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Bonjour à tous,
Voici un compte rendu (une ou deux problématiques retenues) de notre échange sur la citation d’Hannah Arenth. Je propose directement une capture d’écran de la citation suivie d’une brève explication. J’y reviens plus bas dans le compte rendu. Mais, dans un premier temps, je préfère soulever une ou deux problématiques sur les orientations du débat.

Nous étions environs 25 participants durant cette rencontre…
Compte rendu en cours d’écriture. Merci pour votre attention.
7 avril 2026 à 11h52 en réponse à : NOUVEAU, PRATIQUE PHILO A VISEE DE CONNAISSANCE DE SOI. GRENOBLE #8130Bonjour,
Pour ce second café philo orienté vers la connaissance de soi. Nous pouvons partir directement d’une question qu’un participant se pose.
A défaut de question, partons directement des deux questions qui terminaient le dernier compte rendu.

A la différence du café philo « classique », on tente durant l’échange, de rendre compte de manière spécifique aux présupposés qui conditionnent nos réponses.
Le dialogue peut prendre, ponctuellement, la forme d’une consultation où il s’agit de soutenir le questionnement d’un-e participant-e en vue de remonter à : des croyances, des principes, des convictions, une éthique, etc… En bref, à examiner des conditions de possibilité de ce qui fonde notre pensée du moment et/ou à la valeur d’une éthique qui la soutiendrait.Finalité : oser penser par soi-même (Kant), s’émanciper, s’assumer en conscience et en liberté dans notre rapport à soi et à autrui. Viser une lucidité sans nier la sensibilité, faire apprentissage d’authenticité.
Ce qui n’est pas recherché : forcer la sensibilité d’autrui, sa pensée et/ou lui imposer une vision spécifique. Ne pas lui reconnaître le chemin spécifique de son autonomie, la liberté singulière d’accéder à lui-même.
Les informations de ce groupe passe par le groupe Signal (cliquer ici) pour celles/ceux qui souhaitent nous rejoindre.
La réservation à ses séances est appréciée, le nombre de participants est limité.
Merci de m’envoyer un message privé via le groupe Signal ou WhatsApp. (Comme tout groupe de parole, il y a des impératifs (qu’on pourrait dire « catégoriques ») :
– respecter la sensibilité et la parole d’autrui.
– ne pas rapporter à l’extérieur du groupe ce qui s’y est dit.
– savoir suspendre son jugement.
– considérer autrui comme autonome (en puissance et potentiellement en acte) dans son être et sa pensée.Chaque séance comprend un temps d’échange, puis un temps de retour-critique sur la manière dont elle s’est déroulée.
Par rapport à la philosopohie, nous pouvons l’entendre telle qu’elle se présente dans le schéma ci-dessous.
Quand et où ?
Généralement, le second dimanche du mois, vers 18h30 au café Chimère, 12, rue Voltaire. Grenoble.Au cas où : en fin de café philo le mardi, après 20h30, un moment questions-réponses peut être réservé à cette activité.
A bientôt si vous souhaitez nous rejoindre.
————————————-
René Guichardan, café philo d’Annemasse.
– Des cafés philo à Grenoble. Cliquer ici pour accéder aux forums (et aux comptes rendus).
– Le groupe WhatsApp des cafés philo sur Grenoble. S’enregistrer ici pour être informé des sujets (bientôt, nous passerons vers l’application Signal).
> NOUVEAU : Le groupe Signal pour une philosophie pratique de la connaissance de soi. Cliquer ici.
> Lien vers les sujets du café philo d’Annemasse d’avant, (avec comptes-rendus) ici.
> Agenda Google où sont postés nos activités cafés philo (vous pouvez vous abonner à cet agenda.)24 mars 2026 à 10h35 en réponse à : NOUVEAU, PRATIQUE PHILO A VISEE DE CONNAISSANCE DE SOI. GRENOBLE #8122D’autres questions me sont venus suite à cette rencontre.
Ces questions portent sur les registres de l’intime et du public (ce que l’on présente au public) et du souterrain : ce que l’on garde pour soi et/ou/ mais que l’on peut confier à un proche, à un thérapeute, à des intimes.
Jusqu’où sommes-nous transparents à nous-mêmes ? Jusqu’où peut-on s’autoriser à l’être ?

10 mars 2026 à 21h19 en réponse à : NOUVEAU, PRATIQUE PHILO A VISEE DE CONNAISSANCE DE SOI. GRENOBLE #8114Compte rendu de la séance 1
Thématiques abordées : justice, sentiment de justice.
Soutenir une question et/ou accompagner vers un dire.Nous étions trois participants pour ce premier échange. Ce format en petit comité a permis une intimité et une sincérité qui auraient été certainement moins évidente dans un groupe plus élargi.
Nous nous sommes prêtés librement à un exercice de consultation entre nous… Je resterai discret sur le contenu des échanges en eux-mêmes, car nous nous sommes naturellement accordé une confiance réciproque, ce qui nous a autorisé à aller assez loin dans l’échange. Toutefois, voici quelques éléments qui ont retenu mon attention.
Nous ne sommes pas partis d’une question du « consultant ».
L’un d’entre nous a invité un participant à une « consultation ». Ce dernier (donc, le consultant) est parti d’une situation qu’il éprouvait, mais sans poser de question.
Dans ce cas-là, quel est le rôle du « philosophe consulté » (celui/celle qui conduit l’entretien) ?> Normalement, il s’agit d’aider à la recherche d’une question » et/ou de partir des termes/notions/concepts du consultant, s’il ne pose pas de question, de sorte à lui faire préciser ce qu’il entend.
Mais, le consultant ne semblait se poser aucune question par rapport à ce dont il témoignait (car les choses lui semblaient claires à ses propres yeux), bien qu’elles fussent « difficiles » (disons : raisonnablement pénibles) » à vivre.
Pourtant la consultation n’est pas un groupe de parole où l’on vient témoigner de sa vie. Il s’agit bien de soutenir une question ou de la rechercher… Mais peut-être, lorsqu’il s’agit seulement d’un témoignage (qu’il soit désagréable ou pas à soutenir), l’accompagnement philosophique peut consister à soutenir une parole qui se cherche. Ce premier pas précède peut-être la question qui va se poser (?). La mise en mots peut être considérée comme un travail actif du consultant (une volonté mise en acte qui précède des ouvertures à soi, à l’autre).
De la justice au sentiment de justice.
En ligne de fond, il y avait un problème de « justice », une justice relationnelle où le lien de « solidarité » ou de fraternité n’était pas « respecté ».Or, la justice fait toujours référence à des normes et, ici, il s’agissait d’un sentiment. Le fait est, dans une relation, que chaque protagoniste est mû par des sentiments propres, chacun a les siens, y compris dans une fratrie. Mais dans la consultation (ou l’entretien) l’autre est « absent », nous n’avons accès qu’à la version d’un seul (aussi sincère et honnête que semble son témoignage). Dès lors, il est impossible de « juger » des mobiles de l’autre » (d’ériger son jugement à l’échelle d’un commun, d’une généralité ou encore d’un universel). Seul le sentiment éprouvé de sa propre justice nous est accessible. Or, lorsqu’il s’agit d’un sentiment, on quitte le domaine de la norme « publique » (judiciaire, coutumière, clanique ou familiale) pour éventuellement entrer dans celle plus spécifique d’une esthétique singulière (ce qui s’éprouve). Ce qui s’éprouve peut alors prendre plusieurs formes :

L’échange s’est par la suite orienté non pas vers la recherche d’une question, mais vers la précision de ce qui se passait dans une situation relationnelle. Ici, deux choses étaient à distinguer : ce qui est rapporté (objectivé) de la relation et ce qui est rapporté du vécu (subjectivé) de la relation.

Il ne s’agit pas de savoir ce qui est juste en soi, mais d’entendre la raison de ce qui se vit.
Or, dans ce cas, la raison se traduit par un éprouvé. Il s’agit d’entendre la raison d’un « éprouvé », et en quoi il (l’éprouvé ou la raison qu’on lui trouve) fait problème.
Le problème peut se traduire de plusieurs manières :
Pour conclure
Le soutien, fondamentalement et tel que je le conçois en consultation philosophique, se traduit par un accompagnement aux questions que se pose le « consultant ». Mais il peut s’agir également de soutenir un dire, la mise en mots d’une expérience, d’un vécu.
Je pars également du principe que l’accompagnement vise l’autonomie et/ou l’émancipation du consultant. C’est une hypothèse de travail, je ne présuppose pas que cette autonome soit une réalité actée. Non, il y a des vulnérabilités structurelles et/ou inconnues de soi (du consultant comme du consulté).
Je pars d’un autre principe, cette recherche dans l’accompagnement se construit à la fois intérieurement (le long d’un dialogue avec soi) et dans un rapport à l’expérience de sa propre humanité, ce que l’on peut soutenir de soi. Il n’est pas inconcevable, de mon point de vue, que le sentiment de sa propre « humanité » soit « insoutenable », autrement dit, qu’on ne veuille ou qu’on ne puisse le faire advenir à sa conscience en raison, notamment, des expériences que l’on a vécues.
Je ne rejette pas non plus l’idée que l’on ignore par avance les chemins de ce qu’il est possible de faire advenir.
D’un point de vue philosophique, humain et épistémologique, certaines questions restent ouvertes et, de fait, les formes d’accompagnement à la connaissance de soi, également.

Fin du compte rendu.
Merci pour votre attention.
Soyez libre de rédiger une réaction, votre point de vue, et si vous avez participé à cette séance, ce que vous en avez retenu.
Une réaction de Pascal Fautrat
Merci ++ pour cette session et le compte rendu !
Je comprends le glissement de la question du moi (à partir du texte de Pascal) à celle du déterminisme et de la liberté, ces concepts sont liés mais je me demande si nous ne sommes pas sortis du sujet…?
Clarisse semblait trouver inévitable que nous en arrivions là, comme si l’un était dans l’autre. Je n’ai pas compris cette évidence et la lecture du compte rendu de m’a pas permis d’y voir plus clair…Ma réponse (en attendant)
Oui, merci. C’est une excellente question.
Deux éléments d’une réponse générale :
1° Je privilégie les causes du questionnement de l’introducteur (ici, Clarisse)
2° Et moins les connaissances de l’auteur, ici, Pascal.> De fait, le questionnement de Clarisse s’inscrit à la fois dans une quête et dans une rencontre. Il faut donc que la rencontre se fasse précisément par les pensées, les arguments que nous (les participants) opposons à la question de la « substance » et/ou des propriétés du « MOI ».
Quant aux connaissances liées à la philosophie de l’auteur, Dans un café philo, on rencontre rarement des spécialistes de chaque penseur, et mes connaissances restent très générales et limitées.
Donc, l’idée est d’aller aussi loin que possible dans le sujet tel que le présente un-e introducteur-e, tout en composant avec les disponibilités, les aptitudes et les volontés des participants (dont les miennes) à se déterminer à creuser le sujet. La réflexion est collaborative, réflexive… La question de la substance du MOI se pose, mais jusqu’où elle peut être « partagée » et/ou empêchée par un collectif ?
J’essaie de reformuler votre question (peut-être Clarisse souhaitera préciser ?) :
Clarisse semblait trouver inévitable que nous en arrivions au fait que ((selon ce que je comprends) le MOI de Pascal, ne renvoyant à rien de substantiel, nous sommes tenus de le considérer comme « rien ».
A partir de là, notre liberté est questionnée, car le « rien » que nous sommes, n’expriment par ailleurs, que des propriétés sociales, biologique, physiques qui, elles sont très déterminées.Or, il a fallu, dans notre débat, clarifier (avec les participants présents) les idées qu’eux-mêmes se faisaient du « MOI ».
> Donc, glissement que je prends comme une exploration de la pensée d’autrui pour prendre en compte leur manière de penser le MOI.
Reste à savoir quelle question vous vous posez, si je l’ai comprise ? Et s’il est possible de s’entendre sur l’idée d’un « Moi » qui est rien ? Pour cette raison, je souhaite parfois travailler en plus petit groupe, en vue de mieux explorer le cheminement de la pensée d’une personne, et sans aller plus loin qu’elle ne le souhaite elle-même.
Cela dit, le forum peut permettre une autre progression de la pensée. A voir.Merci pour votre attention.
Au cas où, dans les introductions, il y a toujours des ressources, que j’estime assez bonnes. Ensuite, il faut vraiment aller à l’université ou écouter des cours de niveaux universitaires pour aller plus loin dans les textes :
Des ressources, au cas où :
– Une analyse du texte de Pascal sur le site dédié. Cliquer ici.
– Une explication du texte sur France Culture. 2015. Cliquer ici.
– Pascal et la proposition chrétienne, par Pierre Manent, au Cercle Aristote. 2023
– Les réponses aux questions du Cercle Aristote.
– Pascal, vu par l’historien Henri Guillemin (fort intéressant pour connaître l’homme)
– Un film sur la vie de Pascal. 1971. Réalisateur Roberto Rossellini.Compte rendu : qu’est-ce que le moi, selon Pascal ?
Introduit par Clarisse.Nous étions entre 25 et 30 personnes pour ce débat. Merci à Clarisse de l’avoir suggéré et présenté.
Un mot sur l’ambiance.
Le débat a été très riche, je n’ai pas perçu d’enlisement dans la pensée. Toutefois, vers la fin de l’échange, il y a eu un moment de tension. Certaines pensées étaient considérées comme scandaleuses, comme si elles étaient non écoutables, non admises, voire intolérables, alors, qu’elles exprimaient un point de vue argumenté, celui de la sociologie, laquelle a toute sa place dans un débat philosophique.
Il est difficile de savoir jusqu’à quel point un moment de tension participe d’un intérêt pour la pensée ou si elle témoigne en réalité de ses limites. Jusqu’à quel point faut-il soutenir la tension, la contraindre ou aller à son terme et en suivre ses excès ? Faut-il d’emblée apprendre à contenir ses tensions et savoir les dépasser en situation de débat philosophique ? Nous (je, en tant qu’animateur) n’ai pas de réponse toute faite à ce genre de situations. Ce sont des moments à jamais inédits. (J’en parle davantage en fin de ce compte rendu.)Rappel du texte de Pascal mis en débat (l’introduction et les sources sont ici) :

Une ou deux idées à retenir de la lecture de Clarisse sur cette pensée :
Il n’y a pas d’identité personnelle, on n’a pas d’essence, qui soient personnelles, nous ne sommes rien d’autres qu’un ensemble de qualités périssables. En suivant cette thèse, le moi n’est que néant, en tout cas, il n’est pas grand-chose. Si vous avez un avis contraire, je serai ravi de vous écouter, car vous allez pouvoir démonter cette thèse (note 1).
Ci-dessous, une mise en perspective généralisante par des schémas : d’où prend-on les idées que l’on a du « moi » ?


Question suivante :

Une réponse intermédiaire possible :
Une histoire nous inscrit dans le temps, des appartenances, des attachements profonds (lesquels sont biologiques), des affects liés au corps (on somatise ce que l’on est), en bref, ce que l’on est (le réel) dépasse le savoir (la théorie) que l’on a de soi, que ce savoir provienne de notre subjectivité ou de sources extérieures, comme les sciences (autonomie vs hétéronomie dirait Kant).Mais comment aller plus loin, plus finement dans l’analyse de ce qui se joue ?

N’en savons-nous pas assez ou posons-nous mal le problème ?

« Il y a ce que je sais, et qui est étroit,
il y a ce que je sens, qui est infini. «
Christian Bobin.
Le problème le plus aigu qui s’est posé concerne le lien entre déterminisme et liberté. Or, sans liberté, le déterminisme social, psychologique, biologique et physique annule l’éthique, la morale et les valeurs, ne laissant que la nécessité, les besoins vitaux (animaux) et les distractions, diraient Pascal, régner en maître sur nos esprits (et sur la possibilité de nous gouverner). Sur un plan plus strictement philosophique et épistémologique, volonté, affect et savoir sont liés.

Désigner les choses, préciser les liens, construire un cheminement autant vers soi que vers l’autre, dans un monde qui nous traverse de part en part.
Fin de l’essentiel du compte rendu.
Un mot par rapport à la tension qui s’est exprimée en fin de débat.
La tension touchait précisément ce rapport entre déterminations (physique, biologie et sociologie) et la question de la liberté : sommes-nous vraiment maîtres de nos choix, ou simplement façonnés par ce qui nous constitue, notre environnement et notre passé ?
Effectivement, se mêlait à notre échange tous les champs de la réalité, et notamment, l’hyper-individualisme de la société consumériste et celui des écrans. Ce cocktail de la modernité contemporaine confine chacun dans un en-soi-pour-soi, le déconnectant ainsi du reste du monde, tout en lui donnant l’illusion du contraire. S’ensuit une perte de sociabilité, une perte du sens de l’autre et, en conséquence, un désintérêt pour tout ce qui nous est commun et qui est susceptible de se rapporter à l’intérêt général.Comme mentionné en début de ce compte rendu, je n’ai pas de réponse prédéfinie à ce type de tension qui survient dans un débat philosophique. De fait, l’idée est de se référer à la « pensée » (à notre conscience, à notre éthique), tout en assumant les émotions qui nous traversent. Se joue ici autant un principe de reconnaissance que celui d’un dépassement (d’un questionnement de nos limites). En effet, il faut savoir se tenir face à un public diversifié, souvent bien formé, tout en sachant distinguer ce qui est sien et ce qui relève d’autrui. Paraphrasant Spinoza : il ne s’agit ni de rire, ni de pleurer, ni de haïr, mais de comprendre. C’est là toute la difficulté : j’ignore jusqu’où chacun peut se distancier de ses pensées, de ses affects, tout en reconnaissant ceux des autres ? J’ignore le potentiel de transformation/changement de chacun, et j’ignore également jusqu’où peut s’étendre le mien. J’apprends avec vous, et avec tout le monde.
La pensée est sensible (Deleuze parle de percepts où la pensée et les affects se mêlent)
Ainsi, à quel moment nos affects se traduisent-ils en pensée ? Notre pensée détermine-t-elle nos affects ou est-ce l’inverse : ce sont nos affects qui déterminent notre pensée ? C’est en partie la question que je percevais lors des dernières interventions, s’y associait un problème d’ordre « épistémologique ».

Les dernières problématiques échangées
Le démon de Laplace.
Le démon de Laplace a été mentionné, il nous propose cette hypothèse : la position de chaque atome étant connue, tout ce qui arrive peut-être prévu) – voir ici (cairn.info) la formulation exacte et l’analyse du problème)
Ou ici, la même question traitée selon différents paradigmes de complexité. Laquelle vous paraît-elle la plus réaliste, compte tenu de nos savoirs d’aujourd’hui ?En résumé, Il est impossible de connaître simultanément la position et la vitesse de tous les atomes, car la mécanique quantique obéit à des lois différentes de la physique classique. La théorie de l’émergence montre que de nouvelles propriétés peuvent naître des interactions, produisant des matières ou phénomènes inattendus. De plus, la complexité du vivant empêche les jumeaux homozygotes d’avoir un système immunitaire ou des connexions neuronales identiques ; chaque individu reste unique, influencé par son espace, son temps et ses perceptions. Ainsi, le vivant ne se reproduit jamais strictement à l’identique (voir Georges Canguilhem – Le normal et le pathologique).
La question de Lavoisier (rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme) met en évidence la notion universelle de transformation. Ce principe suggère que la raison ne permet pas d’établir l’existence d’une essence transcendante du « moi », problématique initialement soulevée par Clarisse et Pascal. Toutefois, réduire la réflexion à une approche strictement physico-chimique des corps comporte ses limites, car il subsiste une méconnaissance quant au potentiel de transformation des éléments et du vivant consécutivement à leurs interactions. De surcroît, la stabilité des choses, les conditions ainsi que les étapes propres à toute transformation demeurent incertaines.
À l’issue de cette analyse, il est légitime de s’interroger sur l’étendue réelle de notre liberté : en avons-nous trop ou pas assez ? Mais, peut-être, ce qui nous fait défaut, c’est davantage de méthode pour réfléchir collectivement à des sujets philosophiques ? Cela me permet de faire le lien avec le café philo dédié à la connaissance de soi.Du café philo de la connaissance de soi.
Il s’agit de se donner la possibilité d’aller plus loin dans l’exploration de certaines questions. L’idée est d’approfondir une thèse soutenue par l’un ou l’autre des participants, et de la travailler de manière serrée en petit comité.
Cette pratique du dialogue (et/ou de la consultation philosophique) peut se justifier pour renforcer notre attention-concentration tout en les associant aux compétences de quelques-uns parmi nous. Nous partons du constat que certaines de convictions sont « identifiées » à des résistances (ou à des impensés) et qu’il nous faut parfois tester la valeur épistémologique et/ou herméneutique de nos pensées pour en éclairer des aspects passés sous silence. Si vous souhaitez essayer, vous trouverez des informations dans ce forum, ici. Chacun peut venir et se rendre compte par lui/elle-même de cet échange, mais il faut obligatoirement s’inscrire à ces rencontres (doodle ici).Note 1, par rapport à l’introduction de Clarisse. Merci à Clarisse pour ce premier débat : Il est très intéressant d’être attaché à une thèse, tout en se réjouissant d’en voir la possibilité de la questionner. C’est ainsi que l’on peut prendre du recul par rapport à sa manière de se penser, d’écouter et de comprendre le positionnement d’une diversité de participants. Faisons également le lien avec une manière de penser la philosophie.

Si vous avez lu et/ou participé à cet échange, n’hésitez pas à en rapporter ce que vous y avez retenu ou à rédiger votre propre intervention. Merci pour votre attention.
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René Guichardan, café philo d’Annemasse.
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> Lien vers les sujets du café philo d’Annemasse d’avant, (avec comptes-rendus) ici.
> Agenda Google où sont postés nos activités cafés philo (vous pouvez vous abonner à cet agenda.)Ci-dessous, un argument d’Aristote en faveur de la démocratie.
« Actuellement, en effet, ce sont les citoyens réunis qui rendent la justice, délibèrent, décident, et ces décisions portent toutes sur des cas particuliers. Certes, pris individuellement, les différents citoyens sont sans doute pires comparés à l’homme le meilleur, mais la cité est composée de beaucoup de ces gens, et comme un festin auquel on participe collectivement est meilleur que celui qui ne concerne qu’une seule et même personne, pour cette même raison aussi une masse nombreuse décide mieux que n’importe quel individu. De plus, la multitude est plus difficile à corrompre : comme une plus grande quantité d’eau, la masse est plus difficile à corrompre que des gens peu nombreux. Or, quand un individu est dominé par la colère ou quelque autre passion de ce genre, il est nécessaire que son jugement soit altéré, alors que, dans l’autre cas, c’est toute une affaire pour que tous se mettent en colère et se trompent en même temps. »
Aristote. Politiques, III, 15.En résumé, deux arguments essentiels : une masse, plus nombreuse, décide mieux, qu’un individu ou qu’une oligarchie (dont le savoir, l’expérience et l’aptitude à se rendre compte de la diversité sont nécessaires plus limités que la masse prise dans son ensemble, et à qui on prend les avis.
Une masse est plus difficile à corrompre qu’un individu et/ou qu’une oligarchie.Un argument d’un autre genre contre la valorisation excessive de la raison efficace et toute puissante :
Voici un très court extrait d’une conférence intitulée : Du bon usage de l’impasse dans la pensée, de Patrice Loraux, un philosophe peu connu :4- Un rat très malin sort trop vite du labyrinthe ; un rat qui l’est moins se heurte partout, mais dessine ainsi le dédale. Sorte d’apologue chinois.
5- Ni trop génial ni trop borné, un philosophe comme Aristote se heurte aux difficultés, mais ainsi, il les indique, persévère et poursuit pensivement sans se perdre dans aucune aporie abyssale.
6- Modifions la fiction en supprimant l’observateur (vérificateur, psychologue cognitiviste mesurant les performances…) : la pensée exige de n’être pas placée sous surveillance.
7- On le comprendra mieux plus tard : c’est un labyrinthe dont il n’y a pas à sortir à la différence de la Caverne de Platon.
Voici le lien où l’on peut retrouver cette prise de notes : https://lycee-henri4.com/wp-content/uploads/2020/11/Conference8.pdf
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René Guichardan, café philo d’Annemasse.
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> Agenda Google où sont postés nos activités cafés philo (vous pouvez vous abonner à cet agenda.)Un compte rendu à partir de la citation de Robespierre
Nous étions environ 25 personnes pour cette rencontre.
La citation de Robespierre , ci-dessous :
« La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d’un politique est de croire qu’il suffit à un peuple d’entrer à main armée chez un peuple étranger pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n’aime les missionnaires armés. »Et les questions qu’elle a suggérées (accompagnées d’une analyse et de reformulation) :

De la proximité des questions :
– les 3 premières évoquent un type de rapport de force (de persuasion dans nos rapports à autrui).– Les 3 suivantes interrogent l’horizon des valeurs : à l’aune de quoi le rapport de force (morale, croyance, valeur) s’établit-il ? La tension semble résulter de la possibilité (ou de l’impossibilité) de partager un monde commun, notamment en raison de la diversité des mobiles, valeurs, cultures, intérêts qui animent chacun, les peuples et les nations.
Les deux dernières questions sont (à mon sens, et dans ce premier temps) en rupture avec les précédentes. La question de la constitution pose celle des moyens de se gouverner, de faire État pour un peuple/une nation.
La dernière fait appel sur un mode ironique à notre subjectivité, elle souligne certainement le manque de rationalité et d’éthique de ceux qui nous gouvernent.
Quant aux deux questions du rapport « violence et liberté », elles supposent le dépassement de la question : en effet, si la violence conduit à se libérer, celui qui en subit le jouc, voudra à son tour se venger et/ou retrouver sa liberté perdue. Et, inversement, si ma liberté se gagne au détriment d’autrui, il ne tardera pas à vouloir la renverser.
En gros, ça peut se représenter dans le schéma ci-dessous :

Spoiler alerte. En fin de débat, il m’a semblé que la discussion pouvait se rapporter à la citation de Pascal (cliquer ici) que Philippe connaissait par cœur :

Bien entendu, je ne partage pas toute la philosophie de Pascal, notamment son volet moral qui laisse supposer, bien qu’il ait raison dans les faits, que c’est la justice du fort qui s’impose, et non celle du plus juste (ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste).
Mais, en philo, il ne s’agit pas de donner raison aux faits, de prendre pour acquit qu’ils s’imposent d’eux-mêmes, comme s’ils n’étaient pas le produit d’une manière de voir, comme s’ils ne résultaient pas d’une volonté, de désirs ou encore, d’intérêts qui animent des groupes contre d’autres groupes, des classes sociales contre d’autres classes sociales, des gouvernants contre des gouvernés, des nations contre d’autres, etc. Les faits sociaux sont construits.

Par rapport à la citation de Pascal
De cette citation, je retiens cette tension qui, dans les groupes humains, structure les rapports entre justice et pouvoir. Ce sont des constantes historiques et anthropologiques. En effet, il n’existe aucun groupe social, tribu, cité-État, empire ou nation qui n’ait dû, pour se gouverner et se maintenir dans l’histoire, contenir cette tension entre pouvoir (qu’il soit militaire, politique et/ou économique) et justice (qu’elle soit divine, sociale, redistributive) afin précisément de « se stabiliser », afin de ne pas s’auto-détruire totalement. Mais notre débat n’a pu ou su se focaliser sur une tension spécifique afin de la creuser plus à fond (et c’est normal dans un groupe assez diversifié). Cela dit, j’ai retenu un ou deux points sur le fond et sur la forme de notre échange.Un point aveugle à l’égard de ce que l’on est, et éventuellement à la violence que l’on porte en soi.
En situation de conflit et/ou de violence, lorsqu’on s’y trouve pris et/ou lorsqu’on agresse l’autre, en sommes-nous conscients ? Si oui, peut-on alors cesser l’agression et résoudre ensemble le problème ? La question a été posée.
C’est probablement ce qui convient de faire (être conscient des effets de soi sur l’autre, revenir à la raison, se comprendre, faire appel à des médiateurs, à plus de justice, à plus d’éthique pour ne pas se perdre davantage dans la passion et l’aliénation du moment, etc), mais ce n’est pas ce qui se fait à l’échelle du monde aujourd’hui, ni ce qui se fait toujours à l’échelle de soi et de nos interactions interpersonnelles.Tant de savoirs.
Sont évoqués une diversité de théories et d’auteurs, notamment en sciences sociales (je poste des références en bas de page) : Stanley Milgram (et l’autorité scientifique), le désir mimétique (René Girard), l’expérience de Stanfort (prisonnier et gardien), de Nash (conformisme), Michel Terestchenko (philosophe), Eichmann (et la banalité du mal d’Arendt) Yan Patocka (philosophe tchèque), Nicolas Grimaldi (philosophe), mais aussi des théories de la guerre, de la géopolitique. Des choses, des références que, pour la plupart d’entre nous, avons seulement ouï-dire, que nous imaginons ou connaissons à différents degrés. Rousseau a été mentionné en raison de la réticence pour un homme non encore corrompu par la société (et les groupes d’intérêts que toute société constitue), à faire souffrir autrui. En effet, on souffre naturellement de voir souffrir l’autre. Une empathie nous rattache à l’être humain, à tout être humain si on ne porte pas en soi de contentieux. A l’époque, Rousseau parle de « pitié » (voir ici) et souligne la différence entre l’amour de soi (estime de soi) et l’amour-propre (celui qui envie l’autre, se compare à lui et reste autocentré, préoccupé par son seul moi).
Entre soi, l’autre et le monde.
Dans ce second temps, l’ordre du problème qui se construit est d’une part, celui du rapport à la liberté en soi (sphère du privé, de l’individu, des interactions personnelles) et celui d’autre part, du rapport au groupe et au collectif par lequel on se gouverne.
Les rapports à soi, à autrui et au collectif, lors de notre échange, n’ont pas été beaucoup différenciés. Or, ils ne se vivent pas sur les mêmes plans, avec les mêmes référents, avec les mêmes valeurs, ni en raison des mêmes buts. On ne s’y trouve pas impliqué de la manière. Chacun de nous, de normalement constitué, fait la différence entre soi, l’autre et le collectif. Cela a été malgré tout souligné lors notre échange, mais peu exploité.
Ensuite, le lien a été fait avec la taille du groupe (de la commune, au département, à la nation) et le besoin de se référer à une décision qui doit être prise, autrement dit à une autorité. Une autorité ou à quelque chose qui fasse autorité (une valeur, un comité éthique, un groupe de citoyens, une convention, une association, etc.). En effet, un ordre de priorité des décisions à prendre doit être défini, car la réalité n’attend pas. La question qui se pose est celle de l’adéquation d’une réponse susceptible de satisfaire, au mieux, tous les plans de notre réalité, avec la difficulté que nous avons de la reconnaître comme étant « commune » à tous. En effet, notre réalité n’est partagée par aucun dans les mêmes conditions. Nous vivons sur une même planète sans en partager la même réalité (psychologique, sociale, économique, environnementale, etc.).

Une prise de recul.
Je note cet aller-retour entre les exemples, les références et peut-être une « volonté générale » du moment qui ne parvient pas à faire aboutir le débat avec plus de clarté. Toutes sortes de raisons peuvent être invoquées, mais je retiens deux choses : la rupture ou le fossé qui a été souligné entre le niveau d’instruction et la compétence relationnelle (la sensibilité, l’attention à l’autre), il n’y a pas de lien nécessaire entre les connaissances et la sensibilité, entre le niveau d’instruction et ses valeurs morales, entre le niveau technologique d’une civilisation et son éthique. Ces deux niveaux sont-ils antinomiques ou simplement mal articulés ? Autrement dit, développons-nous nécessairement l’un au détriment de l’autre ? Ou cela ne relève-t-il que notre conditionnement ?Second point : le fait que nous soyons tous capables (hors cas pathologique) de faire la différence entre soi et autrui, entre le personnel et le commun, entre l’intérêt privé et l’intérêt général, nous rend aptes à résoudre la / les crises que nous traversons. L’idée serait de savoir le faire avec un minimum de dégât pour soi, pour autrui et pour le monde. Ou, pour le formuler sur un mode positif : avec un maximum de bonheur partagé pour tous.
A ce titre, je trouve intéressant d’aller autant vers une connaissance de soi, que celle du monde et de connaître (pour revenir à notre sujet socio-politico-démocratique) l’expérience de démocratie directe qui a lieu en ce moment même dans la Creuse (réf ci-dessous). Elle témoigne du fait que le fatalisme ambiant et les déterminismes politico-sociaux n’ont rien d’une fatalité, en dépit des inerties certaines et du cynisme qui anime ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui.Des références, des ressources
– La série des quatre exposés ci-dessous d’Annick Stevens : Réinventer la démocratie
1° La faillite du système.
2° La Révolution, la république représentative vs la démocratie directe.
3° Retour aux sources, la démocratie en Grèce Antique.
4° Démocratie directe, ils l’ont fait.Deux conférences de Michel Terestchenko
– Vulnérabilité, banalité du mal, banalité du bien.
– Relativisme et universalité des valeurs : existe-t-il des réalités morales ?Jan Patočka
Philosophe de la dissidence – Répliques. 1998
Hannah Arendt
– Une série de 4 épisodes sur « Condition de l’homme moderne » France Culture 2022.Nicolas Grimaldi :
– L’effervescence du vide. Libraire Mollat. 2012Deux références à liées à J.-J. Rousseau :
– Rousseau, par Pacôme Thiellement. La Révolution arrive.
– Rousseau par Martin Rueff, un spécialiste, lors d’un cours au Bénin : Éduquer les filles.Un peu de géopolitique :
– Une histoire de la création des Nations (et des apatrides). Guillaume Fleurance.
– Ukraine, une guerre totale | Gabriel Galice. Economiste et politologue, président de l’Institut International de Recherches sur la Paix à Genève (GIPRI).
– Dans ce forum, trois théories sur la guerre : la guerre juste, la guerre utilitaire, la guerre selon Clausewitz.
– Jacques Baud, pour comprendre la guerre russo-ukrainienne. Le plan de paix en 28 point.
– Emmanuell Todd. Elucid Media. 30/01/2026Expérience de psychologie sociale :
– L’expérience de Milgram, expliqué par David Louapre, de Science Etonnante. Durée 22mn.
– Edward Bernays, le neveu de Freud, n’a pas été mentionné, mais il vaut la peine de le connaitre son « influence ».A propos d’économie
Adam Smith est considéré comme le père du libéralisme. Mais c’est faux, C’est l’ultra libéralisme qui en détoure la pensée pour se l’approprier. Ecouter ici, Dixit, qui resitue sa pensée.Pour celles/ceux qui doutent que l’économie et la mondialisation financière soient compatibles avec la démocratie, vous pouvez écouter le cours d’économie de David Cayla (professeur d’économie à l’université de Nantes). Cliquer ici.
Vous pouvez écouter aussi l’anthropologue David Graeber, expliqué par Tzitzimitl, Esprit Critique. Cliquer ici.A propos de la citation de Robespierre,
– La terreur, comme on vous l’a jamais racontée. Par Pacôme Thiellement sur Blast Info.
>> Podcast tiré de la série : L’empire n’a jamais pris fin. (Cliquer ici)Soyez les bienvenus-es pour rédiger votre réaction, ce que vous avez retenu, la réflexion que notre échange ou que ce compte rendu vous inspire. Merci de votre attention. Ps : ci-dessous (message suivant), j’ai rajouté deux références, l’une d’Aristote, liée à des arguments en faveur de la démocratie, l’autre provient d’un philosophe atypique, Patrice Loraux, qui se méfie d’une philosophie trop académique : Du bon usage de l’impasse dans la pensée
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René Guichardan, café philo d’Annemasse.
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> Agenda Google où sont postés nos activités cafés philo (vous pouvez vous abonner à cet agenda.)21 janvier 2026 à 18h34 en réponse à : Réunion du Café Philo autogéré d’Annemasse le Mardi 6 janvier 2026 #8040Un mini compte rendu, pour la forme.

« Pour être sûr, je doute de tout ».Blague ironique à propos de Descartes.
La question touche à la philosophie de la connaissance, et par rapport à Descartes, à la métaphysique (science qui dépasse l’ordre des étendues (= ce qui est mesurable dans le temps et l’espace)
De quoi le doute est-il le nom ?

Selon que le doute (le questionnement de ce qui est) porte sur :
– soi et l’être pensant = problème existentielle de l’identité et la réalité du soi.
– Sur autrui, sa femme, la société = problème du sens de la vie sociale, politique, du sens des civilisations.
– Sur la philosophie de la connaissance et la science : que peut la raison ?
ou encore sur le poids de l’économie, de la justice, de l’éducation etc. dans les choix politique, on ne pose pas la même question.Ces différentes manières de douter ne sont pas comparables entre elles par les manières de procéder, par les visées recherchées, par la possibilité d’obtenir des résultats, par la volonté qui anime le chercheur, etc.
Descartes cherchait, au XVIème à fonder une science de la vie, au même titre que Galilée et Newton ont fondé une science physique : une science de la matière. D’où l’amorce du doute pour questionner l’ensemble de la philosophie jusqu’à lui. A la suite de quoi, il fonde une méthode, non plus pour douter, mais pour proposer une manière d’apprendre.
Dans le débat, il semble que c’était plutôt les questions « existentielles » qui prenaient le pas sur les autres préoccupations : il s’agissait de ne pas être paralysé par le doute.
Polémique sur la formulation : Je pense, je suis / je pense, donc je suis.
Les deux formulations existent, Descartes le dit en deux façons :
Dans les Méditations métaphysiques, il témoigne d’une lumière intuitive : quoi que je pense, je suis.
Dans la Méthode, il résume sa méditation : je pense, donc je suis.
Dans tous les cas, il s’agit pour Descartes d’asseoir des éléments certains d’une pensée métaphysique (claire et distincte), c’est-à-dire, qui dépasse les sens sur lesquels on ne peut se fonder, puisqu’ils sont trompeurs.Piège éventuel : douter de tout sans méthode, sans structure… et se perdre dans la forêt.
Un compte rendu de notre débat sur la question existentielle (Sartre)
Nous étions une vingtaine de participants pour clore l’année (30 décembre) avec ce dernier café philo :
Une fois n’est pas coutume, je commence par des impressions communiquées en fin de débat.
Le témoignage d’une participante : je ne savais pas à partir de quoi intervenir, ma réflexion personnelle ou ce que j’ai lu sur le sujet de l’existentialisme ?
Ma réponse : A chacun d’adapter son intervention à la diversité et à l’évolution des échanges. La pratique du café philo s’appuie sur le fait de permettre le débat, mais également sur celui d’examiner les pensées mises en partage. On cherche autant à comprendre sa pensée que celle d’autrui, on vise une certaine lucidité en essayant d’être informé de ce qu’implique nos raisonnements, les présupposés sur lesquels ils s’appuient, les conséquences qu’ils entrainent.Une remarque préalable par rapport à la thématique de l’existentialisme :
Il est possible (si ce n’est plus que probable), que tout le monde ne reconnaît pas la proposition de Sartre, à savoir : l’existence précède l’essence. En conséquence, le long d’une conversation, l’idée même de l’angoisse existentielle peut ne pas être entendue, si ce n’est qu’elle ne cherche à être évitée ou simplement réfutée. Mais, ce n’est pas grave en soi. Il importe que la « rencontre » dans l’échange ait lieu avec précisément ce qui nous semble y résister : l’autre, le tout autre ou encore soi, le profond en soi. Certes, il faut néanmoins dépasser le fait de l’incommunication, tout en s’évertuant à ne pas se laisser piéger par des renoncements prématurés, des jugements précipités, l’incapacité ponctuelle de penser ou encore, des positionnements dogmatiques invétérés (ce qui ne saurait convenir à la pratique des cafés philo) 😉
Quelques problématiques retenues sur le thème de la crise existentielle.
Dans un premier temps, la crise existentielle est présentée comme une peur fondamentale, (une angoisse plus précisément) en regard à notre liberté de conscience. En effet, nous avons coutume d’expliquer les raisons de nos choix par les obligations qui nous lient à autrui, à nos projets, à notre famille, notre patron, à la patrie, etc. Or, selon Sartre, il ne s’agit-là que d’excuse (de mauvaise foi) car, rien – par essence, ne nous empêche d’être absolument libre de nos choix. A chaque instant nous pouvons faire ce qui nous plait, ou nous déplait ou faire encore ce qui nous nuit. Rien ne nous en empêchera si ce n’est notre propre volonté. (Voir nos ressources en introduction ici)Certes, nous savons, et Sartre en partage l’idée, que la conscience n’existe qu’en fonction des autres, tandis que notre identité se constitue par et avec le regard d’autrui. De ce point de vue, la liberté absolue est une abstraction : si nous sommes libres, c’est « en situation » et dans un rapport à un environnement donné. Néanmoins, selon Sartre, autrui est « opaque », il n’existe que pour-soi, autrement dit, autrui n’est pas vu pour lui-même, mais seulement à l’aune de nos besoins, de notre perception, de nos filtres, de notre culture (etc) lesquels n’excèdent pas notre subjectivité, notre intentionnalité.
Mais, et Clarisse avance une proposition forte : La crise existentielle (le sentiment que la vie n’a pas de sens) n’est pas forcément un problème à éliminer, mais plutôt un « stimulus salutaire » qui pousse à l’action. La liberté est, pour Clarisse (et pour Sartre), la cause même de l’angoisse. Elle est une invite à l’action.
Toutefois, à la suite de ce premier round, la question de la liberté, c’est-à-dire de la possibilité effective de la mettre en œuvre ou pas, de se dégager ou pas de nos déterminismes, reste entière.Volonté, libre arbitre et déterminisme
Il y a un conflit entre la volonté et le libre arbitre en raison du fait que nos choix sont largement prédéterminés, génétiquement, sociologiquement, psychologiquement (etc). En fait, notre volonté est infinie tandis que nos choix sont limités et s’imposent à nous. En conséquence, nous ne sommes pas libres, en tous les cas, pas de manière inconditionnelle. Il ne reste à ce titre qu’une liberté relative, celle qui peut s’exercer par notre discernement, par une connaissance de soi et, effectivement, par une conscience qui assume sa pleine liberté. Selon Sartre, cette liberté demande d’assumer la pleine responsabilité de ses choix, c’est-à-dire, de ne pas remettre la raison de ses choix à d’autres causes qu’à ce que l’on estime en soi-même, en connaissance de cause et sans aucune attente. Ces actes, éventuellement, peuvent être motivés par une pure générosité d’être (ce qui va, normalement, avec le fait d’assumer sa propre fin).
La détermination (ou la volonté) sont vus, généralement, comme un rapport à notre liberté. Pourtant, selon Sartre, nos déterminations sont relatives à des déterminismes de toutes sortes (sociaux, politiques), mais aussi sur le plan de sa phénoménologie de l’être. De ce point de vue, on s’anéantise dans les projets (les illusions) que l’on se donne. Car la conscience ne cesse de vouloir échapper à elle-même. Elle ne peut être « substance », mais ne peut s’empêcher de vouloir s’y identifier. (Se concevoir comme substance revient à se saisir comme une essence à laquelle on donne des propriétés immatérielles, métaphysiques).
Une proposition non-sartrienne
Dans sa philosophie, Sartre propose une psychanalyse existentielle, mais je trouve difficilement de la vulgariser en quelques lignes (Sartre en développe l’idée dans la 4ème partie de l’Être et le néant). Cela dit, c’est Bertrand Russell (La conquête du bonheur, 1930) qu’une participante mentionne, les causes de notre malheur proviennent d’un excès d’attention tourné vers soi (la compétition sociale, la culpabilité sociale ou religieuse, la peur du jugement d’autrui, le romantisme excessif..), tandis que le plaisir de vivre et le fait d’être heureux dans sa vie peuvent se structurer en s’intéressant profondément à autre chose qu’à soi-même, en faisant preuve de créativité, etc.
Certes, cela pose une autre question, que Sartre n’aurait pas manqué de soulever : autrui, comme prétexte à la fuite de son vide existentiel, ne finit-il pas par être un enfer pour soi ?Fin du compte rendu, mais pas de la réflexion, notamment en ce qui concerne le cadre des débats, et les ressorts ultimes de sa conscience.
La gestion du débat :
La gestion d’un débat (la distribution de la parole, la relance des questions, la reformulation d’une série d’échanges, les demandes de précision, le rappel au fait de faire le lien avec la question de départ ou avec ce qui a été dit, etc) n’est pas toujours facilitée. Elle dépend entre autres de la diversité des niveaux d’intervention, de l’écoute de chacun et des interprétations de la pensée d’autrui.
Je partageais en gros le sentiment final d’Églantine : à maintes reprises, le débat semblait se perdre dans des impressions subjectives. Il ne trouvait pas tout du long son fil directeur. À voir comment, au fur et à mesure de nos échanges, nous apprenons à mieux structurer nos échanges, en dépit de la diversité de notre vocabulaire émotionnel et intellectuel.
Merci pour votre attention.Un sentiment personnel :
J’ai oublié son prénom, mais une participante a évoqué l’idée que le climat social, en général, (la déliquescence de notre gouvernement, la guerre menaçante, les questions d’environnement, de l’emploi, de la rivalité de tous contre tous, etc), cet ensemble créait une réaction de repli sur soi (et moins peut-être que celui d’une angoisse existentielle telle que décrite par Sartre). L’argument me semble pertinent par rapport aux thématiques de notre café philo : le présent s’impose à nous et prend le pas sur les concepts de certains auteurs. Je souhaite le formuler autrement : du fait de la diversité des participants présents et de nos formations, je tends à considérer que nous représentons un micro échantillon de « l’humanité » s’exprimant au sein de nos rencontres (il y avait même une bouddhiste parmi nous). De plus, comme nous ne venons pas à ses rencontres pour suivre un cours de philo (je ne suis pas formé à cela) mais pour faire exercice d’une manière de la mettre en pratique (via notre verbe et la rencontre avec autrui), c’est alors en référence à nos multiples appartenances que nous essayons néanmoins de « discipliner » notre pensée et de lui donner de la structure.Dernièrement (le schéma ci-dessous) je me suis rendu compte que c’est tout l’être humain qui parle en nous et à travers nous, en dépit des limites de nos expériences et de notre langage… Mais je crois qu’il est indéniable que l’on gagne en liberté en même temps que notre pensée se précise et situe les champs à partir desquelles elle s’exprime.

Soyez les bienvenus-es pour faire part de votre pensée, d’un avis, d’une réflexion à la suite de ce compte rendu et/ou de nos débats.
Merci pour votre attention.
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René Guichardan, café philo d’Annemasse.
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> Agenda Google où sont postés nos activités cafés philo (vous pouvez vous abonner à cet agenda.)Compte rendu de notre échange du mardi 25 novembre 2025 :
L’enseignement des savoirs est-il aliénant ?Nous étions entre 25 et 30 personnes. La pluie et le froid n’ont pas découragé les participants. Merci à eux, et merci à Gilles (du Café Chimère) pour son accueil.
La question de départ est ouverte : l’enseignement des savoirs est-il aliénant ? Et il nous a fallu assumer un sujet qui se travaillait en exploration-découverte (la façon dont le sujet se présente à chacun), nous n’avons pas ainsi approfondi une problématique spécifique. Par exemple, que se passe-t-il dans la relation à l’autorité de l’enseignant et de l’élève ? Toutefois, la question de départ fût accompagnée d’une citation de l’auteur :
« Ce serait une grave erreur de croire que la joie de l’observation et de la recherche peut croître sous l’effet de la contrainte et du sens du devoir. »
Il s’agissait de faire le lien entre, d’une part, la pression « totalisante » d’un système éducatif autoritaire, discriminant et élitiste et, d’autre part, l’allant naturel de l’enfance, et de l’humanité en général, à apprendre. Cette question générale est d’autant plus pressante, que nous avons tous conscience de la crise civilisationnelle que nous traversons (un gouvernement incompétent, immature, malade du pouvoir) alors que notre monde appelle (et a besoin) de se transformer, de revoir son mode de vie, ses modes d’échange, de production et son rapport à l’environnement. Bref, je ne développe pas davantage cette thématique ici. 😉Quelques mots clés, des termes à préciser et à contextualiser :
Cadre, contrainte, joie d’apprendre, système éducatif, élitisme, rapport à la transmission dans la société et rapport de domination.
Fondamentalement, on peut s’étonner que la question présente « insidieusement » la connaissance comme aliénante, alors qu’elle est la trame par laquelle, historiquement et structurellement, l’émancipation des consciences se fait. Mais c’est tout le reproche qu’adresse Bernard Lahire à notre système éducatif (voir ici notre introduction). Par la pression que la structure de notre système éducatif exerce sur les consciences, par ses modes d’évaluation et le système de classe qu’il perpétue, celui-ci disperse les compétences, atomise les individus, isole les chercheurs et fabrique des suiveurs plutôt qu’il n’ouvre les consciences vers de nouvelles voies. Mais les questions ont été posées :
– Peut-on apprendre sans contrainte ?
– La joie d’apprendre s’oppose-t-elle à la contrainte ?
– Les disciplines du savoir n’exigent-elles pas de se dépasser et d’endurer l’apprentissage ?
– Qu’est-ce que s’efforcer pour apprendre, et en vue de quoi ?
– Qu’est-ce que le savoir, quels types d’intelligence suppose-t-il ?
– L’autorité n’est-elle pas, par nature, castratrice ?
> Une problématique fût évoquée néanmoins : en quoi les contraintes sociales (du système économique et des rapports de classe) se confondent et/ou se distinguent de l’effort que demande un apprentissage ? Vers quoi nous conduit ou devrait nous conduire l’effort d’apprendre, notamment s’il engage des souffrances, des sacrifices et, finalement, peu ou pas de « joie » ?Pour la dernière question qu’il y avait une sorte de confusion à clarifier : distinguer d’une part, le plaisir et le désir d’apprendre que l’on associe à la dimension émancipatrice des savoirs et, d’autre part, dénoncer le cadre coercitif imposé par une structure institutionnelle gouvernementale qui édite les contenus des programmes, contrôle la formation des enseignants et oriente les financements de la recherche et des enseignements vers le privé.
Des schémas pour un compte rendu impressionniste.
Ce qui se transmet, de même que la question des enseignements et des apprentissages, tout cela peut se présenter sous la forme d’un triptyque, comme ci-dessous :

Le triptyque avec quelques éléments de précision :
Une autre manière de préciser le triptyque :

Et finalement, le questionnement à l’autorité (ce qui fait autorité) et possiblement, ce qui aliène (nous dépossède de notre autonomie) ou, à l’inverse, nous conduit vers davantage d’émancipation et de possibilités à nous auto-gouverner.

Le savoir, un rapport à l’autorité, à un modèle, à un système ?
Cette question, cruciale, sera reprise lors de cafés philo à venir (je n’en doute pas). Et le temps va me manquer pour la développer ici. Mais l’idée a été formulée : alors que notre société est en crise, on peut imaginer qu’une mise à plat de nos manières de faire l’école soit repensée à l’aune de nouvelles sensibilités, en vue de nouveaux horizons de vie, tout en nous appuyant sur ce que le meilleur des sciences humaines et de chacun peut nous apporter aujourd’hui. Il s’agit de libérer notre système éducatif, qu’il ne se réduise pas à être la gare d’un système de triage en vue d’un idéel mondialiste. Ce système (financiarisation de l’économie, multinationales et IA) en mèche avec des gouvernements corrompus, nous conduit tout droit à des guerres et à l’épuisement de toutes les ressources. (Voir ici, par exemple ici, l’analyse de Barbara Stiegler interviewée par Aude Lancelin, octobre 2025)
Un autre exemple, l’analyse civilisationnelle sur le long terme d’Emmanuel Todd, sur Thinkerview, novembre 2025. Cliquer ici.Dernière question
– Qu’est-ce que prendre sur soi, s’efforcer pour apprendre, et en vue de quoi, de quelle espérance ?
Puisque nous sommes toujours tendus vers un « effort », en vue d’un dépassement, en vue d’un devenir, la question se pose, en vue de quelle humanité, de quelle idée de l’homme nous efforçons-nous ? De quoi sommes-nous la transition ? Les apprentissages, les formations, les savoirs, le système éducatif qu’une société se donne nous appartiennent-ils en termes de projet dans lequel nous reconnaître, ou ce système nous conduit-il à une société que nous ne voulons pas ? La question se pose de manière générale, reste à creuser des pistes de réflexion, à s’essayer à des pratiques, à prendre en compte, à minima, de l’état des savoirs aujourd’hui, mais en vue de l’ouvrir, de l’affiner, de l’enrichir et surtout, de l’humaniser.Quelques interventions retenues durant notre débat :
– « Il peut y avoir de la joie dans la contrainte »
– « Le sachant détient un pouvoir et par là une autorité… ce rapport n’est-il pas aliénant ? De qui tient-elle ce pouvoir ? Et comment l’exerce-t-elle ? »
– Je rappelle une étude de l’OCDE qui classe le système scolaire français parmi les plus inégalitaires des pays industrialisés.
– « L’école est là pour proposer des métiers […] et non pour proposer des apprentissages et une volonté d’apprendre. »
– « Le cadre offre aussi une certaine égalité […] une base de savoir […] sa maîtrise peut peut-être nous conduire à en sortir. »
– On inverse les priorités en finançant davantage l’effort de guerre que l’éducation et la recherche.
– « Entre les évaluations diagnostiques, formatives, sommatives […] un enseignant passe autant de temps à évaluer qu’à enseigner, or, quand on évalue, on évalue une réussite, non des connaissances.
– « La connaissance c’est […] la base du tout […] ce qui est remis en question aujourd’hui, c’est la manière dont on transmet la connaissance, c’est un rapport à la compréhension, à une évolution qu’il vaudrait mieux prendre en compte.
– « Ceux qui n’ont pas réussi […] c’est peut-être parce qu’ils n’ont pas la disponibilité d’esprit pour réfléchir à autre chose que leur survie. »
– Ps : le rapport à la classe sociale n’engendre pas nécessairement (systématiquement) le déclassement. Sans relancer le débat sur la méritocratie (voir ici), Ce n’est pas le niveau des revenus qui conditionnent l’équilibre d’une personne, son intelligence (et une multiplicité des types d’intelligence), mais c’est également un climat affectif, une ambiance familiale, des héritages et transmissions culturels et humains qui participent d’un tout à la formation de l’enfant.
– Évocation de l’ouvrage de Jacques Rancière : Le maître ignorant (2004)
Thématique : un enseignant français parvient à enseigner sa langue à des étudiants flamands à l’université de Louvain — sans connaître le flamand — il leur donna un livre bilingue, sans fournir d’explications ni de cours supplémentaires. Et ses étudiants parvinrent néanmoins à apprendre le français.
Une ou deux citations :
« Qui enseigne sans émanciper abrutit. Et qui émancipe n’a pas à se préoccuper de ce que l’émancipé doit apprendre. »
« La routine n’est pas ignorance, elle est lâcheté et orgueil de gens qui renoncent à leur propre puissance pour le seul plaisir de constater l’impuissance du voisin. «Fin du compte rendu.
Merci pour votre attention. N’hésitez pas, si vous le souhaitez, à faire part de votre synthèse ou de l’une de vos réflexions survenues durant le débat ou à la suite de ce compte rendu. Merci à vous.
Pour retrouver l’introduction du débat et les ressources renvoyant à Bernard Lahire que nous avons utilisées, cliquer ici.
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René Guichardan, café philo d’Annemasse.
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> Lien vers les sujets du café philo d’Annemasse d’avant, (avec comptes-rendus) ici.
> Agenda Google où sont postés nos activités cafés philo (vous pouvez vous abonner à cet agenda.)Merci à Romain d’avoir transmis cette page sur le groupe à propos du décalage prométhéen.
J’en souligne quelques parties.
Les décalages sont partout (entre l’acte et le sentiment, la science et la conscience, les hyper-structures et les infrastructures, les théories et les pratiques, nos actions et nos représentations…)> Ces décalages s’inscrivent dans une même structure (de notre conscience ou condition humaine) : celle de l’avance » ou du retard de l’une de nos facultés sur une autre.
»Nous sommes capables de fabriquer la bombe à hydrogène, mais nous n’arrivons pas à nous figurer les conséquences de ce que nous avons nous-mêmes fabriqué. De la même manière, nos sentiments sont en retard sur nos actes : nous sommes capables de détruire à coups de bombes des centaines de milliers d’hommes, mais nous ne savons ni les pleurer ni nous repentir. »
Bonjour,
Une fois n’est pas coutume, je démarre le compte rendu de notre débat par un schéma intitulé : Faire philosophie, c’est que la pratique du café philo m’invite régulièrement à en questionner les tenants, les aboutissants et nos manières de faire.

Toute pratique philosophique s’inscrit parmi l’un de ses trois pôles, mais je n’en développerai pas l’analyse dans ce forum (sauf si des questions me sont posées et/ou qu’un échange s’ouvre dans ce forum). Je précise simplement que la manière dont on s’y prend pour faire philosophie, conditionne nos rencontres et nos potentialités à aller plus avant dans l’apprentissage de soi et celui de notre pensée. Bienvenue à tous. Place maintenant à notre compte rendu traditionnel.
Compte-rendu : De la honte prométhéenne (peut-on s’en sortir ?)
Je vais reprendre seulement une ou deux problématiques abordées lors de notre débat puis, resituer la honte prométhéenne telle que je la comprends chez Gunther Anders et, enfin, évoquer en quoi ce débat m’a interrogé sur ma pratique des cafés philo.
J’ai trouvé intéressant qu’Allan distingue la honte de la culpabilité. La honte renvoie à l’image de soi, à la perception sociale et aux normes, tandis que la culpabilité se rapporte à des actes commis, à l’idée d’une faute (avérée ou intériorisée).
La honte prométhéenne est comprise par beaucoup d’entre nous comme une faute subjective, intériorisée en regard aux technosciences de la modernité. Mais selon Gunther Anders, la honte est constitutive de notre identité. Elle est liée à l’imperfection d’être né : nous ne sommes pas aussi « parfaits » (efficients) que des machines et, cette impossibilité à nous « réifier » en machine est à l’origine d’un trouble existentiel de l’identité. Bien que je n’aie pas su rendre hommage aux concepts de l’auteur (je ne le connais pas assez), il est assez clair que l’on voit mal la raison pour laquelle nous aurions honte de la technique. Pour la plupart d’entre nous, nous savons ne pas nous identifier aux techniques. Cette « honte prométhéenne » ne se présente donc pas comme une expérience immédiate.
Pour le dire autrement, si honte il y a, elle n’apparait que de manière indirecte : honte de collègues qui utiliseraient des IA en violation à des principes éthiques, honte à l’échelle industrielle face aux désastres annoncés, honte, voire dégoût et rejet face à l’incompétence de nos politiques et de leur niveau de corruption. Ce premier plan me semblait important à prendre en compte, puisqu’il pouvait y avoir du désarroi, de la peur, de l’incompréhension face au déni de responsabilité des pouvoirs en place, mais pas une honte ressentie en soi. (Nous ne sommes ni coupables ni responsables des actes d’autrui).
Mais, précisément, la honte prométhéenne ne désigne pas une honte « consciente » (le sentiment d’une faute), c’est un concept d’ordre anthropologique et philosophique.
Sur le plan anthropologique : si nous n’avons pas conscience de ce que nous devons au monde, (un monde nécessairement plus grand que soi et qui nous préexiste),
> nous ne saurions accéder à notre dignité d’être humain.
> En effet, c’est en nous situant parmi nos semblables que nous pouvons trouver notre place, pour ensuite en incarner les responsabilités (et dépasser la honte d’exister).
Mais, il s’agit-là de ma manière de résumer trop rapidement le concept de « honte prométhéenne ». Tandis que sur le plan philosophique, c’est plus compliqué. Outre le fait que je ne connaisse pas très bien l’auteur pour me permettre de l’expliquer instantanément, de nombreux passages dans son ouvrage (L’obsolescence de l’homme, lien vers le pdf ici) sont clairs et passionnants, mais d’autres sont très techniques et requièrent des aides, des relectures attentives. A titre d’exemple, ci-dessous, la capture de la page 84 (le lien est ici) nous montre comment Gunther Anders récapitule le concept de honte prométhéenne.

Une ou deux explications du texte :
L’acte réflexif en (a), on le comprend tous, c’est l’acte d’observation de la conscience qui saisit ce dont elle est consciente : la conscience se réfléchit. Elle rapporte à elle-même ce qu’elle est, voit, connaît (ou ce qu’elle croit voir, connaître ou être).
Le « b » est déjà un peu plus difficile : pourquoi ce rapport à soi-même échoue-t-il ?
Ma réponse : car la honte a honte d’elle-même, en ce qu’elle est un sentiment désagréable, mais pas seulement (voir l’exemple du bossu, p. 87 qui n’a pas une bosse mais EST, dans son identité, collé à une bosse – lien ici). Le bossu a honte de ne pas se voir autrement qu’il n’est. Pour cette raison, (c), l’acte échoue par principe, car il est celui d’une fuite permanente de soi en ce que le « honteux » ne peut se reconnaître dans sa honte, ni (d) se reconnaitre dans l’image qu’il aimerait se donner (c’est bien moi, mais ce n’est pourtant pas moi). Par la suite, en (e, puis f et g), cette honte est invisibilisée, oubliée. A force d’habitude et d’impuissance à la changer, la honte n’est plus qu’un état qui colle à la peau. Paradoxalement, l’homme est devenu ignorant de ce qu’il est, en raison de l’inéluctabilité à être autrement qu’il n’est. (Pour les amateurs de Sartre, on peut parler de néantisation du soi, bien que Günther Anders ne mette pas en avant l’idée que l’homme est absolument libre, abstraction faite des contingences. Voir note 10, p. 50, ici)La honte, schéma ci-dessous, pourrait se présenter ainsi, mais individuellement, on l’incarne ou pas, on en a conscience ou pas.
Il est en fait très difficile de savoir ce que chacun fait de lui-même. Ci-dessous, page suivante (85) du texte, le niveau technique d’explication philosophique augmente, on parle de phénoménologie de « double intentionnalité » et d’intentionnalité négative chez Husserl.

En bref, pour aller plus loin, j’imagine qu’il faut suivre des cours, s’emparer soi-même du livre ou peut-être, ouvrir des fenêtres d’explication pédagogique à certains moments de nos débats ? Autre proposition, on peut également, en fin de débat, ouvrir un espace pour un retour critique sur nos pratiques ? Cela me conduit à dire un mot sur les pratiques philo.
Un mot sur les pratiques philo.
Il existe une diversité des pratiques et des laboratoires de recherche qui leur sont associés et, avec Philippe et Maryline (présents à notre débat), nous nous sommes intéressés à une diversité des manières de faire philo en société. Il y a quelques années, nous avions rédigé un petit document (lien ici), en nous inspirant de l’approche de Michel Tozzi. En bref, il s’agit d’une approche dite « à visée démocratique et philosophique » et que j’interprète comme étant « non directive » :
> Brièvement expliqué, le groupe désigne, préalablement au débat, des fonctions telles que « distribuer la parole, prendre des notes, reformuler, synthétiser, problématiser, etc. Des volontaires endossent ces fonctions et interviennent à discrétion pour produire une analyse durant le débat. En théorie, c’est bien, mais dans la pratique, le formalisme de l’approche peut « tuer » le débat en rapportant l’attention des participants non plus sur le sujet en discussion, mais uniquement sur sa forme et des éléments techniques (à force, ça exclue la diversité des participants et ça produit une culture d’entre-soi entre praticiens). Pour ma part et pour l’instant, je tends à laisser-faire les échanges et je me contente de donner quelques indications en début de séance. Mais restons ouverts à l’amélioration de nos pratiques. Je tends à penser que nous nous devons/pouvons nous donner la possibilité de nous réinventer à chaque situation.Je termine ici mon compte rendu pour donner une suite au schéma d’en haut, quant à ces trois manières de faire philo (1°selon des textes- de toute origine et des situations/incidents de vie qui nous inspirent, 2° selon ses ressentis les plus inaccessibles et 3°, selon l’histoire et l’enseignement de la philosophie).
Des précisions sont donc apportées dans les cadres violets ci-dessous.
Quelques éléments d’explication :
1° On ne décide pas de ce qui nous parle… néanmoins, on reste libre de s’en saisir et d’approfondir notre quête.
2° À partir de nos ressentis, la perception de soi questionne autrement le rapport à soi et les liens que nous établissons entre, d’une part, la philosophie rencontrée par des textes et des situations et, d’autre part, celle par quoi on se sent « constitué » dans notre « être ». Là, à mon avis, il y a du vide abyssal chez beaucoup d’entre nous…(il n’est pas impossible qu’il n’y ait que cela… en ce sens que tout ne peut être qu’interprétation et subjectivité co-construite de nos ressentis.) Un ami aimait dire : nous avons la philosophie de notre « structure psychologique ».
> On tend à penser à partir de soi, mais peut-être faut-il penser contre soi-même ?3° Enfin, la philo, telle qu’elle est enseignée en classe ou/et à l’université, est à la fois très diverse et nécessairement complexe. Il ne s’agit pas seulement du contenu des textes (déjà difficiles à comprendre), mais d’axes d’approche épistémologique (analytique, dialectique, synthétique, empirique….), ce qui multiplie les regards. Souvent, c’est la philosophie qui se parle à elle-même, elle se met elle-même en abîme.
Pour revenir à nos débats, il me semble que l’enjeu est bien de permettre du commun et du partage réflexif, c’est-à-dire, de l’échange lié à une diversité. On se donne la possibilité d’ouvrir des frontières, de bouger des inerties et peut-être de mieux souligner (ce que je ne fais pas toujours très bien) des liens entre les différentes interventions.
Merci pour votre attention et vos participations. Sans vous, pas de café philo.
Sentez-vous libres de réagir à ce forum et d’y poster vos analyses, vos questions, votre avis.
Les ressources que nous avons consultées de l’Obsolescence de l’homme, sont dans l’introduction ici.————————————-
René Guichardan, café philo de Grenoble.
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> Agenda Google où sont postés nos activités cafés philo (vous pouvez vous abonner à cet agenda.)26 octobre 2025 à 19h27 en réponse à : TROIS CAFES PHILO AVEC UN COLLECTIF D’ARTISTES FEMMES A LA TÊTE BLEUE du 26/09 au 18/10 2026, Grenoble, 44 rue Perrière. #7957Compte rendu du dimanche 12 octobre à 14h00
Jusqu’où se métamorphoser sans se perdre ?
Peut-on renaître de tout ?Les deux questions ci-dessus m’ont été suggérées par les oeuvres de Carole et de Jennifer. Nous étions une poignée de participants, mais comme d’hab, nous nous sentions très concernés par le sujet.
La question de la métamorphose pose, fondamentalement, un problème d’identité, d’aptitude à se connaître et à reconnaitre soi après un « changement ». C’est Kafka ou le papillon : c’est l’aliénation à la société industrielle ressentie à même le corps ou c’est la transformation réussie par la chrysalide devenue papillon.
L’une des questions qui se pose est celle-ci : ce que je sens et éprouve me conduit-il (me transforme-t-il) dans la bonne direction ?Qu’est-ce que me guide ? De quels repères ai-je besoin ? Ce qui marche pour les autres, peut-il fonctionner pour moi ou, à l’inverse, se retourner contre moi ?
La chrysalide n’implique-t-elle pas de perdre tout repère ? Mais est-ce seulement possible, à quel coût ? Jusqu’où peut-on risquer ce que l’on est ?
La question se pose : dans quelle mesure je peux me révéler à moi et à l’autre si nous nous donnons à chacun la possibilité de nous écouter et de nous comprendre, mais sans jugement ?
La question reste ouverte. De mon côté, je vais m’arrêter ici pour ce compte rendu.
Il y a effectivement, un autre point à considérer : la manière dont je me pense est susceptible d’agir sur ma manière de travailler sur moi, et sur mes potentialités. Or, parvenu aux limites de la façon dont chacun s’éprouve en lui-même, je me pose toujours la question s’il faut laisser faire et/ou pousser un peu dans une direction ou une autre les interprétations auxquelles on pense ?
Dans le doute, je préfère m’abstenir… en particulier parce que je déteste les généralisations… Au mieux, et entre amis-es, on peut parfois s’autoriser à des hypothèses, mais guère mieux. (C’est mon avis)N’hésitez pas à exprimer votre avis, votre réflexion ou votre recherche à ce propos.
Merci de votre attention.
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René Guichardan, café philo d’Annemasse.
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> Agenda Google où sont postés nos activités cafés philo (vous pouvez vous abonner à cet agenda.)11 octobre 2025 à 9h22 en réponse à : TROIS CAFES PHILO AVEC UN COLLECTIF D’ARTISTES FEMMES A LA TÊTE BLEUE du 26/09 au 18/10 2026, Grenoble, 44 rue Perrière. #7940Compte rendu du sujet du mercredi 8 octobre
– Se révolter implique-t-il d’être violent ?Nous étions une petite poignée de people, dont l’artiste Colette Colère et, d’une certaine manière, nous nous sommes demandés : comment, la violence qui est à l’extérieur de soi, dans la société, pouvait nous faire violence, à l’intérieur de nous ?
L’intérêt de notre échange résidait dans le fait que nous étions peu nombreux, mais particulièrement impliqués par la question, et selon des modes différents (probablement en raison également de nos différences d’âge – en gros deux jeunes, deux vieux, trois avec moi).
En effet, la jeunesse, aujourd’hui, me semble plus directement vulnérable et agressée à même son corps par la société comme elle va.
Par comparaison, les générations précédentes, étaient éventuellement mieux « protégées ». Mais c’est une question, car il est possible qu’elles aient appris à refouler davantage leur sensibilité et à tout engoncer dans leur soma ? Si c’est la cas, alors les souffrances et le vécu existentiel des nouvelles et anciennes générations sont comparables entre elles, sauf que les maux de l’existence ne s’actualisent pas de la même manière ni avec la même intensité. De toutes évidences, les jeunes souffrent plus (plus de consultations psychiatriques), davantage d’atteintes dans les corps (scarifications). Cela dit, elle semble dotée d’une plus grande sensibilité, d’une plus grande ouverture, d’une plus grande acuité de penser, de beaucoup de pertinence. La jeunesse d’aujourd’hui est très avertie du monde comme il va et de la direction qu’il prend, les jeunes sont directement concernés.A côté, les anciennes générations peuvent donner l’impression d’être plus détachées, d’être moins conscientes ou encore, de s’assagir, mais est-ce par fatigue, par renoncement, par repli sur soi ? Je laisse la question de côté, car je tends à penser que chaque cas est « singulier », en ce qu’il relève d’un dialogue intérieur. Cela dit, je crois, malgré tout, que le monde se moque de la manière dont nous le pensons. Dans tous les cas, il nous embarque avec lui, quoi que nous pouvons penser de lui.




La recherche de causes « uniques » ou isolées à elles-mêmes est souvent infructueuses : on ne peut trancher absolument : on ne peut trancher (vraiment, et pour l’instant) si je souffre à cause de moi et/ou à cause du monde. Nous sommes en effet des êtres complexes et multi-composés en interaction. Et, nous nous transformons les uns les autres par et dans nos interactions.

Pour conclure, si l’on doit répondre à la question : Se révolter implique-t-il d’être violent ?
Nous dirions que nous n’échappons pas à la violence qui existe, qu’elle soit dans le monde ou à l’intérieur de soi. En orientant notre recherche vers les résonances intérieures et/ou extérieures des violences ressenties, il s’agit de voir comment nous transformons ou l’une ou l’autre, voire des deux dans un même mouvement.Ps : « Nous sommes la nature qui se défend ». Ce slogan est directement inspiré du mouvement : Les soulèvements de la terre.
Merci pour vos participations.
Vous pouvez également rédiger vos réactions et/ou votre synthèse (pour celles/ceux qui ont participé.————————————-
René Guichardan, café philo d’Annemasse.
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