, à l’alcool) et autres plaisirs susceptibles de nuire à ma santé ou de mettre ma vie en péril (sport à risque, conduite imprudente)  ou encore, le suicide, peuvent être de plus grands biens, sinon un soulagement que le mal-être, l’angoisse première que j’éprouve dans le fond de moi.
        Troisième objection : Le mineur qui vante la fierté de son travail pour la communauté, en dépit des risques qu’il connaît pour sa santé, ne prend-il des risques que pour lui-même ? Cette troisième objection est “indirecte” quoique le sentiment de sa fierté (honneur) puisse être souligné et valorisé en priorité, si bien que c’est pour lui qu’il prend des risques, en les cachant derrière un sacrifice pour autrui.

        Nuire et la question des conséquences
        Si l’on met de côté la question de se nuire pour la ramener à celle des effets sur soi, sur la société et sur l’environnement, les conséquences d’une action peuvent se mesurer en termes de valeur “morale” entendue, comme souhaitable/désirable/enviable.

        Dès lors, deux éléments sont à prendre en compte : les conséquences, comme nous venons de le mentionner, mais aussi, un calcul bénéfice-risque qui s’effectue par comparaison à une autre action : que se passerait-il si je faisais autre chose que “fumer”, jouer ou m’acharner à un travail qui me tue ?
        La question de se nuire se comprend ainsi différemment lorsqu’elle est placée dans le contexte de la subjectivité du sujet d’une part et, d’autre part, de ses effets sur soi. Il est fort possible que nul autre que moi soit en mesure de juger de ma personne, non pas que mon individualité ne s’arrête qu’à ma seule enveloppe physique, mais moi seul sait ce que j’éprouve dans ma subjectivité. Cela dit, ce “soi”, sur le plan ontologique, est à ramener à autrui et à la société.

        Entre soi et autrui.
        En effet, entre soi et autrui et, plus largement, avec la société, se pose la question de ce qui nous lie autant à soi-même qu’à nos proches et à la société. Nous pensons aux rapports d’attachement. Bien que ceux-ci puissent être “fragilisés” (abîmés) , la question des risques que nous prenons ou des nuisances que nous exerçons sur soi et/ou autrui est relative à une manière de nous sentir “lié”au monde, et de manifester nos attachements.
        Ainsi, ce que l’on fait de soi, et les conséquences que cela entraine, ne témoignent pas uniquement pour soi, mais adressent un message à nos proches, à la société, en ce sens que nous existons, comme vivant, dans une épigénèse à autrui.
        Certes, nous sommes libres de témoigner de notre message. Mais jusqu’où le subissons-nous en raison des pénibilités/épreuves initialement accusées ? Dès lors, sommes-nous libres si nous sommes “victimes” et non plus acteurs de notre vie ?

        En arrière-plan de notre débat, il y avait l’idée “d’individualisme” : jusqu’où le sentiment d’être soi m’invite à me considérer totalement libre, tant que cela ne regarde pas les autres ?
        La question s’entend fort bien. Pourtant, ontologiquement (Philippe Descola), elle est un travers propre à notre société qui incline chacun à considérer son “être” comme “seul” (isolé en lui-même) et non comme “relié”. Or la condition de tout vivant est bien celle d’être relié et, par conséquent, d’être significatif pour autrui. Ainsi, pour répondre à la question : est-il permis de se nuire ? Nous pourrions répondre, dans la mesure où mon soi ne témoigne pas seulement de “moi et de mon passé”, car il véhicule également une idée que je porte de l’humanité, nous pourrions donc demander : de quelle cause, voire de quelle liberté, est la permission que je me donne de me nuire ? Dès lors, la question est morale, car l’idée que je véhicule de moi, est également celle que je tiens pour l’humanité.

        Ps : il y a un autre travers que j’ai oublié de mentionner, celui du biais de “perception” : la conscience que j’ai de moi ne s’arrête pas à la perception que j’en ai. Autrement dit, je suis beaucoup plus que la perception que j’ai de moi, et les liens par lesquels je me construis n’apparaissent pas immédiats à ma conscience qui, généralement, se laisse obnibuler par elle-même (ses efforts, sa fiereté, son angoisse).

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        René Guichardan, café philo d’Annemasse.
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